‹ Le Magasin de librairieChapitre 127 sur 180 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

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Quand on tes a ressenties tme fois, on renonce dSfficiSeiiient aux émotions de la parole. De 1827 à 1852, c'est-à-dire pencbnt vingtcinq ans, la France s'y est livrée avec bonheur. On parlait trop, ditcsiaujourd'hui ; personne ne s*en plaignait alors. La chaire, la tribune, le barreau^ retentissaient des plus beaux eilels de l'éloquence. On s'oeciq)ait d'une leçon, d'un discours, d'un plaidoyer, comme (m s'occupe à psésent d'une grande spéculation de bourse. Nous nous appeUions les Athémens de Paris et nous étions fiers de ce titre, aasec d^bugné pour le quart d'heure. Les affaires 1 voilà le met d'ordre universel. Les affaires, soit ! mais nous avons été élevés à songer à aoire chose, nous qui faisons partie d^une autre génération; nous r^irettons particulièrement la parole. La tribune n'existe plus ; de temps en temps le bruit de quelque grande lutte judiciaire retentit jusqu'à nous, et c'est Fécho qu'il faudrait dire, car comment pénétrer, si l'on n'est pas un personnage important ou une partie civile, dans Tétroit sano» tu^re où Thémis dicte ses arrêts ? Il nous reste la chaire, mais la chaire s'estjuchée à l'extrémité de Paris, près de la montagne Sainte- Geneviève ; c'est un voyage pour aller jusque-là. On y vient cependant, et tous les jeudis plus de quinze cents auditeurs se pressent autour de la chaire de M. Saint-Marc Girardin.

Il n'y a peut>-être pas en ce moment à Paris plus de trois hommes qui aient un public, ou, pour mieux dire, il n'y a plus de public. Partout vous voyez la foule; le public, nulle part; j'entends par là une réunion d'hommes ayant des idées communes, jugeant et comprenant ce qu'ils entendent. Il y a une foule à l'Opéra et aux Ita-

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