CHAPITRE XXVIL
ttÈBDi, et dans un lieu dos, parler et traiter des bàrëtiques, recommander eux et leur secte^ et que, dan& cette réunion , quelqu'un mit en avant dea propoeitiona erronées et contraires à la foi de Notre^igneur Jésu^^iiriat, et qu'elle à sa que ees personnes avaient du goût pour les hérétiques et s'entretenaient enfiemble CamilièreBient à leur sujet, et qu'elle a commis ce qui préeèdei deux ans ou environ après la coniession susdite ;
Attendu , qu'appelée en jugement, elle a d'abord évité et nié les faits dléa plus haut par-devant l'inquisiteur dé^à nommé, frère Pierre de M ulceone;^ et qu'elle a longtemps persisté à nier la vérité , ce qui hn valut une péûtence à subir de la part du susdit inquisiteur comme par-devant moi, inquisiteur éga^ lemeot susdû ; elle l'a reconnu et affirmé, quant à U pénitence * ;
Attihdu qu'il est constant, par la confession faite par elle en jugement , qu'an du Seigneur 1306, le jour de Jupiter (dis /oow), en ikNites lettres jeudis veille de la Nativité du bienheureux Jean-Baptiste, Pbiiippa, oomnu «m cfUêtk qui reoietu à sês vomê9tem£ftU , est retombée de nouveau dans le crime d'hé« résie, et qu'à un an d'intervalle ou à peu près de sa confession susdite , elle a vu personnellement, dans une maison de Toulouse, trois hérétiques, Pierre Gruterii, Jacques, son lils et Pierre Raymond; et que dans la même maison, en compagnie de plusieurs autres personnes, elle a entendu leur prédication ou l'exposé de leur doctrine, et qu'elle en a adoré deux d'entre eux en flédiissant le genou et en leur adressant trms fois le BênêdidU à la facondes hérétivies;, et qu'elle y a vu lesdits hérétiques adorés par certaine autre personne;
Attbndu qu'une autre fus, dans une autre maison de Toulouse» elle a vu les trois susdits hérétiques et qu'elle a porté à l'un d'eux du vin blanc bouilli avec de la rue;
Attendu qu'une autre fois, dans une autre maison de Toulouse, elle a vu le susdit hérétique, Pierre Gruterii, avec plusieurs autres personnes, et qu'elle y a entendu sa prédication et sa doctrine;
Attendu qu'une autre fois, elle a vu dans la même maison, Pierre Raymond et Jacques Gruterii, hérétiques aussi susdits;
Attendu que, dans sa propre maison, elle a vu une fois Pierre Raymond, hérétique susdit ;
Attendu qu'elle a plusieurs fais nié fes fiiits précédents^ quoique jurés et établis en jugement, et ce au mépris de ses propres serments, et qu'elte a pereiâlé opinifttrtoent à nier la vérité;
Attendu qu'elle a cru qne lesdits hérétiques étaient des honnêtes gens, et qu'on pouvait être saofvé dans leur foi ta seete ;
Attendu qu'il est constant, par sa propre confession faite en jugement pardevant moi frèxt Bernard , inquisiteur susdit, an dn Seigneor 1367, le 5 des kalendes de mars, qu'elle a vu et entendu Pierre Raymond, hérétique susdit, dans la maison dfune eertaine femme qui était infirme d^mie infirmité dont elle est morte, qu'elle l'a vue et entendue, dis^Je, deux fois en deux jours avec ladite infirme, qui était afidée des hérétiques et qui mourut quatre joun après, et qu'elle l'a celé sciemment au .mépris de son propre serment; et ce
U Elle n'avoue pM mmr été héiéliy, nato &«oir été pwda, ta da^ l'Ia^tfliUaar ai lieal
pendant deui années pendant lesquelles on fa fréquemment requise, par devers justice^ de dire la pleine et entière Térité^ et que cette femme (l'inGrme] Ta prié de ne rien révéler et qu'elle le lui a promis ;
C'est pourquoi^ Attendu que^ comme il a été précédemment dit, publiquement lu et récité en langue vulgaire^ intelligiblement^ le prédit Pontius a péché dans le très-détestable crime d'hérésie un très-grand nombre de fois^ en succombant d'abord et ensuite comme récidif et relaps dans l'hérésie abjurée ;
Et que la prédite Philippa, après l'abjuration de l'hérésie» après la réconciliation qu'elle avait obtenue et la pénitence des croii et pèlerinages qu'on lui avait imposées y et après la faveur de déposer ses croix qu'on lui avait faites, comme deux chiens qui reviennent à leurs vomissements yUon contents d'ajouter de nouvelles fautes aux anciennes, n'ayant aucune crainte des jugements de Dieu et retombant en conséquence d'une erreur précédemment approuvée par eux dans une hérésie abjurée, ont manifestement prouvé qu'ils étaient de faux convertis, impénitents et incorrigibles dans un crime si* énorme , et se sont rendus indignes comme relaps de toute faveur» grâce, miséricorde et faculté d'être entendus» puisqu'il n'y a désormais plus aucune confiance à donnera leurs promesses et serments;
Nous» inquisiteur et vicaires susdits» après avoir pris conseil de beaucoup d'hommes sages et compétents» tant en droit canon qu'en drqit civil, ainsi que de plusieurs moines discrets^ en présence de Dieu» de la pureté de la foi orthodoxe» les sacro-saints Evangiles de Dieu posés devant nous» nous disons» et par une sentence consignée dans cet écrit déclarons relaps dans une hérésie abjurée les susdits Pontius Amelii et Philippa de Tunicio» en ce jour assignés personnellement» afin d'entendre eux-mêmes péremptoirement leur sentence;
Nous abandonnons les mêmes Pontius Amelii et Philippa au bras séculier ^
Cette sentence a été portée les jour et an que dessus, dans l'église cathédrale de Saint-Étienne de Toulouse» en discours public, en présence du clergé et du peuple assemblés» de la curie royale» des capitulaires de la ville et cité de Toulouse, qui ont préalablement prêté serment, comme Texige la coutume» devant le peuple et dans la forme relatée plus haut.
Assistaient à la séance» vénérables *et religieux hommes, maître Swii Fort» abbé de Lombres; maître Béranger Feda» maître Gérald de Lautrec» chanoines de Saint-Étienne de Toulouse» et maître André Fredeli» chanoine de Magaelone; maître Raynaud Sobiran, docteur es décretales; maître Bertrand de Fumelle» chanoine de Connan; maître Pierre de Pradines» chapelain majeur de Saint- Étienne de Toulouse; maître Etienne de Montlaurier» trésorier du Seigneur, évèque de Toulouse ; maître Barthélémy de Cour» tenant le sceau de la curie de Toulouse» et les frères de l'ordre des frères prêcheurs ; Amauld Jean» prieur de Prouilie; GuiUanrae de Auhams» prieur de Toulouse» prieur de Villèle» et Aymeric Martin» et maître Angon Gérald» lieutenant du sénéchal de Toulouse^ et un grand nombre de religieux des ordres de Saint-François» de Gtteaux» des
1. C*ett-èHlire à reiécotenr des hâiitei-«Bon«t. Il ne faut pas oublier que la sainte inqoititioB i inventé la mode de parier par eaphémie. De fait, la sentence de nnqdsitear prononcée, le eondamaé appartenait an bourreau, et l*antorité temporelle n'intervenait que pour aider à reiécutton.