Tome TX. — 3 3 • LÎTraifon
deux ordres n'en Testèfeot pas moins amis, sll faut s'en rapporter an passage de la Vie dé saint Dominique par le R. P. Laoordaire : « Une jeune aontié unit- encore les frères prêdiears et les fireres mâneiFrs. Ds se'sont rencontrés dans des <48ce8 8embld>les sortons les points dn monde (bêlas !). Chaqne année, lorsque le temps ramène à Rome la IStè de saint Dominique, des Toitures partent <hi comment de Sainte-Marie-smr-Minerre, oit réside le générad des dominicains, et Tont diercher, au oonvent de VAra^œti^ te général des franciscains. U arrive accompagné d'nn grand nombre de fières. Les donnnicains et les fraunciscains, réunis sur deux lignes parallèles, se ren*
deOt an mattre^utel de la Minerve Assb ensuite à la même
table, ils rompent le pain qui ne leur a jamais manqué depuis six siècles... L'échange de cette cérémonie se bât au couvent de rAra-Gceli pour la iSte de saint François. ... Et quelque chose de pareil a lieu sur toute laleire là où un cou-vent de dominicaitts et mi coufent de franciscains s élèvent assez proches Tun de Tautre pour permettre à leurs habitants de se donner un signe visible du pieux et héréditaire amour qui les unit, i» Cet amour hârédltaire n*a pas empêché les dominicains de brûler de temps en tonps leurs bons amis les frandscains : les petits bûdiets entretiennent l'amitié. Il serait fiM^ile de réunn: les noms d'un nombre oonsîdéraUe de frères mineurs hérétiques condamnés et brûlés par les frères prédieurs. Oè diaUe l'hérésie va-^le se nicher? Pour expliquer ce phén<»nene étrange, qu'on veuille bien se rappeler que les deux ordres, frères a Torigine, ne suivirent pas longtemps le même chemin; ils bifiirquèrent : les franciscains inclinant vers le communisme, les donûnkains se rgetant plus que jamais du o6té de l'aristocratie. De là, nécessité- flagrante d'allumer les fagots. Anjourd'lmi, tout ce passé est <mbfié; les dennnicains de la Minerve et les franciscains de VAi^ Cœlî s'-embrassent chaque année sur deux lignes parallèles. Spectacle Umchant!
B^ali
Admettons que, contrairement à ce qu'affirme le R. P. Lacordaîre^ Dcmiinique ait fait acte d'inquisiteur; où serait le mal, s'il est vrai^ comme le dit le nouvel académicien, que l'inquisition fut un progrès?Il faudrait le louer au contraire d'aroir été inquisiteur, très-inqij^^iem-.
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Le p. Lacofdaire tante rioquisitioQ, et il a Tair de trouver mauvais qu'on ait été inquisiteur : il y a là .une contradiction surprenante. Les dominicains ont eu tort de se faire inquisiteurs; pourquoi alors avezvous pris cette robe souillée? Ils ont eu raison; pourquoi ne les féli* dteas-vous pas hautement de leur énergie passée au lieu de la voiler et même de la nier complètement, comme vous faites? faiblesse d'autant plus inutile, en ce qui concerne Dominique surtout, que, indirecteoient et directement, il a été inquisiteur, aussi inquisiteur que possible. Comment se fait-il qu'en lisant votre ami Lymborch vous ne soyez pas tombé sur ce passage : « Un certain Chobert, qui de la secte des Albigeois passa dans la famille dominicaine, armé de l'autorité des princes et des magistrats, brûlait dans les flammes ceux qui perestaient dans l'hérésie, au point qu'en deux ou trois mois il fit enterrer vives ou jeter sur les bûchers cinquante personnes de tout sexe, ce quf lui valut le surnom de Maillet des hérétiques. y> Lymborch donne ce &it d'après Raynald ou Raynauld, lequel était un jésuite du seizième siècle. Raynald ou Raynauld ajoute que le susdit Chobert reçut ThcK norable snmom de Maillet de la bouche du pape Innocent III luimeniez Avoir de pareils coopérateurs, c'est être leur complice. Quant à llnquisition directe, on lit dans Lymborch : « Quoi qu'il en soit, il est constant que Dominique était un homme cruel et sanguinaire, ce qu'il est permis de connaître d'une fiiçon évidente d'après Camilio Campeggio, dominicain et inquisiteur général dans la province de Fenrare, qui après avoir rapporté (Zanchini, chap. xx) les lettres de Dominique dans lesquelles il énumère les peines qu'il « imposées à Pentius Roger (n'est-ce point là un acte d'inquisiteur?), ajoute : «J'ai pensé qu'il était d'autant plus convenable de joindre ces lettres du bienheureux Dominique, notre père, qui exerça le premier les fane-^ tians d inquisiteur à ce Traité des peines , qu'elles peuvent servir plus âcilement à comparer l'ancienne sévérité apportée à réprimer le crime, avec la bénignité moderne de ce tribunal (l'inquisition), mais il écrivit ces lettres (comme l'observe Param, livre II, t. I, chap. ii^ n* 5) alors qu'il remplissait encore les fonctions d'inquisiteur de par rabbé de Ctteaux, et il cite ces lettres, ajoute Param, afin de prouver que Dominique en se chargeant de l'office d'inquisiteur s'était pcoposé (c'est un dominicain qui parle) Ae punir si sévèrement les hérétiques, afin d'éloigner les autres d'un pareil crime par la crainte du diâtiment. »
De pareils textes me paraissent d'une éloquence suffisante. Ils sont
pris dans les écrite des fils de Dominique; ils serrent, sous la plume des frères prêcheurs, à rehausser la gloire de leur père spirituel. Que Tont dire les saTante de France, d'Angleterre et d'AUem^ne? Vontils ranger aussi les dominicains parmi les éeriyains qui depuis tant de siècles ont faussé l'histoire?
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ImstnuBOite «e PlB««laliaMi.
Dans SSL Vie de saint Dominique, le P. Laoordaire, dans l'intérêt de sa thèse hardie, essaye de tirer parti du fait suivant : ce Huit ans après la mort de saint Dominique, un concile est assemblé à Toulouse sous la présidence d'un délégué apostolique... Eh bien! dans cette Tille de Toulouse où saint Dominique était si connu, où son ordre avait commencé, où il avait un établissement, ce n'est pas aux frères prêcheurs que le concile confie la charge d'inquisiteurs! » D n'y a pas là de quoi tant s'étonner. Dominique était en effet trop connu à Toulouse, le souyeuir de ses sévérités était trop présent à l'esprit de tous pour qu'on s'exposât à voir un autre dominicain renouveler les exploite du fameux Chobert, dit le Maillet des hérétiques. Le moment de la terreur était passée, on mettait de c6té les terroristes. Qiioi dé plus naturel! Le bel argument en faveur de l'innocence des énergumènes de 93, si on venait nous dire gravement qu'après le 9 thermidor, la Conymition, Youlapt réorganiser l'administration départementale, ne souffrit pas que des hommes comme Carrier en fissent partiel Le oondk de Toulouse confia la direction de l'inquisition aux délégués de révê*que, mais le R. P. Lacordaire oublie que le choix du concile de 1229 n'eut pas l'approbation de Rome, car quatre ans après, c'est lui qui nous l'apprend, le pape nomma deux dominicains inquisiteurs à Toulouse. En 1232, Grégoire IX exhorte^'archevêque de Tarragone à choisir des dominicains pour l'office de l'inquisition. En 1238, H donne pouvoir au provincial des dominicains de Lombardie de créer des inquisiteurs dans sa province ^ Partout à peu près où l'inquisition fonctionne, des dominicains sont là pour la diriger. Si nous voyons en 1238 un franciscain siéger parmi les inquisiteurs de Toulouse, c'est que l'inquisition était un moyen d'action trop puissant pour que
i. Lymborch, liv. I, eh. xiii.