‹ Le Magasin de librairieChapitre 43 sur 180 · PAR JULES D*HERBAUGES · texte numérisé non relu

PAR JULES D*HERBAUGES

Le TÎUage de Passay, situé à quelques lieues au sud de Nantes, sur les bords de la vaste et paisible nappe d'eau du lac de Grandlieu, est habité par une population double et distincte, dont la physionomie se détache avec un relief curieux au milieu du pays essentiellement agricole qui Tentoure. A côté d'une race amphibie qui fait de la pêche son occupation constante et sa principale ressource, on voit s'élever, depuis quelques années, une classe commerçante et active à laquelle Passay doit une prospérité qui augmente chaque jour et dont le négoce commence à prendre des proportions considérables. Pendant que les pécheurs, après avoir sillonné durant toute la nuit les eaux du lac dans leurs grands bateaux plats qu'ils nomment barges^ pour aller jeter la seine le long des côtes, passent le jour à dormir ou à se reposer à l'abri de leurs filets suspendus en festons, leurs habiles voisins viennent recueillir le prix de leur rude travail nocturne. Levés au moment où les autres se couchent, ils courent les marchés et les foires des environs, ajoutant aux poissons frais qu'ik achètent à bon marché et revendent au loin très-cher les menues denrées du pays, et surtout la volaille de Ghallans, Saint-Philbert, Hachecoul, ce qui a fait donner à ces commerçants le nom vulgairement expressif de poulaillers. Si la vie au jour le jour, l'existence alternativement dure et oisive, augmente chez les pécheurs la rudesse du type primitif, il commence, au contraire, à se dégrossir chez les cx>nmierçants, dont l'intelligence s'aiguise dans leurs rapports avec le inonde, et qui, étendant chaque jour leurs opérations, font de Passay un entrepôt de plus en plus important. Deux fois^ par semaine, à des jours

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