‹ Le Magasin de librairieChapitre 41 sur 180 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

GarméUtes et des augusUns^ qui étaient dans l'église, et moi Jacques Marquesii> notaire de TinquisitioD, qui ai transcrit reçu et signé de mon sceau.

Après cette sentence, l'auditoire commence à se retirer. Cette condamnation à mort, dont on s'entretenait beaucoup, était le principal attrait de la séance. Quelques personnes seulement restent.

Après quelques minutes d'interruption, la séance est reprise.

L'offidal appelle la cause [de Tinquisitear contre défunts sieur Guillaume Sami et dame Chicarda.

Le frère Bernard reprend la parole :

Les jour et an que dessus, nous susdits inquisiteurs et vicaires : Attendu que nous savons de science légitime, par plusieurs témoins, ;ur^ et reçus de Tinquisition ^ que Chicarda, jadis épouse de Guillaume-Dominique de Born (diocèse de Toulouse) en son domicile, c'est-à-dire en celui de son fils où elle demeurait à Born, a vu plusieurs fois, de son rivant, des hérétiques, et qu'elle les adora * plusieurs fois, et qu'elle a entendu leurs prédications et leur doctrine empestée en d'autres lieux, et qu'elle a recomnunandé leur vie (leur manière de vivre] et leur secte, et qu'elle a attiré plusieurs personnes de ses parentes à Tamour et aux croyances des hérétiques et qu'elle a commis ceci six ans auparavant; ATTENDU qu'à Tépoquo de la maladie dont eJle mourut, elle fut héré' Uquée et reçue dans la secte des hérétiques, selon le mode et le rite exécrables de l'hérésie, par les hérétiques Pierre Anterii et Ameiii, et qu'elle a reçu leurs consolations ou plutôt leurs désolations peu de jours avant celui où elle mourut, et qu'il ne nous est pas acquis qu'elle ait eu repentance de ces choses, et que cette hérétication eut lieu, il y a trois ans, pendant ce même carême, en présence de Chapnoud, (Ils de Dominique et de Guillelma, son épouse.

De même, attendu que Guillaume Isami, fils de Géraid Isarni de Villemur, dans la dernière maladie dont il est mort, a été hérétique et reçu dans la secte damnée des hérétiques par l'hérétique Jacques Anterii, selon le mode et le rite exécrables de ladite hernie, en présence et avec l'assistance de son propre père, Géraid Isami, et de sa propre mère, Guillelma, et de deux autres personnes, comme le constatent les attestations faites en justice, par serment d'eux quatre, et que ladite hérétication s'est accomplie aux approches de la fête de saint Jean-Baptiste, il y a trois ans, entre la fête de la Pentecôte et hdite fête de saint Jean-Baptiste ; après avoir cité et appelé ceux que concernait la défense de Chicarda et de Guillaume, aucun défenseur légitime ne se présentant qui veuille dire quelque chose en leur faveur; bien -plus, comme il a été renoncé expressément, par-devant l'inquisiteur susdit, à la cause et à la défense des défunts, tant par les parents de Guillaume que par le fils et héritier de ladite Chicarda, «t, d'ailleun, ayant observé Tordre de droit et pris auparavant le conseil d'hoomies sagea et instruits dans l'un et l'autre droit, tant canonique que ciril,

. 1 . L^inquitition aTstt ioTeuté U profesdon de témoin.

2. Cette adoralioa coneistait dam une sorte de saint retpectnenx par lequel les inférienri témoignaient à leurs snpéricnrs, dans rbérésîe #■ Albigeois et des Yandois, la soomission fratemeUe et j'unoor que leur iotplnil la. vertu dndits snpérieon.

aiB8i qae de pluneam religieai hommes, assignés auj^uidlnii pour entendie une sentence défînitiTe aa sujet de ce qui précède, les saero^samts Erangiles de Dieu posés devant nous, et décernant une sentence définitive dans cet éeril» nous déclarons que la prédite Ghicarda, adepte des hérétiques, est morte en état d^érésie, et nous la condamnons en qualité d'hérétique ; et nous déclare»» également que le susdit Guillaume est mort en état d'hérésie, et le condanmoiis en qualité d'hérétique ; ordonnant, qu'en témoignage de leur perdition, leurs 08 soient exhumés, si on peut les reconnaître parmi ceux des fidèles, ei bnUés hors du cimetière.

Ordonnons de même que la maison dans laquelle ladite Chicarda et la maison dans laquelle ledit Guillaume ont été hérétiques soient détruites de fond m «omdfo, de manière h ce que roue et l'autre soient inhabitables àferpé^ tuité, et que, comme elle a servi de réceptacle aui ennemb de la foi, elle devienne un réceptacle d'prdures, un lieu de puanteur fétide; frappant d'une sentence d'excommunication quiconque contredinût ou s'opposerait à l'exécutîOB du jugement.

Cette sentence est portée les jour, an et lien que dessus.

Le sieur laoques Maïquesii, notaire de l'inqHisitîoB, reçoit, aj^Re et moelle de son sceau ordinaire les sentences d-dessus.

L'official prononce la bénédiction.

L'audience est levée*

Llnquisitioù, on ie voit, faisait brâler les Tivants et las BEKurte; dk ne s'arrêtait même pas devant la tombe. Ce respect qu'ont tous les hommes pour la dépouille de leurs semblables ne l'arrêtait point. Le H. P. Lacordaire me répondra sans doute par ces explications de M. de FallDux :

«i La tolérance n'était pas connue des aèdes de foi, et le sentiment que ce mot nouTean représente ne peut être rangé parmi les yertns que dans un siècle de douter.

a Autrefois, il y avait, en immolant l'homme'endurci dans son oreur, des chances pour que cette erreur périt avec lui, et qae ks populations demenrassent dans rorthodœûe. Anjourd'iiui, le peawir qui continuerait à immoler de pareils coupables conmiettrait des actes de rigueur sans cause, parce qu'ils seraient sans bénéfice pour la société et pour l'orthodoxie. •

« Soyez tranquille^ ei rassures-^vaus ; le saog répandu ne l'était qu'avec la plus vigilante soUicitude pour tàme des coupabks, qae l'Église s'efforçait jusqu'au bout d'éclairer et de reconquérir. »

L'orthodoxie n'ayant rien à y gagner, nous voilà sans crainte du c5té de la sdnte inquisition ; on ne nous brûlera pas, parce que ce serait inutile. Les dominicains ne broient plus quandmème. C'est toiH

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