‹ Le Magasin de librairieChapitre 121 sur 180 · QUESTIONS DE MORALE · texte numérisé non relu

QUESTIONS DE MORALE

Nous sommes arrivés enfin au point le plus décisif de ce trayail. Il nous faut maintenant mettre aux prises la morale idéaliste et I9 morale utilitaire, et démontrer que, seule, la seconde peut expliquer d'une manière scientifique, c'est-à-dire appuyer sur des raisonnements rigoureux et des faits positifs les idées qui composent la morale vulgaire, les solutions auxquelles l'humanité a abouti, guidée par la nature, par l'expérience, par cette sorte d'instinct intellectuel qu'on appelle le bon sens. Si nous parvenons à faire cette démonstration» qu'en résultera-t-il pour nous? Nous ne croirons pas seulement, en appelant l'attention sur le principe utilitaire, avoir signalé de nou* veau au moraliste, au législateur, au publiciste, un principe fécond, un guide sûr pour rectifier les idées vulgaires ou les asseoir sur une base plus solide. Nous croirons avoir démontré , par la seule méthode qui nous paraisse possible, que notre théorie donne l'analyse exacte du travail latent par lequel chaque homme se fait sa morale. En effet, qu'affirme cette théorie? Que tout jugement moral, vrai on faux, général ou particulier, se forme par l'application de ce principe : chacun doit contribuer de son mieux au bien universel ^ combiné avec l'observation des faits, l'étude des instincts de tous et de chacun. Mais ce principe, que Jouffroy admet aussi, bien qu'il n'en tire pas les mêmes conséquences, nous ne le posons pas, comme lui , en axiome : nous

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