‹ Le Magasin de librairieChapitre 172 sur 180 · CHAPITRE or · texte numérisé non relu

CHAPITRE or

eertflineraenfc point cberebé à la dimiauBr, il lui aurait laissé la pro*^ pisiété tout eniièra ée wn vaudevilie pour ne^point lut nuire aupoèt des directeurs, dont il a besoin. Après a^mr brillé du plus vif éckt au firmament de la Bourse, Tastre de Tauteur de Ma Nièee^etmon Ours «'est éclipsé. Voilà de ces catastrophes qtk'oa ignore qctmsA on vit dans son cabinet, au milieif de ses articles et de ses livres; la mmde, qui les connaît^ les oublie au bout d'un^ quart d'heure, ce qui revient à peu près au même. Le finaocisr ^trôné aura beaucoup de peine à obtenir quelques réclames pour annonoer son prochain vau*^ doville,. et peui^étns les feuilletons qui Tout porté aux nues ne ren?< dront pas même compte de la' représentatbnv Je souhaite que les droits d'auteur lui soient plus profitables que ses dividendes, s'il se lance^ comme je n'en doute pas^ dans la carnère dramatique; car, on le sait^ c'est la prétention commime de not modernes financiers d'être des gens de lettres. Autrefois, les traitants se contentaient de protéger les écrivains, aujourd'hui ils veulent être des écrivains eux-mêmes* Turcaret, qui dans le temps a rédigé jene sais quelle obscure gazette de tfaéfttce, au milieu de ses salons dorés, parle sans cesse du temps hea*> reux où il n'était qu'un simple littérateur : Mondor rappelle à chaque instant ses articles; bref, il n'est pas de spéculateur a^ant un nom à la Bourse qui ne pose en ancien homme de lettres* Cela rappelle le temps où les candidats à la députation voulaiœt à toute force être ées ouvriers.

Je n'ai point assisté à la première représentation de Ma Nièce et mon Ours^ et je ne le regrette peint, quoique ce fût, dit-on, une grande solennité. Les feuilletons retentirent des éloges de cette pièce; OD porta aux nues ce grand financier qui savait rester gai au milieu dee millions, tandis que le savetier de La Fontaine, pour une misé-- Tdble somme de cent écus, avait presque perdu la tête. Je ne sais pas si) le soir, l'orchestre du Palais-Aoyal ne vint pas jouer sous ses fenêtres, et si le lendemain il ne reçut pas une députation de gens de lettres chargés de le remercier, au nom de la littétature tout entière, de rhonneur qu'il lui faisait, en consentant à éanxe des faroes ipour te Palais-Royal. Je ne conqNumrai point celle qu'il a intitulée Mù Nièce et mon Ours au Portefaix de BrisàU, attendu que je ne l'ai point vue, mais je doute que le vaudenlle âoit aussi amasast que la nouvelle* Qu!ils se livrent à la fantaisie ou à la paft» sion, à l'observation ou au drame, les romancicra anglais me semblent avoir un grand avantage sur les nôtres, celiii d'être toujours

de bonne foi, de croire aux choses qu'ils racontent, de ne point chercher à tromper le lecteur. Il s*agit dans le Portefaix de Bristol d'une malle dans laquelle est entrée une jeune fille, et qui, en définitive, ne contient qu'un chien mort et un nègre Tirant. Cette série de métamorphoses tournerait facilement à la chaîne racontée par un romander fi^mçais; un romancier anglais,'par le naturel des détails, par la variété des personnages, la fait paraître naturelle. C'est à nos Yoisios d'outre-Manche qu'il faut demander le secret du véritable réalisme, dont ils ont l'instinct, et qu'ils savent unir à un idéal toujours asseï élevé dans les sentiments et dans les passions, comme on peut s'en apercevoir aisément en lisant Thomey-HaU, où tous les personnages ont un caractère si frappant de vérité; hormis cependant celui de Langley, qui, avec son scepticisme, sa science, l'influence extraordinaire qu'il exerce sur les femmes, me parait une imitation assez maladroite de certains types du roman français.

Quoique l'Angleterre ne connaisse que la noblesse politique, et qu'en dehors de la Chambre des lords il n'y ait point d'aristocratie, un grand nombre de familles anciennes vivent dans le pays, attachées au sol, aux vieilles traditions, au nom de leurs ancêtres. Ces familles périssent à la longue, ou se ruinent par suite de la prodigalité ou de la mauvaise administration de leurs chefs, dont les descendants disparaissent dans la foule. Si pauvre, si humble que soit Théritier d'une de ces maisons , si la misère ne l'a pas abruti , s'il se souvient encore de la gloire de sa famille , son but, son espérance , son désir seront de la restaurer. Ce sentiment existe peu en France, où l'on a plus la vanité du nom que le culte de la famille. L'auteur de Thor^ ney-Hall nous le montre dans toute sa force, chez le héros de son histoire, Hugh-Randal, auquel il communique, pour lutter contie les difficultés de la vie, une force et une énergie dont peu de gens sont capables. Cette obstination courageuse de Randal n'est point, du reste, tout le sujet du roman, il est plein d'incidents, de personnages, de sentiments pathétiques, variés, sincères, qui rendent sa lecture intéressante au plus haut point. Je ne dis certes pas de mal de Georgy Sandoriy dont les peines de cœur m'ont vivement touché, mais je trouve que Thorney-Hall est le meilleur plat de ce festin à trois services, et avec un dessert, qu'il vient de nous servir : Three Courses and a Dessert. Premier service, Georgy Sandon; deuxième service, Thorney-Hall; dessert, le Portefaix de BristoL Ce titre, Trois Ser^ vices et un Dessert^ vaut bien , pour le moins , celui qu'a choisi

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