Luitprand, Bist, lib. Ut, cap. xir
DU POUVOIR TEMPOREL DES PAPES. 8i
ruption. En même temps que le peuple éleva Octavien à la papauté, il délégua les principales fonctions de l'administration à un préfet de la ville, auquel il associa comme conseillers des consuls annuels, et il chargea du soin de défendre ses intérêts douze tribuns ou décurions qui représentaient les divers quartiers de Rome. Il y avait dans le gouYemement romain , tel qu'il était constitué au milieu du dixième siècle, trois éléments qui ne devaient pas toujours rester d'accord, l'Église, le peuple et la féodalité.
Hugues de Provence, depuis qu'il avait été chassé de Rome, avait continué à gouTemer l'Italie septentrionale. Il avait lutté avec succès contre les Sarrasins qui ravageaient les villes de la Ligurie ; mais on lui reprochait d'avoir pris à sa solde quelques-uns de ces barbares et d'avoir acheté honteusement la retraite des Hongrois. Les seigneurs et le clei^é se plaignaient de son despotisme, qui disposait arbitrairement des fiefs et des bénéfices ecclésiastiques. A la tête des mécontents était Bérenger, marquis dlvrée, petit-fils, par sa mère, de l'empereur du même nom. Hugues, soupçonnant quelque complot, donna ordre de l'arrêter; mais Bérenger s'enfuit avec sa femme, et alla implorer l'appui d'IIermann, duc des Allemands. Othon le Grand, qui régnait alors en Germanie, voulut rester neutre dans une querelle dont il devait bientôt profiter.
Bérenger rentra en Lombardie avec une armée peu nombreuse ; mais cette armée grossissait à chaque pas, et Hugues n'osait lui dis^ puter le terrain. Les États lombards, réunis à Milan, déposèrent le roi provençal, donnèrent la couronne à son fils Lothaire, et confièrent à Bérenger l'administration du royaume ' . Mais ce n'était point assez pour l'ambition du marquis d'Ivrée. Le jeune roi mourut tout à coup : Bérenger, qu'on accusait de l'avoir fait empoisonner, se fit nommer roi à sa place, et s'associa son fils Adalbert, pour lequel il demanda la main d'Adélaïde, veuve de Lothaire. Cette princesse repoussa avec indignation une telle alliance. Ses amis sollicitèrent, en sa faveur, le patronage du roi de Germanie : ce prince vint en Italie comme arbitre, et y fut bientôt reconnu comme souverain.
Othon commença par mettre en liberté la reine Adélaïde, qui après