I. Assises'de Jérusalem, chap. ccxx
se senth pins en sûreté dans Rome, et alla s'enfermer dans la forteresse de Sutri. Calixte parvint à Te réduire , à Taide des Normands , et le renferma dans un monastère ' •
Henri V comprit qu*il fallait en finir. Tous les princes catholiques demandaient à grands cris la pacification de TÉglise ; le concordat de Worms fût conclu le 23 septembre 1122. Cet acte se compose de deux parties : dans Tune, Fempereur Henri remet à FÉglise toute investiture par Tanneau et par la crosse ; il accorde que dans toutes les églises de ses États, les élections seront faites d'après les rèjgles canomques^ et que les prélats élus seront librement consacrés. Il s'engage en outre à rendre ou à faire rendre à TÉglise romaine les terres et les régales de saint Pierre qui lui ont été enlevées depuis le commencement de la querelle. Dans l'autre partie du concordat ,, le pape Calixte , s'adressant à l'empereur, disait : oc Je vous accorde que les élections des évèques et des abbés* du royaume teutonique se fassent en votre présence, sans violence ni simonie; de telle sorte que s'il survient qnelque différend, vous donniez votre consentement et votre protection à celui qui aura droit, suivant le jugement du métropolitain et de ses sufiragants. L'élu recevra de vous les régales par le sceptre, sauf ce qui appartient à l'Église romaine, et il remplira envers vous les devoirs qui lui sont imposés ^. » Il était impossible de terminer le débat par une transaction plus équitable. Dans la société féodale, l'évèque avait un double caractère : il était à la fois pasteur et vassal. Comme pasteur, il ne relevait que de l'autorité spirituelle; comme vassal , il avait des devoirs à remplir envers son suzerain. Le concordat de Worms avait cela d'excellent qu'il faisait taire les prétentions exagérées, qu'il rendait justice à chacun selon son droit, et qa*en réconciliant les deux pouvoirs il assurait la paix publique.
En ce qui concernait la succession de la comtesse Mathilde, Ilenri Y ne consentit point à se dessaisir des fiefs qui relevaient de l'Empire : il conserva Mantoue, Parme , le marquisat de Toscane et plusieurs autres domaines. Le territoire de Ferrare retourna à l'Église , parce qne c^était un fief pontifical, et qu'il était prouvé que l'aïeul de Mathilde, Thédald, l'avait reçu du pape Jean XŒ '.
A la mort de Henri V (1 125), l'élection de Lothaire, duc de Saxe >