LA FEMME DÉLAISSÉE.— GRISÉLIDIS ET PALOMBE
Je cherche dans rantiquité si, parmi les femmes trahies et délaissées, il en est une seule qui ait supporté son injure avec cette patience pleine d*humilité que je trouve au moyen âge et* dans la société moderne. Dans Tantiquité, toutes les femmes délaissées ne se vengent pas comme Médée, ou ne se tuent pas comme Didon. H y en a assurément qui se consolent, et ce doit être le plus grand nombre. Mais ne point se consoler et ne point se venger, supporter l'injure et le malheur avec une plainte modeste et soumise , s'humilier sous une main qui reste chère, tout injuste qu'elle est, et s'anéantir devant la volonté d'un époux comme devant la volonté de Dieu, quel est ce genre de vertu ou se mêlent ensemble l'amour conjugal et l'humilité chrétienne? Quel est ce genre de dévouement dont Grisélidis est le type et que l'antiquité ne semblait pas connaître? Le cœur humain n*a pas changé depuis le christianisme, mais il s'est élevé. Le cœur de la femme, par exemple, s'est élevé en voyant quel rang lui faisait le mariage chrétien. Cette élévation pouvait ne profiler qu'à l'or^ gueil ; un sentiment plus chrétien a fait que le cœur, sûr de son droit, a été en mêifae temps disposé à l'abdiquer, tempérsuit ainsi la dignité civile par l'humilité.
Perrault, dans la préface de son ccmte de Grisélidis^ dit « qu'il n'a