‹ Le Magasin de librairieChapitre 28 sur 180 · I. Œuvres du père Rapin, t. II, p · texte numérisé non relu

I. Œuvres du père Rapin, t. II, p

tu DE LA PRÉDICATION

le terrible, ce qu'il faîsoit fort souvent, persuadé qu'il étoit de la maxime de ce gcand maître de l'art : yuturcUHer pins valet apud plurimos malùrum tifnw quam spes bimorwn. Ct qui lui faisait dire qu'un prédicateur devait épouvanta presque toujours, et c'éloit assez son caractère *.

Sur un témoignage aussi précisé que celui du P. Rapin, il serait difficile de refuser à Lingendes un rang éminent parmi les prédécesseurs de Bossuet. L'abbé Goujet, de son côté, nous affirme que toute la France a admiré son éloquence. Nous n'en pouvons juger, quant à nous^ que très-imparfaitement ; car par une bizarrerie qui tient à Ja tyrannie de la latinité subsistant encore, même au milieu des progrès de la langue nationale, le P. Lingendes écrivait en latin les sermons qull prononçait en français , ou du moins , il ne nous les a laissés que rédigés et imprimés en latin; ceux qu'on a publiés sous son nom en français sont des traductions, de sorte qu'on ne peut guère apprécier que le fond de son éloquence. Son sermon contre le duel est remarquable par l'enchaînement rigoureux et la solidité de l'argumentation; on y reconnaît un langage plein de gravité et de dignité complètement affranchi des bouffonneries ou des pointes de rancienne école. On y trouve aussi des renseignements intéressants sur cette rage des combats singuliers qui, sous Louis XŒ, a gagné jusqu'aux artisans et même aux laquais. L'orateur nous montre ces derniers toujours prêts à terminer leurs querelles par Tépée.

Le confrère et l'émule de Lingendes, le P. Gastillon, nous est présenté par le P. Rapin, comme doué de qualités différentes , mais égale^nent remarquables.

Son souverain talent, dit son panégyriste, étoit le secret qu'il avoit trouvé de faire croire que tout son art étoit naturel, parce qull étoit caché sous la négligence la plus étudiée qui Ait jamais; et ce qu'il disait de plus coDomon avoit un air si aisé, que tout comraim qu'il étoit il ne tessembloit point à ce qu6 difloknt tous ks auÉres» Onr prtaoit ses discours Las plus prémédités pour des choses dites sur-le-champ, daiiA l» chaleur de l'imagination, sans prépar ration aucune. Ainsi ses auditeurs s'abandonnoient aisément au plaisir qu'il y avolt de l'écouter, Us s'y laissoient aller sans prendre de précautions ^sans s'en défier. •^»... «.►►...•*.

étoit à la venté plu» ému et plus frappé pv la fbrce et la véhémence d« premier, OHiis os étsit plus cfaarsié, plus attendri et plus pénétré par les grflces et par tous les asrément» do second. Apfès tout, Tun et l'autre étoient tout à fût acconphs dans le oaraetèFe que chacun d'eux avoit pris et daiiff l'éloqifence qu'il s'étoit ftiite.

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