‹ le magan d'antiquitesChapitre 18 sur 28 · Sorte de jea de cartes pwttcdier va Aof^aii · texte numérisé non relu

Sorte de jea de cartes pwttcdier va Aof^aii

lùk LE MAGASIN D^ANTIQUITÉS.

avec un mort, en supposant des mises de vingt, trente et quelquefois cinquante livres de chaque côté, sans compter les paris hasardeux qui s'élevaient à un chiffre fabuleux.

Tandis que le jeu se poursuivait dans le plus grand silence , malgré Timportance des intérêts qui y étaient attachés , M. Swi- Yeller en vint à penser que les soirs où M. et miss Brass étaient dehors, et maintenant cela leur arrivait souvent, il entendait une sorte de ronflement ou de respiration difficile dans la direction de la porte : après réilexion , il avisa que ce bruit pourrait bien provenir de la petite servante qui avait un rhume perpétuel causé par Fhumidité de sa résidence. Un soir donc, regardant avec attention de ce côté , il aperçut distinctement un œil qui brillait au trou de la serrure ; ne doutant plus de la justesse de ses soupçons, il se glissa doucement jusqu'à la porte, et fondit à rimproviste sur la petite curieuse.

< Oh 1 je ne voulais pas faire de mal. Sur ma parole , je ne voulais pas faire de mal, s'écria la petite servante, se débattant avec une vigueur qui n'était pas de sa taille. La cuisine en bas est si triste 1 Je vous en prie, n'en dites rien; je vous en prie , ne le dites pas.

— Et pourquoi donc le dirais-je?... N'était-ce pas pour chercher compagnie que vous regardiez à travers le trou de la serrure 1

— Oui , ce n'est que pour ça , ma parole.

— Y a-tril longtemps que vous vous amusez à vous glacer l'osil- à cet exercice 7 demanda Richard.

^ Oh 1 depuis que vous avez commencé pour la première fois à jouer aux cartes, et môme longtemps avant. »

Le vague souvenir de divers amusements fantastiques auxquels il s'était livré pour se rafraîchir des fatigues du travail , et dont sans doute la petite servante avait été témoin , déconcerta {^ssablement M. Swiveller: mais il n'était pas assez sensible à cet égard pour ne point se remettre promptement.

€ C'est bien, venez, dit-il après un moment de réflexion; venez ici , asseyez-vous. Je vous apprendrai à jouer. ^

— Oh ! je n'oserais pas , répondit la petite servante. Miss Sally me tuerait si elle savait que je suis entrée ici.

— Avez-vous du feu en bas? demanda Richard.

— Un tantinet.

.— Ma foi 1 miss Sally ne me tuera pas,, moi, si elle vient à 6a-

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Yoir que j'y suis descendu. J'y vais donc, dit Richard mettant les cartes dans sa poche. Dieul que vous êtes maigre I Pourquoi donc ça?

— Ce n*est pas ma faute.

— Est-ce que vous ne mangeriez pas bien du pain et de la viande? dit Richard décrochant son chapeau. Oui? Ahl je le pensais bien* Avez- vous jamais goûté de la bière?

-- J'en ai bu une fois un petit coup.

— Quel état de choses ! s'écria M. Swiveller levant ses yeux au plafond. Elle n'en a jamais goûté I... Car ce n'est pas en goûter que d'en boire un petit coup. Quelâge avez-vous?

— Je ne sais pas. i

M. Swiveller ouvrit de grands yeux et parut quelques moments pensif; alors ordonnant à la jeune fille de veiller à la porte jusqu'à ce qu'il fût de retour ^ il s'éloigna vivement.

Il ne tarda pas à revenir , suivi d'un garçon de taverne qui portait d'une main une assiettée de pain et de bœuf , et de l'autre un grand pot rempli d'une boisson très-odorante et d'un fumet agréable ; espèce de bière d'absinthe supérieure , faitv. d'après une recette particulière que M. Swiveller avait enseignée au maître de l'établissement, à l'époque où il était fort endetté chez lui et où il lui importait de se concilier son amitié. A la porte , il déchargea le garçon de son fardeau qu'il remit à sa petite compagne en la pressant de l'emporter , de peur de surprise , à sa cuisijie où il la suivit.

cLàl dit-il, en posant l'assiette devant elle. Avant tout, nettoyez-moi ça ; et nous verrons après, j

La petite servante ne se le fit pas dire deux fois , et l'assiette fut bientôt vide.

€ Maintenant , dit Richard lui tendant le pot , empoignezmoi ça; mais modérez vos transports, vous savez I car vous n'avez pas l'habitude de la chose. Eh bien I est-ce bon?

— Oh ! oui , n'est-ce pas ? » dit la petite servante.

M. Swiveller parut enchanté, au delà de toute expression par cette réponse. Il absorba lui-môme un bon coup du précieux liquide, tout en regardant fixement sa compagne. Après ces préliminaires , il se mit à enseigner le jeu à la petite servante qui ne fut pas longtemps à l'apprendre d'une manière passable , car ' elle avait l'esprit subtil et délié.

c Maintenant , dit M. Swiveller, mettant deux pièces de six-

pence dans une saucière et ajustant la mauvaise chandelle , les cartes une lois battues et coupées, maintenant voici les enjeux. Si vous gagnez, vous aurez tout; si je gagne, ce sera, pour moi. Pour rendre le jeu plus amusant et plus comique , je vous appellerai la Marquise , entendez-vous ? j

La petite servante fit un signe de tête.

c Allons, marquise , dit Swiviller , feu! »

La marquise, tenant sds cartes trèâ-serrëes dans ses aeux mains, examina laquelle elle jetterait; et M. Swiveller, prenant r attitude joviale et fashionable qui convenait à une semblable compagnie, s'ingurgita une nouvelle gorgée de bière- à l^absinthe, en attendant que la petite servante eût joué.

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