CORNÉLIE ET GLÉOPATRE DANS CORNEILLE
Le personnage de Cléopàtre a souvent figuré sur notre théâtre, et Corneille Ta introduit dans la Mort de Pompée en Topposant à CornéUe, la veuve de Pompée. En mettant, à côté de Cléopàtre, une veuve chaste et fidèle, qui représente Tamour conjugal, moins le bonheur, et le représente par conséquent d'une manière plus grande et plus touchante. Corneille s*est bien gardé de tomber dans la faute qu'a iisdte Mairet. Il ne représente pas Gléopfttre mourante et fidèle par sa mort à la mémoire d'Antoine ; il la représente ambitieuse et volage, telle qu'elle fut pour séduire César et ne le séduisant que pour se faire couronner reine d'Egypte à la place de Ptolémée, son firère. Ainsi représentée, Cléopàtre ne risque pas de nous attendrir : la coquetterie, rachetée par un dévouement suprême, ne dispute plus notre émotion à la fidélité du veuvage, personnifiée par Comélie.
Conune ce qu'il y a de plus près de l'amour conjugal est la fidélité de la veuve, le personnage de Comélie, dans la Mort de Pompée, relèverait, pour ainsi dire, notre théâtre de son infériorité à peindre l'amour conjugal, si Comélie était tout à fait une veuve; mais elle est une héroïne autant qu'une veuve. Vouée au culte d'une grande mémoire, et poursuivant partout la vengeance, non-seulement de la mort, mais de la défaite de Pompée, elle semble se souvenir plus du
i. Voir les Î8«, 29*, 30% 31«, 32«, 33* et 34« livraisons.