‹ Le Magasin de librairieChapitre 163 sur 180 · Raynald. Annal. eccîesiasUf ann. i · texte numérisé non relu

Raynald. Annal. eccîesiasUf ann. i

Rome, oomme ils Tayaient déjà remise à Urbain Y ; le pape , de son c6të, promettait de conserrer à la \ille ses anciens privilèges. Ainsi se termina cette période de soixante-dix ans, que Pétrarque et d'autres écrivains appellent la captivité de BabyUme.

Grégoire XI ne survécut pas longtemps à sa rentrée dans Rome : il mourut le 27 mars 1378. Les cardinaux qui se trouvaient à Rome entrèrent en conclave au palais du Vatican. Les Français étaient encore en majorité dans le sacré collège : sur seize cardinaux présents, il n'y avait que quatre Italiens. Les Romains résolurent d'imposer au conclave le choix d'un pape romain. Romano lo volemo^ tel était le cri populaire qui retentissait autour du Vatican. Ce fut un Italien qui fut élu, Bartbél^ny de Prignano, archevêque de Bari; il fut proclamé sous le nom d'Urbain VI. Mais plusieurs cardinaux protestèrent contre cette élection; ils prétendirent qu'elle était le résultat de la violence, et, se réunissant à ceux de leurs collègues qui n'avaient point assisté au conclave, ils allèrent à Fondi procéder à une nouvelle élection. Robert de Genève, qu'ils choisirent, prit lé nom de Clément VII, et vint résider à Avignon. La France reconnut Clément VII, ainsi que les États qui subissaient à cette époque l'influence de la politique française^ la Sicile, l'Ecosse et la Castille; le reste de l'Europe se déclara pour Urbain VI.

J'ai déjà eu l'occasion, dans un autre ouvrage, de parler du schisme d'Occident; qu'il me soit permis de rappeler l'opinion que j'ai exprimée sur cette question il y a seize ans; je n'ai rien à y changer aujourd'hui : a Le schisme qui divisa si longtemps le monde catholique avait fait èclore, dans un grand nombre d'esprits, des idées d'Église nationale, et l'Université de Paris s'en eflrayait avec raison. C'était une chose grave, en eflet, que de rompre ce lien moral, cette fraternité religieuse qui avait été, au moyen âge, le salut de la civilisation. Cependant fallaitril se livrer sans réserve et sans garantie à un pouvoir étranger? Si un peuple est justement blessé de subir, en ce qui touche son gouyemement et sa politique , l'influence d'un autre peuple, il souffre plus douloureusement encore de sentir cette • influence en matière ireligieuse; car la religion est ce qui tient le plus intimement à la substance même de notre âme. Il fallait donc, tout en rétablissant l'unité, faire en sorte qu'elle ne blessât

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