I. Thtetmar, Chronic* — Annal. Saxon
la yie de Creseentiiis et lesdrmts des citoyens. Ceschroniqnes ajoutent que la veuTe du consul, Stéphanie, fut abandonnée aux outrages des Teutons, et que ce fut elle qui empoisonna Tempeneur, dont elle était devenue la mattretse ' .
La mort de Grégoire Y avait précédé celle d'Othon III. Son succèscesseur, Sylvestre n, le fameux Gerbert, eut encore à lutter contre Tesprit d*indépendance qui agitait les Romains. Mais ce fut surtout après la mort de ce pontife que la lutte recommença. Un ûls de Crescentius, noimné Jean, était, comme son père, tout-puissant s\ir le peuple. Vers Tan 1010, il parait à Rome sous le titre de patriee; il fait revivre la république avec des consuls, un sénat composé de douse membres, et des assemblées du peuple. Un second chef, qui portait le nom même de Gresoentius, exerçait les^ fonctions de préfet de Rome, et présidait à l'administration de la justice. L'Italie du nord prétendait aussi à l'indépendance depuis l'extinction do la maison de Saxe, et le marquis d'Ivrée, Hardouin, s'était fait nommer roi des Lombards; mais ht rivalité de Piavie et de Milan fit échouer ses prétentions. Les Allemands étaient accoutumés à regarder l'Italie comme une province de leur territoire, et les Italiens, par leurs perpétuelles dissensions, favorisaient l'ambition de leurs voisins. Henri- de Bavière, devenu roi de Germanie, enleva au marquis d'Ivrée la couronne des Lombards, se fit sacrer empereur par le pape Benott YIII (1014), et rendit à œ pontife la puissance temporelle dont il avait été dépouillé.
Il y eut encore un pacte solennel entre le nouvel empereur et le pape qui Pavait couronné. Henri II , que les Italiens appellent Henri I", parce que Henri l'Oiseleur n'avait été que roi de Germanif , renouvela, en faveur de l'Église romaine, les donations que ses prédécesseurs lui avaient faites. U y ajouta la ville et Févéché de Bamberg, avec le tribut annuel d^un palefiroi blanc, tout harnaché, et de 100 livres d'argent '. Cet acte, connue ceux qui l'avaient pïécédé, réservait les droits impériaux que nous avons déjà mentionnés. Quelques auteurs rapportent la rédaction de ce diplôme à l'époquedo couronnement de Henri II; mais l'opinion la phia vraisemblable, parce qu'elle s'appuie sur la correspondance même de Benoit Vm, c'est qu'il n'a été rédigé qu'en 1020, cpiand le pape vint visiter l'em-»
i. Arnulf, Hist. Mediolan, — Monasterii Cassinens. Chronic. 2. Exemplum privilegii Henrici imperatoris de regalibus Beato Petro concessis^ ap. Genni, Monumenta dominationis pontiftciœ, t M, p. \ 87.
perenr en Allemagne , et célébra les fStes de Pâques dans la ville de Bamberg.
Ikune avait besoin des secoues de ^empereur, soit eontre le parti populaire qui l'agitait au dedans, soit eontre les ennemis qai la me* naçaient au d^ors. Quatire ans ai^nàvant, les Sarraâns avaient pris Liuia y en avaicaat chassé Tévâque^ et s'étaient rendus maîtres de ce pays, qui était compris dans la donation de Ghairlemagne. Benoit YIII avait assemblé tous les évéques et les défenseurs des églises y il leur avait ordonné de marcher avec lui oontre rennemi , et il en avait triomphé. D'un autre côté, les Grecs n'épai^naient pas certaines pro» vinces que l'Église regardait aussi comme sa proptiété. Le catapan^ e'est-àrdire ler^résentantde l'empereur d'Orient en Italie, aviait soumis au tribut une partie du tarritoife de Bénévent. Comme Heort II tardait à easvofer des secours aa saînt-siége, le pape prit à son service un seigneur normand , nommé Baoul , qui avait été oUigé de quitter son paysy et qm était venu cherdier fortune en Italie. Envoyé à Bénévent^ Baoul se mit à la tâte des Itatiens, et battit les Grecs dans plusieurs- rencontves»
Déjà,, (pidques années auparavuik , des pèlerins normands , revenant de Jérusalem , avaient sauvé Saleme d'une attaque des SarrafÉan^ Ce n'étaient plus ces hommes du Nord qui, poussés par des inetinetsbad>ares, ne savaient que tuer ou piller sur leur passage: ib étaient dev^ms Fraufais et chrétiens. La province qui portait leur nom était le modèle de l'organisation féodale; ils se montraient, en toute reneontce, les plus dévoués et les jdus braves défenseurs de l'Église. La paya qui les avait jadis combattus comme ses ennemiff pouvait les avouer pour ses enfants. C'était donc la France qui repre» naît reeu:vre de Gharlemagne, et qui idlaity par Fépée des Normands, délivrer l'Itidie des Gxets et des Sarrasins.
Après avoir remporté plc»ieurs vietoires sur les Grecs , Baoul, voyant que k nombee de ses acAdats diminuait, et que les Italiens finissaient par suoooBifaer, passa les Alpes, et alla solliciter l'appui de Hanri III. L'empereur vint luinEuème en Italie (I02i). Aussi bien Borne eUe-mème état màiacée. C'était une vèriisJrie guerre sakile, ci comme le pséhide des croisades^ Les piélate eux-mêmes^ comme à la bataille d' Augsbourg, sous Ollu» te Grand, croyaient devoir com--
battre en personne : TarcheTèque de Trêves et rarchevèque de Cologne commandaient chacun un corps d*armée. L'empereur prit Bénéyent et la ville de Troîa, que les Grecs avaient récemment bâtie dans la Fouille. Il vint, avec le pape Benott VIII, rétablir Tordre dans le monastère du Mont-Cassin , dont Tabbé s'était déclaré pour l'empereur d'Orient. Henri II retourna ensuite en Allemagne, et laissa aux Normands le soin de continuer l'œuvre commencée.
Pendant vingt ans, les flottes normandes , parties de France , ne cessèrent point de jeter des combattants sur les côtes de l'Italie méridionale. Ces infatigables conquérants chassèrent les Grecs de la Fouille, et la partagèrent en douze comtés. Mais, pendant qu'Us implantaient la féodalité française dans le midi de la péninsule, l'empereur Henri était mort; l'Empire était vacant, etRomeétait retombée dans l'anarchie. La famille des comtes de Tusculum , qui descendait de Marozia et des Albéric , disposait du saint-^iége comme d'un fief dépendant de son patrimoine. Le pape Benoit YIU , qui appart^ nait à cette famille, était mort en i024 ; son frère Jean lui succéda , quoique laïque , et prit le nom de Jean XIX ; il avait été élu pape à force d'argent , dit Fleury. En 1033, il fut chassé par les Romains , et rétabli par Tempereur Conrad U , qu'il avait saôré trois ans auparavant. A sa mort, ce fut son neveu Benott IX qui lui succéda, comme si la papauté était devenue inséparable du comté de Tusculum.
Un pape du onzième siècle, Victor HI, a tracé lui-même le tableau des scandales de l'Église romaine , sous les pontifes qui l'avaient précédé : «c J'ai horreur, diMl , de répéter quelle fut la vie de Benoit IX, lorsqu'il eut été consacré. Après qu'il eut, pendant plusieurs années, fatigué les Romains par ses rapines, par ses meurtres, par ses abomir nations, les citoyens se rassemblèrent, et le chassèrent de la ville aussi bien que du siège pontifical. Ils élurent à sa place , mais à prix d*ai^ gent et au mépris des saints canons, Jean, évéque de Sdi)ine, qui n'occupa que trois mois le saint-siége , sous le nom de Sylvestre III. Benoit , qui était issu des consuls de Rome , et qui était appuyé par toutes les forces de leur parti , dévastait les environs de la ville , et il contraignit enfin l'évêque de Sabine à retourner dans son diocèse. Benott, en rep^nant la tiare, ne changea point de conduite ; mais, toujours odieux au clergé et au peuple , eflhiyé des clameurs qui s'élevaient contre ses crimes, livré d'ailleurs aux voluptés et plus enclin à vivre en épicurien qu'en pontife , il prit le parti de vendre le pon«
tifieat à Farchiprétre Jean, qui le lui acheta à beaux deniers comptants. Jean passait néanmoins dans la ville pour un des honunes les plus religieux du clergé, et, tandis que Benott était retiré dans ses châteaux , il gouverna l'Église , sous le nom de Grégoire YI , jusqu'à l'arrivée de Henri III roi de Germanie ^i»
On peut se figurer ce qu'était devenu le pouvoir temporel au milieu de tels désordres. Tous les patrimoines éloignés étaient envahis par des usurpateurs : il ne restait plus à Grégoire YI que les tributs des villes les plus voisines de Rome, et les oblations des fidèles. Dans toute l'Italie , les routes étaient si infestées de brigands, que les pèlerins ne pouvaient marcher en sûreté s'ils ne se réunissaient en assez grand nombre pour être les plus forts. À Rome même, tout était plein de voleurs et d'assassins. Une chronique contemporaine dit que l'on tirait l'épée jusque sur les autels et sur les toidt)eaux des apôtres , pour enlever les offrandes aussitôt qu'elles y avaient été déposées.
. Grégoire YI commença par écrire à tous ceux qui avaient usurpé les domaines de l'Église : il leur enjoignit de les restituer, et de prouver juridiquement le droit qu'ils avaient de les retenir. Ces lettres ne produisant aucun effet, il eut recours à l'excommunication , qui ne fit qu'irriter les coupables. Ils vinrent en armes autour de Rome, avec de grandes menaces, et la vie du pape fut en danger. Grégoire fut réduit à repousser la force par la force ; il occupa militairement la basilique de SaintrPierre, et en chassa ceux qui volaient les offrandes; puis il reconquit plusieurs domaines de l'Église, et parvint à rétablir la sûreté des chemins. Mais il ne put empêcher Benoit IX et Sylvestre III de porter toujours le titre de pape , et mênae de rentrer dans Rome pour lui en disputer les fonctions.
Le successeur de Conrad le Sallque, Henri III, se chargea de rétablir l'ordre, si profondément troublé dans l'Église. A l'arrivée de ce prince en Italie , en 1046, Rome était partagée entre les trois papes : chacun d'eux avait son parti, son quartier, sa basilique ; Benoit siégeait à SaintrJean de Latran , Sylvestre III à Saint-Pierre du Yatican, et Grégoire YI à Sainte-Marie-Majeure. Le roi, avant d'entrer dans Rome , assembla un ccmcile à Sutri , et confia à cette assemUée le soin de réorganiser l'Église. Grégoire YI fut invité à assister an concile; il s'y présenta en^ffet dans l'espoir d'être reconnu seul pape
i. Victor m, IHalog. soc., in append. Chrm* Cofsin*
légitime ; mais son élection fut annulée comme celle de ses deux compétiteurs. Le saint-siége fut déclaré vacant, fleuri lU rentra dans Rome avec les évéques qui avaient siégé au concile, et il fit élire pape Suidger, Saison de naissance, évéque de Bamberg. Le nouveau pontife, qui prit le nom de Clément II, fut sacré le jour de Noël, et, ce jour-là même, le roi Henri fut couronné empereur.
Jusqu'à cette époque les papes avs&ent été élus par le tlergé et le peuple de Bome ; les empereurs n'étaient appelés qu'à con- £rmer 1 élection. Henri IH enleva aux Romains le dioift de présentation : c'était lui qui désignait le candidat, et l'élection n'avait plus lieu que pour la forme. Après la mort de Clément U, que certffias auteurs croient avoir été empoisonné par les Romains % Henri HI lui donna pour successeur Poppo, évéque de Brixen, qui fut inliouisé sous le uom de Damas IL Ce pontife n'occupa le saint-siége que pendant vingt-trois jours. Après lui , U y eut une vacance de six mois. L'empereur réunit à Worms un grand nombre d'évéques et de seigneurs, et ce fut là qu'il choisit peur pape l'évêque de Toul, Brunon, qui assistait à l'assemblée. Un pontife ainsi élu était le représentant de l'empereur plus que le vicaire du Clirist, et l'Église romaine était devenue Tesclave de la couronne germanique.
L'évêque de Toul , qui n'avait accepté qu*à regret la papauté, n'alla point directement à Rome, il voulut revoir sa vUle é[M8Copaie; il se rendit ensuite au inonadère de Cluny. Là vivait, sous une discipline austère, le fils d'un charpentier de Seana, cet Hildebrand, qui était destiné à élever si haut la puissance |>ontificale. Dans ses entre* liens avec Brunon , il lui persuada qu'il n'était pas permis de recevoir d'une main liûique le gouvernement de l'Église uflivarseUe. L'évêque de Toul, dont la conscience était d'accord avec Hildebrand, déposa les ornements pontificaux, comprenant, dit son biographe, qu'il avait été trompé par une ruse diabolique ^. lUe voulant pas toutefois paraître désobéir à l'empereur, il poursuivit son chcnûn ve» Rome, mais la besace sur le dos et en habit de pèlerin. Le lendemain de son arrivée , il assembla le dergé et le peuple dans Téglise de