Saint Bernard. EpisL ad episcop. ComtantifBy û^ i9o
Léon et frère de Tantipape Anaclet, fut élevé à cette suprême magistrature '• La Tille était divisée en treize quartiers : les citoyens de chaque quartier nommaient tous les ans dix électeurs, qui choisissaient les cinquante- six membres dont le sénat se composait.
Malgré cette révolution républicaine, le pape avait encore un parti puissant dans le peuple et parmi les nobles. Les Frangipani étaient à la tête de ce parti; ils s'étaient retranchés dans les monuments antiques, qui étaient devenus des forteresses, ou dans des tours qu'ils avaient construites au sein de la ville. Le sénat fit abattre ces tours, mais re^ pecta les débris de l'antiquité. Le pontife croyait aussi pouvoir OHnpter sur l'appui du roi de Sicile. Pour balancer la puissante influence de Roger, le sénat envoya une ambassade au prince qui gouvernait l'Allemagne depuis la mort de Lothaire, à Conrad III, de la maison de Souabe ou de Hohenstaufen. La maison de Saxe avait été vaincue dans la lutte électorale. C'est le moment où les noms de Gibelins et de Guelfes commencent à désigner deux partis opposés en Allemagne et en Italie. Les premiers sont partisans de la maison de Souabe et défenseurs de la domination impériale en Italie ; les seconds, amis de la maison de Saxe, sont plus favorables à l'indépendance de l'Église * et à la liberté italienne.
Les Romains écrivaient à Conrad : ce Le sénat a été rétabli par la grâce de Dieu. Constantin et Justinieu régirent glorieusement tout l'empire par la vigueur de ce sénat et par celle du peuple romam. » £n s'exprimant ainsi, les RcMnains prouvaient qu'ils ne savaient pas très-bien leur histoire ; ils confondaient bizarrement les souvenirs de la république et ceux de l'empire : au temps de Constantin et de Justinien , il y avait longtjsmps que le sénat avait perdu sa vigueur. « Nous voulons, ajoutaient les Romains, vous rendre tous les honneurs qui vous appartiennent et qui vous ont été ravis..... Nous nous sommes rendus maîtres des tours, des forteresses et des mai^ns des seigneurs, qui, de concert avec le Sicilien et le pape, se préparaient à résister à votre empire.*.. Que votre puissance impériale vienne donc résider dans nos murs ; elle y régnera plus librement que la plupart de ses devanciers sur toute Tltalie et sur toute l'Allemagne, sans qu'elle ait à éprouver aucune résistance de l'autorité spirituelle, d La lettre se terminait par ces paroles : a Que l'empereur obtienne ce qui