‹ Le Magasin de librairieChapitre 74 sur 180 · Tome IZ. — 34* liTr&itoo · texte numérisé non relu

Tome IZ. — 34* liTr&itoo

15« DU VRAI CRirBRlUM

pourmz par&itement rsUmrner.la proposkion-eLdire : Le àim ni ce quil faut faire.

\JM SAVJJIT*

«Je n'aoeorde pas cela. Ne saTee^^vous pas. anari bieo q«e moi i|Be h morale exprimée par oe8;iBDte : // faut fnire^ est à la ootscm du l»en oe qu'est la'eonséquenee au principe* Dcmc rattiibutfi'€Ét pBs.hipipMment coateoa dans la notion dusojeL

LE UÉTATOTUaWi,

t «YnÉie observation est tiKbe. 'liais'yottggieîpMggpas^gardB.'yi'tUc n'infirme en rien mon analyse. De deux tboaes l'nne, en effet :.oir.«iU déterminez. l'attribut, la notion dn bsen, ou tous le laisses îésbb k imgae. Dans le demter cas, l'attribut Ae. 'Contient rien de pios qnele sillet, et la proposition est éridemment analytique^ .dans, le premier, l'attribut exprime quelque chose4de.phis,:inaîs.oe.quelqae',chiiie£É ua élément emprunté à r^xpérience^ et la pf«|i(iEtion;«st eyaAétiftt.

LE .SlTiOTT.

« Le. dilemme' me parait en effet rigooreuz. :»

J'accorde bien 'ceci ià M. Vadberot: silVKi liéfinit dUiordie^lies ce qu'il laut taire, et qu'on ^ajonte :'Il'<rat fareileibien, il n'y a là quhme proposition identiqiie, Téductibleà la foroNife A;=^. M» qvand je dis : J'appelle .fin mnvisvBclle ia^Téalisalûmia plus «empiète possible dessus de tous ksrâtMSyCC <{u&}'ajiiiile:.il fasil«oBlnhMrli la.fin uiMVcnpselle, jcrénnis deux;iéées qui.jie sont onUemseitf UtOf tîqaes. A cela, M. Vaduerot peut répondre .deux choses, .fi^absni il peut dire «que ce ntet.pas là; on axiome: jeileJai (a0eorde,^si Ite ^Qtend par axâcHneame' 'vérité qui, formulée d'imemaniére .abstiiile, s'impose à l'esprit par une évidence immédiate; abirs le priaoipeii'eit pas un axiome, pas pbis que le principe d'iàdoction, qui .nens fût croire à la opostance* et à la régularité des lois lie la aaature. Mais Isns deux n'en sont pas* moins* des vérités à priori^ des lois de smÉre intdii;ence, stinmlas^s d'un grand mouvement inleUectasl, Jitaaes logiques d'un graoïd ixombre de jugements. Mais rexistenoe>de-€e priadpt* même sous cette fiorme, M. Vacherot peut ia. nier, et 6'est mààt' liant qu'après L'avoir affirmée, il nous Jmi^ cherdwr le nM9y«n:de.b démontrer.

Pourtant, avant d'entrer dans, cette démonstmikm, ja croîs dsssir préciser les, conséquences de la doctrine en qnesti4B4QL, si eUe^stadtaétf. Du moment où la formule du devioir est aelle««î : cefiiribuer te plus efficacement que l'on peut à la réalisation de la fin universelle, il <& résulte en morale un critérium bien précis : étant données, dans une circonstance quelconque» plusieurs manières possibles d'agir, préférer

etUe^qm dent le plus» <cDirtri]»ner à.lajcital»atkm de?ia^Q:wifWBe]te, qtà doit . âtre ia plus «taiDEable au biea fptaéral. lies iMStioM doifeoÉ daBCÉtoeafqporéciénd^ràs iom» ooméqwnGeB plus*0ii:TaaiD8iitik«9 nmt ptswi .bien ide ioelui*qai afiUiaa» au-Wanv^énôral*

Velle »n'eBt pouotant pas la fonaule «basée piff .^raffiroy^ Apiés apfoir ^posé «n -principe qne la iÛA .inâveraelle eiHfc l'objet «aaevlidliiiii devoir, il remat eB. quelque isetrte «sr «es pas : •«<3iaqiie/Alire, 4îttil,a oae fin; c^eat en aoeoDE^Iîeaaiit.Qcftte fin qa'il peut contribuer. à ia rëidîsatîen 'de la ftu uolYeraelle. » BMi il vésulte que la for mule .^^é-* ntedes devein 4e ^I^onHne eet'OéHeHttiaooomplir sa fin; et que, aor uneqnaslioiiqudieo&queidenaeale, uetts^denF^ns, poor«on»pffeiioocar euÉreideuK maulAres d'agir, exaaiueriqDeHe «et;oâHe qui est coufeisiRe i la fin de rbomme. -Tel est le eriAerimu ^'il(eû(t:appliqiié, sHl#e^ iifmmémsiComrsdedrmt'n0tuT^ partalbéorieprftliquerdesjdevoii». VositSD vegretlant» autant que peF80fme,.quetriUtt9tjretiriûloaû|die;idi laias6aoBœavie.iDache^ôe, tout'ConTaîiiCuqQejettHequ'flinlel'esprity même égaré par une fausse méthode, ne pouyaitiiuanquer >d;attaiÂdf^ flmment .A des idées neuves ^t profondes^ îe ae puîe m'eiBpôober ide • tramer eette forauile knpdréeise et stérile : car, qu'«9tHse^etii0tfe fim, suivant. Joufi&oy lui-même? La satîsfaoU«Q ta plus. grande poasîble de «os rinsliiicts; JDemander ai ^une action ^est «confonne k notre ifin^ c'est demander si eUe contribue. à la ^eadisfiietien la plos^ande possiMe^-nos nstinc^. Bstrce à dire que Jouffroy tombe dans la morale égciisie? il eAt ôrâlé ce piège grossier, j'en ws coumncu, «t cela, «n plaçant au premier rang de noa instinctflvrinatînet du deToîr. Abis-cei ÎMÉîniA, q«el an est l'objet? •«- La fin universelle. «^ Et cette âa, coannmit y oontribner? «^ En réalkani notne pnq^re fin. On le voit, noua tonnions :daas un cercle TÎeieux auquel je < ne vois pas logiquement d'issue, jouffroy noua dit que pour connallre ia fln.de 1-bemme, il &ut l^étedier daasiscm dévBL(q>pettient bistorjfpie et dans aa nature intime. Toilà.des indications Imcu vagues. Prenons une question de monale; cette^.par exemple..: En général, mon, droit étant .violé, m'est^il piermia de. me iaire justice àjmoi*m6me?«^P4Mir. nous, ils'agitd.'ei^amipier s'il est confom» au bien général^ lequel se restreint, en tce cas, au bteonide la aaciété dans laquelle je vis, que je puisse me faire directement fustica, on q^ je doive en appeler k la force soaiale. JSi il se piiéseale alors des considérations .pcatiquee, précises, que j^ n'ai pas besoin d'énumérer ici, paur faife :préférer la seconde solution, aauf des exœ^ttions déterminées. Pour Jouffroy, il s'agira de savoir lequel est le plus conforme à la fin de l'homme. Quand on se pose ainsi la question, est-elle en vérité plus avancée que lorsqu'on se demandait ; Lequel doit être? Lequel est le bien?

260 DU YRÂI CRITERIUM

• Je crois en avoir assez dit pour faire ressortir ce qu'il y a de vagoe et de stérile dans cette formule. Mais je ne puis m'empécher de nàke remarquer encore qu'elle ne résulte pas logiquement, à mon avis,, des prémisses posées par Jouifroy. Quel est, en effet, son premier principe? c'est que nous devons contribuer à la réalisation la plus complète possible de la fin universelle; et c'est de là qu'il part pour conclure qae nous ne devons songer qu'à réaliser notre propre fin. Ainsi j'aperçois un homme qui se noie. Au péril de ma vie, je lui porte secours, et je le sauve. Ai-je bien fait?— Oui, répond Jouffroy.— Pourquoi?-^ Parée que j'ai contribué à la réalisation de la fin universelle.— HaiscoDunent? croyez-vous que ce soit parce que j'ai sauvé un homme de la mort, le mal suprême pour tout être vivant, parce que j'ai sauvé, en préservant sa vie, un des éléments du bien universel? Non, c'est parce que j'ai fait un acte conforme à ma propre fin. Rien n'est plus singulier que cette manière de raisonner, et il me semble évident que, les prémisses de Jouffroy une fois admises, ce n'est pas son critérium moral qui en résulte, mais le mien •

' ' Il est vrai que Jouffroy considère le sien comme un axiome. C'est un axiome que la fin universelle est le bien absolu, l'objet essentiel éa devoir; c'est un axiome également que chaque être libre doit y contribuer en réalisant sa propre fin : « Je vous le demander messieurs, e$t4l vrai ou n est-il pas vrai; sentez-vous qu'il y ait ou non équatioa absolue entre ces deux choses, la fin d'un être et son véritable bien? N'est-ce pas une chose évidente que tout être a une fin? Quelle est cette fia? c'est son bien, son véritable bien, et par conséquent son devoir. » Et plus loin : « Je dis que les propositions suivantes : j'ai une fin, et celle fin est mon bien; tout être a une fin, et pour tout être l'accomplissement de sa fin est son véritable bien ; le tout a une fin, et cette fin est le bien absolu; je dis que pour tout être raisonnable, pour toute raison, ces propositions suffisent. Si elles sont évidentes, il s'ensuit que l'obligation s'attache à la traduction qu'elles expriment et qu'elles donnent au mot bien; que ce que je dois faire, c'est d'aller à ma fin ; que ce que doit faire tout être intelligent et libre, c'est d'y aller; qu'en y allant, non-seulement cet être intelligent et libre, et moi, nous ferons ce que nous devons, nous irons à notre bien, mais encore nous contribuerons à la réalisation du bien absolu , qui nous apparaît comme composé de l'accomplissement de toutes les fins particulières de tous les êtres qui composent la création*. »

Ceci nous ramène précbément à la question dont cette digression nous avait un instant écartés , la question de savoir comment dém(Ni*

1» Court de droit naturel» Édition Hacliette, 1868 ; tome II, pages S 13-3 14.

irer l'existence à priarij dans l'homme, da principe que nous donnons

comme base de tout jugement moral, d'accord, au moins en ce point,

aTec Jouffroy. Lui, le présente comme un axiome dont l'évidence doit

frapper tous les esprits. Pour nous, c'est bien un principe d priori ^

mais non un axiome évident sous sa forme abstraite; par conséquent il

a besoin d'être démontré,*et ne peut l'être que d'une seule manière : en

prouvant qu'U rend compte de tous nos jugements moraux; que tous ,

lorsqu'on veut les formuler d'une manière analytique et les asseoir

sur leur base vraiment logique, sont la conclusion d'un syllogisme

dont la majeure est le principe en question , et la mineure toutes les

considérations d'expérience tendant à démontrer que l'acte dont il

a'agit contribuera ou nuira au bien généM. Pourtant, au fond de cette

prétendue évidence qu'invoque Jouffroy, peut-être y a-t-il quelque

vérité. L'homme n'ignore jamais complètement ce qui se passe en lui.

n en a une vue confuse, mais le plus souvent exacte, et, quand on lui

en présente le tableau vrai et complet, il y a quelque chance qu'il s'y

reconnaisse. C'est ce que fait Jouffiroy, et le principe premier qu'il

assigne à tout jugement moral présentera, je crois, pour la plupart

des esprits non prévenus, un caractère, sinon d'évidence, sinon même

de certitude , du moins de vraisemblance. Le simple bon sens ne voit

guère quel pourrait être l'objet de la vertu si ce n'est le bien de tous,

et il lui semblerait difficile de concevoir que, dans un cas quelconque,

on pût ainsi raisonner : voilà ce qui est utile au bien général, et

cependant je dois faire le contraire. Au surplus , ceci n'est qu'une

réflexion incidente, une présomption de l'ordre le plus vulgaire, il

s'agit d'en venir à une démonstration scientifique.

Cette démonstration consisterait à prendre un certain nombre de questions, et à faire voir : i^ que la méthode que nous proposons aboutit, par des déductions logiques , à les résoudre d'une manière conforme au sens commun et justifiée par l'expérience ; •— â** que les opinions actuellement divergentes reposent également sur le même principe, mais s'égarent par une vue inexacte de ce qui, en &it, peut le mieux contribuer ou nuire au bien général; — 3** enfin que si, à diverses époques et en divers lieux, les doctrines morales les plus opposées ont joui d'une égale autorité, cela s'explique, toujours en partant du même principe, soit par une appréciation différente de ce point de lait, l'utilité générale; soit par la diversité des climats, des civilisations , en un mot de toutes les influences physiques et morales, diversité qui, en respectant la forme de la morale, eu change la matière , et doit, à la même question posée de la même . manière , nécessiter une autre réponse.

Tel est le programme que nous aurions à remplir pour prouver.

262 DU VRAfr €RITER1UH

m^smt tat BiéliiiNl» ipà noas^paialt seul»^ démoiiBiralive , puen i|ms, «Mle^ cdle esteonfonne à la bgiqoe naInreUede l^csprit hnrmi^ y la térifs^ div pribicipe motat que aoo» avoflS' émncé. et du oritemiik fw iio«»e]f dîd«ii8oas.Haûr, soimatlie ptan^cpie Bous^noqs maxamfUmel^ datt^cetMviraily catlilBi démonstniloa semQ à peîael»inBmée,.9aB;B0K snrioiiffk abonder ausiiitôir bu diseaMOtt d^tut aatos qratèmer 9Hbpi»p0s€ tui^ prt«eip6 et m mtemundifféveDl», et notane: rfftifaÉie» om- Mtefaiir à prendre? d« Aoovesa uo^ «ertMi iMiaèrd de queaiÎMfe moKmtoss àr y appliquer ekami» des deHccaritiBiknBEksv e* de démontiser qtie-ni^^iiôM:96iil.pMt^b(Nidr;^p^ «b^cmh

dhtoiônik)^quir et loifiiiitiablA Gecî c&fvabiefaikr ^^ ^ ctanqoil,. dts ]^|(étifi(Hi»iDittLeSy' poisiqaeÇ sur diaqi»; qwestion, noire démomlAtitttt devuait étve pr^senlée deus fais'; la premièDe^ pear ingtiftafr k nériié de notve système';^^ lif secoadev pour céfatto le-> 9prtèiQ» ooitraire.- No» préférofiff nâtœiF eesdevoc pairties eik use seule; et» sur piusieur» qnestleoB norales ^ mettce aiux pirtses tes dcuti deetniws, tt Tévifier>^ do mtaMr eoup^. la; véràté: de^ lai nôlire et riosuffisaiiee. de h doc^râie cootraipe*'

Cette decërine-, qtietter esfe^le? Noos peatseu, noua, fs» la m!ôaii\j^ d'une action ^ dépend) des résiftlitalBi ({ufelle produit, réndtÉte emrfbnnes ou cootnaires m biea génômli, et qv'eile est conelalëeper im travail d^obseinsatîOQ. et de vaiseiuiMfteat;; tm^l obecur, 'fedteBÉ, mstioctif daiisf presqoe toutes les^Diellâgence?^ mai» enfin tBasvaii-d'obsèrtation: el de déduction^ IlUe {wéiend,, au coalratre) qtfe 1» manUté des adiHHisc est iadépeadlaale de leisrs résulMs utiles ou antiàUes. que c'est une qualM. absokDe^ûr^^li^tiiUey et qu'elle es6 immédîaiement révélée' par une foeadtè intuitive , la- conscience Baeiale*

Tel eal Itf principe essentiel de ce sr^stèflue. Quani aux déiailft,< il petti varier de diverses^ madièrea entre les deua termes suivant» :,

D'une part y oft pent soutenir que, sur ohaïqjiiie (foestion paiticolière qu&k féflejiion: oa* 1» pratique delà vie peuvent soulever dans notre espvit i«l3tivemeat à notre devoiar, dansv ahàep» circonalance oà se pose an: pro^hSèaie moraif, ia canseiettce noue dîi^e ioiitiédtateiaeat une réponse; que^ pavcoaséqaeat^. aucune place n/est laissée mt

1. n va sans dire que nom entendons ce mot dans lé sens gâiénl, al>8&«il, qn^ attache le moraliste, quand il se demandé : Tel acte est-il, en théorie, bon on mMmfHàt Dans la pratique, et lorsqu'il 8*agit de juger si, dâins telle circoUBiance, fd fiottiiie a fia acte dte moralité ou d'immoralité, sll a mérité on démérité, if n'y c qu'haï cime à considérer : a-t-il fait ce qu'il croyait être son devoir? Si oui, il m néiW^ MB fùt-elle en réalité immorale et nuisible? Sinon, il«'déinéMlé,.eat4lMMki àla^i à la morale m. slenalé service.

EN' MORALE. ttZ

aoonemeDt'M mmle* (Tast av fcmé Tiëéeqm:» iospiné le système du Mw>fMfftt^^ le sjEBtteie de Shafteabufjr ettflEutcbesott* Joufflf'oy a fait reffiartîrr«vee iia^rare sagaehéf d'oDa^partf* rintoence qu'ont eue sar 6fiA pUosophea les préjugés de leur éeole^ pour* les -> déterminer- k ctereiieF.laTàglé do devoir ailleurs que dans la raison:; de Tautre^ les ▼iees radicaiis'de cesyetèBSie et de^too» edux;^»» demandent à la sen* aiJiiStéi ucr pnneipe moral, en preimèro' ligne le manque d'autorité et d'inâiretsalité^ Aujourd'hui» le procès est jugéy et je suis coUTaînea que, s'il revenait à la vie, Hutcheson lui-môme n'hésiterait pas k abimdeiiiier sft deetrine^ mais il se rattachenàt'à l'idée première qui l'a; vraiment inspirée, et qui luiat sunréctt.«omme' le mot qui Pexprimej Ce?^ses%s,m9paè\ qu'il ne >tioinrevait''p»> dansla sensiMilé^, il le demandtvaitth kt raisoBv et' il easeignevatt quelar cMiseieBee nom révèle immédîatemeiiit, dan»: chaque dreonstance donnée^ e» que nous deves» Mve; doetrine qui^ sous sa formelaplua précise, revient à receoBnltre dans l'esprit autant de jugements mooauaL-à jortori qu'il pHenly arvoîr*. de caarOJL Thomme ait à se poser cette question : Que doîs^effeirer'

Cette première fonnesoasi laquelle nous venons de présenter» le sys» tèfiie>^^ noue avons à combattre nous paraît, sans contredit, la plus ICKgique, ei; celle q»ilui donne- le mieux l 'apparence d^tme* doctrine pbîk>âopUiq«e«' Mais cette multiplicité indéfi'nie de principes- à priûri a quelque obdse de- si -étrange, et l'on aperçoit si vite-ce qu'elle a d'iVcoiMÂMable »rec la- dirersiité de» mœurs et des doctrines de morale pvaAiquev qu^ est tenté d^ la restreindre en adieptant m» terme UHiyeih fi'ecmsiste à admettre que beancoup de questions secondasiree 8€Bt laissées eu morale à. la discussion, à l'is^périence , à l'observa^ tÎM»; Miis qui'elles doivent être résolues par l'application d'un certain Bombve de principes qui se trouvent, à priori^ dans l'esprit humain. Dans celte catégorie on range généralement, d'une part quelques termes généraux dont on ne donne aucune définition précise et pra-* tifoe, comxat'l^ justice j la charité, la ^«m/>erance; dé l'autre, quelques règieede morale pratique, comme par exemple c^le-ci :Ne tue point; ne voie points sois reconnaissant envers ton bienfaiteur; aime ta fànarille et ta pairie; en uu mot^ une» sorte de décalogue nature), cem* posé de préceptes" assez incontestables ou assez profondément ancrés pan Pédàcalion dans tous les esprits, pour qu'on puisse, avec toute appeirence de bou sens; les présenter comme des axiomes. Malheureusement, comme l'avoue Reid avec une singulière naïveté, le nombre et lé choix de ces prétendus axiomes^ est à peu près arbitraire. Aussi lès philosophes ou les publidistes qui les admettent n'essayent même pas dé s'entendre à cet égard, et ont soin de ne soulever sur ce point

aucune discussion scandaleuse. Us ne se préoccupent pas davantage de déduire de chacun d'eux toutes les vérités morales qu'il contient; seulement, lorsqu'une question de morale est soulevée, ils savent, pour les besoins de leur cause , invoquer un principe prétendu évident et emportent ainsi d'autorité la solution principale, en laissant à l'expérience et aux considérations pratiques d'utilité générale le soin d'y apporter les développements et les restrictions que nécessite l'application , et de terminer l'œuvre commencée en auxiliaires utiles el dévoués.

Nous venons d'exposer deux formes diverses d'un système unique, plus distinctes l'une de l'autre en apparence, et dans leur formule, qu'elles ne le sont en réalité, et dans leur application. Au^ond» tontes deux s'accordent à nier que la moralité des actions dépend de leurs résultats bons ou mauvais, et par suite à annuler, ou du moins à res^ treindre énormément le rôle de l'observation et du raisonn^nent en morale, et à lui ôter ainsi le caractère d'une science, c'est-à-dire d'un iensemble de vérités découvertes par un procédé particulier, et reliées ;les unes aux autres par une déduction rigoureuse. On peut donc afBr-

^mer qu'elles ne forment en réalité qu'un seul système.

'Ce système est de nature à flatter les préjugés du bon sens tuI-

. gaire, car chacun y retrouve l'image assez exacte de ses propres impres-

. sions. La forme vague et confuse sous laquelle se produisent les jugements moraux laisse dans l'ombre le travail instinctif de raisonnement qui les précède, et, comme l'a fort bien dit Jouffroy dans un passage que nous avons déjà cité, leur donne l'apparence des révélations d*un

. sens particulier. En général, d'ailleurs, il est facile de le remarquer, toute étude psychologique qui ne se borne pas à la constatation banale des phénomènes apparents à la conscience, qui remonte, par l'analyse, à leur principe, qui, sous cette enveloppe grossière, découvre, i l'état latent, toutes les finesses du travail intellectuel, fait sur le vulgaire l'effet d'un paradoxe et d'une vaine subtilité. C'est Tune des causes du discrédit de l'idéologie. Quelque progrès que puisse faire la psychologie, celui qui viendra dire au vulgaire : Je m'adresse au bon sens de tous : n'est-il pas vrai que vous trouvez évident, que vous sentez en vous-mêmes qu'il ne faut pas tuer son semblable, le voler, le tromper, qu'il faut être reconnaissant envers son bienfaiteur? Ne sont-ce pas là autant d'axiomes au-dessus de tout examen? Lorsque, dans la vie, vous vous trouvez placés entre deux manières d'agir, ne sentez-vous pas quelque chose qui vous dit qu'il faut préférer l'une à l'autre? £h bieni ce quelque chose, c'est la conscience, c'est rin&illible instinct du bien et du mal, etc ; celui qui tiendra ce langage est

.certain d'être applaudi; et si, après lui, quelqu'un prend la parole pour

venir, par des raisonnements arides et compliqués, à Taide de définitions et de divisions subtiles, par une méthode laborieuse et défiante, établir qu'il en est tout autrement, que chacun ne sait de ce qui se passe en lui que le plus gros et le plus superficiel ; s'il essaye spécialement de démontrer que, lorsqu'un homme recule devant Tidée d'assassiner un autre homme, c'est en vertu d'un raisonnement fondé sur des idées très-abstraites : il ne sera pas écouté ; et si, par miracle, il pouvait Tôtre, son opinion serait considérée comme une extravagance impertinente. Le bon sens vulgaire trouve dans la doctrine de la morale d priori un cachet de vraisemblance qui le séduit; il ne se préoccupe pas de savoir si elle présente un caractère vraiment scientifique, si elle est fondée sur une analyse rigoureuse des idées et des sentiments moraux; tout cela lui est étranger; il n'a pas môme à se demander si, dans la pratique, elle fournit un critérium précis et exact ; le jour où, sur une question donnée, elle lui paraîtrait insuffisante, il n'hésiterait pas à l'abandonner pour avoir instinctivement recours à un autre mode de raisonnement. U n'y a donc pas lieu de s'étonner de la faveur presque universelle dont jouit, auprès du public non philosophe, un système qui flatte toutes ses habitudes intellectuelles.

Ce qui peut paraître d'abord plus singulier, c'est qu'il ait obtenu un succès presque aussi général dans la philosophie moderne. J'écarte d'abord la philosophie allemande, dont je dirai plus loin quelques mots, et je m'attache exclusivement à l'école écossaise et à l'école éclectique.

D'abord l'école écossaise.

Reid, dans ses Essais sur les facultés actives de thommcy arrive à parler de ce qu'il appelle le sens du devoir, et s'exprime ainsi : « Nul doute que la dénomination de sens moral ne soit analogique, et qu'elle n'ait été empruntée aux sens externes; mais quand on connaît bien les fonctions des sens, cette analogie ne parait point chimérique, et je ne vois aucun motif de s'offenser, comme on l'a fait, de cette exprès* sion *.» — «Notre faculté morale est, sans doute, d'un rang fort supérieur à toute autre faculté de l'âme; mais, entre elle et les sens extérieurs, il y a cett^ analogie frappante, que les sens ne nous donnent pas seulement les notions primitives des diverses qualités des corps, mais qu'ils nous inspirent encore tous les jugements primitifs que nous portons sur la propriété de tel ou tel corps. déterminé, et que, pareillement, la faculté morale ne nous donne pas seulement les idées primitives du juste et de l'injuste, mais qu'elle nous suggère encore tous les Jugements particuliers que nous portons sur la justice et Vinjustice de

1. Reld, Oi?ttvre« comp/ère«. Trad. Jouffroy, 1829; tome VI, page 153.

sire DU VRAI CRITERIUM

telie^Ktim^mr le mériUeiltdémérife'dB têl<m tel earaetkre^» Il st» Uêianiipae&Btté eatpaitiBan déotaréda mm mêrat^.ieUiioumum intvÉke dans %9m!»htsiyBgtmeiaia^moTmmSj mdnieièa pluiL>ptEkkiiiiai; raajsnÈL regriesir presque aosnlôt bï la doctEtne^qui n'admd^ «bm iamaiédkleniCBt' énimt» ea. morale, qB'un oedaÎB* numbre de p» miaR-parincipea^: rLes métaHés attestées- par' teascorextémtuBsart les. pvenîers.- piiîicipes cH^srè» lesçiel» nous eofinaisBoas Irmoft HBlémlv et d'où; znhh> dédoiat»» toute la conneissanoe physiqae:fai véritif' mamédiaiement rwdée» par' In- faindté morale mnt. de mm h piyemtsrr frimàpet^ de tmn rws rmsmneimntp merauxj et la eewrceié décemietamtecûmmiuaate mermlts^ »

Dbhb le -cfaapîferei I^ in • cimfuièuwg^BSBsai-', . il essaye" d'eo - ddimer w ânnaéBatioit; Il ait» notamneat des'ipsiiicip^s eommeeevis^ci :

Noue dmross préférer tus plus grand bieir) flM^il^ éloignera woaiidfBt- et un. moindre mai à im' plto graad..

Nèua-: dsEFOosi noua conformer^ dBng> notre- oewduitey aai rèj^ir* oatre naluFe^ tdleaqu^ell^ seTéftientdsns^ notre coosiittilioBé

Toivt homme doit se considéveit oommeiu» membre de* la gmà société humaine, eC des soeiété&scdsordonBées'aoxqueUea HapyarticÉ plua purticoUôrement; tettes* qor sa* patrie, sa provîiice, le.eerdade se», anâs. et à& sa famille, et faire le plus de Uën et le moins 4t ml po»ibte.à'ees différentes sociétés.

Ifous de?0Bs agirenyors autrui de la radme^manièreque nous jagsom qu'il deyrait agir enyers nous.

Quiconque croit à Dieu doit Thonorer et Itri oiiéir.

La gén^roaité doit cédier à la recoanaissanee, et ttmtes deari b jastiee«

lia- bJenflLisanee* asvem oeur qui soaCEIpeiit' doit' te eéder if la cobk passion e&yers ceux qui souffrent.

Les bonnes œnyret doiyent passer ayant la prière;

On le yoit, Reid se renferme dans- des' généralités qui le conpn* mettent- peu; une certaine justesse de yue psychologique rareftXdB ridicnié qu'il encMiraità ériger en axionnesdes-yéritéa trop ianDéif' tement pratiquer. Bfeisces premiërs'prineipes n'en ont pas narisslc tort d'Mreohoisis arbitrairement, et Reid Ilsyoue lui-même en <fiM qu'il sef contente « dp signaler dans ce cbaq»itre quelques-uns des^pi^ miers principe» de la morale, sans préttod^e en dbnner^une éman^ ration eomplète.» D'ailleurs, il ne pense pas que, ces prineipeaposJSi<>*

J. Reid'i Œuvres complUtetf tome VI, page 164.

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