Tome IX. — 35* LiTraisoa
du libéralisme. Gnizot, tacticien comme Moreau, commandait le corps d*armée de l'histoire ; brillant et impétueux comme Bonaparte, Cousin traversait le pont d'Arcole, le drapeau du spiritualisme à la main; calme, ingénieux, plein de ressources dans la mêlée et de générosité après le combat, Villemain était le Hoche de la littérature. Je pourrais reconnaître et désigner ceux d'entre tous qui ont été en Italie et en Egypte avec Cousin ; ceux qm sont restés à l'armée du Rhin à l'étatrmajor de Guisot; ceux qui ont pacifié la Vendée littéraire des classiques et des romantiques, sous la conduite de M. Villemain. Après vingt ans de triomphes sont venus les revers : la libre pensée a eu son Waterloo; la philosophie a été rejetée jusqu'à la logique; l'histoire et la littérature ont perdu leurs frontières naturelles. Revenus hier seulement de la Loire, vous vous groupez tous au pied de la chaire d'un professeur parti comme conscrit la même année que vous, et qui, maintenant devenu général, vous parle des choses de votre jeunesse et vous rappelle les grands chefs sous lesquels vous avez servi.
Il est de Sait que l'auditoire de M. Saint-Marc Girardin pourrait devenir le noyau d'une association des débris de la grande Sor^ bonne. Pourquoi, en effet, les gens qui ont éprouvé les mêmes sympathies, les mêmes admiraticMis, les mêmes espérances et les mêmes mécomptes ne se grouperaient-ils pas pour se soutenir, s'aider mu-tuellement? L'association comprendrait nonnseulement les auditeurs de 1827, mais encore ceux de toutes les autres levées littéraires. Pendant que je songe à rédiger les statuts et à provoquer la formation d'une commission, une salve d'applaudissements éclate; c'est M. Saint- Marc Girardin qui arrive et monte dans sa chaire.
U doit traiter aujourd'hui des satires de Roileau, et notamment la satire VIQ, dédiée à M. Morel, docteur de Sorbonne» et la salue X.
De tous les animaux qui s'élèvent dans Pair, Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, De Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome, Le plus sot animal à mon avis c'est l'homme.
On aimait, à ce qu'il parait, au dix-septième siècle comme au nôtre, à soutenir des paradoxes. L'idée sur laquelle Boileau base sa satire n'a pas d'autre valeur. Elle est développée avec infiniment d'esprit»