Tome IX. — 3i* LiTraison
rait sans postérité. Cependant il est dit dans les Assises de Jérusalem que ce le roi ne tient son royaume de personne fors Dieu ^ » 11 est vrai que les Assises ne furent rédigées, sous leur forme définitive, qu'au quatorzième siècle, à une époque de réaction contre la puissance temporelle de la papauté.
Ce fut au commencement du douzième siècle, sous le pontificat de Pascal n, que la comtesse Mathilde renouvela la donation qu'elle avait faite au saint-siége ; elle confirma cette donation par un testament dont l'original n*existe plus. Son second mari, Welf de Bavière, s'était séparé d'elle, après avoir vainement tenté de lui faire révoquer ses dispositions en faveur de FÉglise. On ne peut douter qu^elle n*ait gardé jusqu'à sa mort le gouvernement de ses États , puisqu'on la voit pendant plus de vingt ans entretenir des armées , combattre les Impériaux, et entreprendre de grands travaux dans les villes soumises à sa domination. A sa mort (24 juillet lllS], Henrr Y, qui avait détrôné son père , et qui après avoir été Fallié de l'Église en était devenu l'adversaire, ne voulut reconnaître ni la donation ni le testament de Mathilde : il envahit tout l'héritage, qu'il réclamait comme parent de la comtesse. Il vint à Rome en 1117. Uannée précédente, une sédition avait éclaté contre le pape , au milieu même des solennités pascales. Le pontife se retira au Mont-Gassin et de là à Bénévent. L'empereur mit dans son parti les consuls , les sénateurs et les principaux de la ville ; il se fit sacrer dans l'église de Saint-Pierre par l'archevêque de Prague, Maurice Bourdin, qui était auprès de lui en qualité de légat du pape. En quittant Rome , il y laissa une garnison allemande, qui repoussa les Normands que Pascal II avait appelés à son secours.
Pascal parvint cependant à rentrer dans Rome, où il mourut (1 { 1 8). Après lui Gélase II fut élu , non sans opposition de la part du parti impérial. Henri V revint lui-même en toute hâte, et opposa à Gelase un anti pape nommé sous son influence, l'archevêque de Prague, qui l'avait couronné empereur l'année précédente. Gélase , obligé de céder la place à son rival, vint chercher un asile en France et mourut à Clugny (1119). La paix ne se rétablit que sous le pontificat de Calixte n (Guy, archevêque de Vienne), qui fut salué en Italie comme un libérateur. Les peuples étaient fatigués de ces longues querelles entre le sacerdoce et l'Empire. L'antipape , à son tour, ne