I . Rex venit ante fores, jurans prius urbis honores
Post homo fit papse, sumit quo dante coronam.
(Radevic, Be Gestis Friderici I, lib. I, cap. x).
nés, ni même le pape dans ses discours. Il disait qu'il n'y avait point de salut pour les prêtres ou pour les moines qui étaient propriétaires, ni pour les évêques qui avaient des seigneuries; que tous oes biens appartenaient au prince , qui seul pouvait en disposer et ne devait les donner qu*à des laïques ; que le clergé devait vivre des dîmes et des offrandes des fidèles. Cette doctrine, appliquées TÉglise romaine, conduisait tout droit à la suppression du pouvoir temporel de la papauté. Ce fut ce qu'on appela Y hérésie politique : elle fut coor damnée, en 1139, au concile de Latran.
Arnaud fut obligé de quitter Brescia, où il avait commencé à répandre ses idées ; il repassa les Alpes et vint prêcher à Zurich. Il était armé d'une science profonde et d'une éloquence passionnée. Ses mœurs irréprochables ajoutaient encore à l'autorité de ses paroles. a Plût à Dieu, écrivait saint Bernard à l'évêque de Constance, que sa doctrine fut aussi pure que sa vie est austère !..*• C'est un homme qui ne boit ni ne mange, mais qui , comme le démon , a soif du sang des âmes Ses dents sont des armes et des flèches, et sa langue une épée tranchante ; ses discours sont plus doux que l'huile, et ce sont des traits enflammés... Trop souvent, il s'attire les puissants par la séduction de ses paroles; mais lorsqu'il aura gagné leur amitié, vous le verrez attaquer ouvertement le clergé, et, soutenu de l'autorité tyrannique des gens d'épée, s'élever même contre les évêques, et faire d'affreux ravages dans tout l'ordre ecclésiastique ' . »
Le schisme d'Anaclet avait beaucoup relâché les liens de la puissance temporelle , et l'autorité du pape était encore contestée m^e aux portes de Rome. Il fallut trois ans de guerre à Innocent II pour remettre Tibur (Tivoli) sous sa domination. Tandis que le pape était occupé à réduire les rebelles dans la campagne , les disciples d'Arnaud soulevèrent la ville contre lui. Les barons romains étaient à la tête du mouvement, qui continua après la mort d'Innocent II , sous ses successeurs Célestin II et Lucius II. Sous ce dernier pontife, en H 44, il y eut une véritable révolution dans le gouvernement de Rome. La république fut rétablie; à h place du préfet de la ville, qui était nonrnié par le pape , on créa un nouveau magistrat, élu par le peuple et portant le nom de patrice : c'était lui qui présidait le sénat, et qui était le chef de la république. Jordan , fils de Pierre de