‹ Le Magasin de librairieChapitre 110 sur 180 · CHARMION · texte numérisé non relu

CHARMION

Il n'y a pas trois hommes en Égyptcf qui soient plus en ét«t ^ lui d'en juger.

GLÉOPATllB.

11 esl plein d'intelligence, je le sais bien. Je tie tois encore en elle rien de bien redoutable. Cet homme a du jugement.

1. Cléopfltre était petite, et cette question est naïve et comîqae. Teate la scène est du môme genre.

DANS LE DRAME. Hl

Cette scène est comique, mais d*un œmique vulgaire. Gléopfttre à rinquiétude et la curiosité d'une rivale; elle n*â pas tettê Confialice en elle-même qui faisait une partie de son pouvoir.

Quand Corneille prête à Cléopâtre le toti de la comédie, il s*eti seft mieui que Shakespeare. Au lieu d'en faire seuleilient une rivale de comédie, il en fait la rivale politique de son frère Ptolémée, qui avait usurpé sa part de royauté. Dès que Cléopâtre sent qu'elle va devenir reine par l'arrivée de César, elle repousse avec une ironie piquante les avances que lui fait son frère pour se réconcilier avec elle. La scène est de la comédie, mais de la haute comédie.

PTOliHES.

Savez-vous le bonheur dont nous allons jouir, Ma sœur?

CliOtATRS.

Oai, je le sais : le grand César arrive, Sous les lois de Photin je ne suis plus captive.

PTOlildE.

Vous haïssez toujours ce fidèle siyet?

OiOPÀTRE.

Non, mais en liberté je ris de son projet.

PTOlilfiE.

Quel projet faisait-il dont vous puissiez vous plaliidfèt

GliOPATRE.

J'en ai souffert beaucoup, et j'avais plus à craindre.

Un si grand politique est capable de tout.

Et vous donnez les mains à tout ce qu'il résout*

PTOliMÉE.

Si je suis ses conseils, j'en connais la prudence.

CliOPATRE.

Si j'en crains les effets, j'en vois la violence.

PTOLÉICÉE.

Pour le bien de l'État tout est juste en un roi.

GliOPATEE.

Ce genre de justice est à craindre pour moi^.

Corneille excelle dans ces dialogues à la fois familiers et tragiques : familiers par le langage, tragiques par le sujet et les personnages. H sait que les princes ne sont pas tenus d'avoir toujours un langage

i. Acte II, scène m.

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