Nicolai II EpisU, ap. Labbe, Conc»7., t. VUI
prit parti ponr le prince rebelle; il fut condamné et déposé parle concile de Douzy dans les Ardennes. Adrien II évoqua Taffiaire à son tribunal; mais cet appel ne fut point admis en France, et Charles le Chauve répondit au pape avec fermeté : & Nous admbrons, disait-il, qu'un roi, obligé à corriger les méchants et à punir les crimes, doiye envoyer à Rome un coupable condamné selon les règles.. •• Nous sommes obligé de vous écrire que nous autres, rois de France, nous n'avons point passé jusqu'à présent pour les lieutenants des évèques, mais pour les seigneurs de la terre; et si vous feuilletez les registres de vos prédécesseurs, vous ne trouverez point qu'ils aient écrit aux nôtres comme vous venez de nous écrire. » Il rapporte ensuite deux lettres de saint Grégoire le Grand, pour montrer avec quelle modestie ce pontife écrivait non^seulement aux rois de France, mais aux exar* ques d'Italie; il insiste sur la dignité royale établie par Dieu- même, et il cite la célèbre maxime du pape Gélase sur la distinction des deux puissances ^ Adrien répondit par une lettre respec^euse et modérée, où il renonçait à ses prétentions. Hiocmar de Reims, qui, 'dans cette circonstance, avait soutenu le droit royal, fut le premier fondateur de ce qu'on a appelé plus tard les libertés gallicanes.
L'empereur Louis II étant mort en 875, Charles le Chauve aspira à la couronne impériale, et s'appuya sur l'alliance du pape Jean YIII, successeur d'Adrien II. Il se hâta de passer les Alpes, et, comme son aïeul Charlemagne, il fut couronné le jour de Noël, «c Nous l'avons élu, écrivait le pape à la diète lombarde qui s'était assemblée à Pavie, nous l'avons approuvé avec le consentement de nos frères les évéques, des autres ministres de la sainte Église romaine, du sénat et du peu* pie romain ^. »
La diète de Pavie reconnut le nouvel empereur comme roi des Lombards. Plusieurs auteurs disent que Charles le Chauve paya la couronne impériale par des concessions qui fortifièrent la puissance temporelle du saint-siége ; ils prétendent que ce prince renonça, en faveur du pape, aux droits de souveraineté que les précédents empereurs avaient exercés sur la ville et le territoire de Rome '. Mais, comme le fait observer un savant critique, l'acte de cette cession
i. Lettre de Charles le Chauve à Adrien 11, ap. Fleury, Histoire ecclésto»tique, liv. LU, § 22.