CHAPiTRE XXYIL
jours Qo {Htagrès. De ItemniicpK, de Ohaubert le Maillet , et de frère Bernard Gakbnts qui déMrait les <»daTres, nous sommes arrivés à M* 4e Falloux et au R. P* Laoardaire. Des niais enragés s'musent senis à inwquer ouverteoirat la saîate incpatsition; les iutbiles rafcandannent dans le présent, fMSor la glorifier uniquement dans le passé. Soyez tranquilles, nous dit-on, et rassurez-YOus, nous aurons les tristes yertus des sièdes de doute; nous serons tolérants. Noos brft- KoBB autref(»s les gens, paroe que la fin justifie les moyens, et que sons espérions les oonfertîr de cette iaçon, mais nous renwiçoDs à ce mojen de propagande. Désormais, plus de fagote.
Ainsi parle par la bouche de M. de Falloox la nouvdie école historique et leligi^ise dont le R. P. Lacordaire fait partie. H n'a point pem par rétéoement que les chances de convertir les hérétimies en les brûkoit à petit fem fassent aossi grandn^antrefds que M. de Falloux vealt bien le dire, et pourtant m s'ost montré assez peu disposé, même éepuis des siècles de foi, à renoncer à ce ùioyen de conversion « Luther est venn après Jean Huss; les protestants ont succédé aux Albigeois; il a £ailu corroborer la Saint-Barthélémy par les dn^oniiades. Je prends ads néanmoins des promesses de M. de Falloux et de ses amis; on ne noms brûlera ni ne nons dragonnera plus. J*ainie à GTOÎre que le R. P. Lacerdûre est de oet«vis, et je Ton félicite, mais dblàà le placer à la t^des idées Uberales, et à fe choisir comme tel en qualité de sucoeseaur de M. de TocqneviUe à T Académie française, la distaziee est grande*
LbR. p. Laeonkmrepiésentesorlont le parti catholique ultraiBontain. Haa pas celui qui, dans sa franchise quotidienne, insulte Voltaire, Rousseau, Montesquieu,tousles grands hommesdudix-huitième siècle; qui déclare hardiment qu'il faut rétablir l'inquisition, rendre la dime et les registres de l'état civil au clergé, et mettre au pilori ceux qui travaillent le dimanche , si l'on veut sauver la société ; mais ce parti habile et prudent qui pense toutes ces choses sans les dire, et qui cherche patiemment les moyens de les réaliser, en couvrant la France de sociétés religieuses, en ressuscitant les ordres monastiques, en se glissant dans toutes les institutions politiques , administratives , scientifiques, littéraires, de notre pays. Ce parti est déjà maître de l'Académie. Une coalition de vieillards qui prennent leurs rancunes pour des opinions lui en a ouvert les portes.
Laissons de côté la liberté de la pensée : en nommant un moine de Tordre des inquisiteurs, l'Académie a voté, pour ainsi dire.
i60 L'ANNÉE LITTÉRAIRE. —CHAPITRE XXVH.
contre elle-même. On compte parmi ses membres des hommes qui ont publié de grands traTaux philosophiques et historiques; il n'est pas un seul de ces travaux que le R. P. Lacordaire ne soit obligé de désapprouver et de détester en conscience. Tous se portent directement ou indirectement à la défense d'idées qu'il redoute, qu'il combat, et qu'il persécuterait s'il était le plus fort, car sa foi lui en ferait un devoir. Le R. P. Lacordaire l'a dit bien haut : « Depuis trois siècles l'histoire est falsifiée. » MM. Guizot, Thiers, Mignet, Cousin^ Yillemain, Rémusat ont baissé la tète devant ce reproche, et ont transformé en collègue leur accusateur.
Si ces messieurs ne se paraient pas d'idées chères à tous les bons esprits et à tous les cœurs généreux, on pourrait laisser le R. P. Lacordaire ou tout Autre moine s'asseoir tranquillement dans le fauteuil de M. de Tocqueville; mais que cela se fasse au nom de la liberté, c'est ce [qu'on ne peut admettre. On ne fera pas prendre le change à l'opinion publique; la liberté n'est pour rien dans l'élection d'un dominicain à l'Académie. Ce n'est point le parti libéral qui triomphe avec le R. P. Lacordaire, c'est le parti ducal et clérical. Je l'en félicite. L'Académie est pour lui une utile conquête.- Elle a un budget considérable qui pourra servir à encourager l'histoire vraie et la saine raison, la raison translumineuse. Les dons et les honneurs académiques contribuent à jeter plus d'éclat sur les œuvres des écrivains iiea pensants; le mouvement clérical puisera une nouvelle activité et prendra une nouvelle extension, grâce à l'appui de l'Académie. Le temps n'est pas loin où l'on pourra enfin décerner le prix Gobert à l'auteur d'une bonne histoire de saint Dominique ou de saint Ignace de Loyola.
TAl^ILE DELORD.
Droit de reprodiiett<» réservé*
Paris. — ImphoMnc ds F.»A. Bovuum et O*, nie Mazarine, 10.