‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 135 sur 314 · UN AMI DES CHAMPS · texte numérisé non relu

UN AMI DES CHAMPS

Il accourait dans nos prairies sitôt que le printemps était de retouf : comme l'herbe il semblait renaître , et comme la fleur s'épanouir ; et voici qu'avril ne l'a point ramené dans nos campagnes.

On le voyait assis au sommet de la colline, sous un chêne à peine feuille ; de là il admirait le lever et le coucher du soleil , dont il suivait d'un œil attentif les premiers et le^ derniers rayons ; mais nul ne l'a encore aperçu sous son arbre favori.

Il visitait la chaumière de l'indigence durant ses longues promenades ; l'espoir et la consolation y pénétraient avec lui, car il ouvrait en même temps son cœur et sa main au malheureux.

Ému d'admiration au spectacle de la nature rajeunie, sa prière s'élevait vers le ciel ; mais l'agriculteur n'en entend plus le murmure pieux. /

Ah ! puisque avril ne l'a point ramené dans nos campagnes ou au sommet du coteau, puisque le pauvre attend vainement sa visite charitable , puisque son hymne d'adoration ne s'élèv^ plus dans les deux, hélas ! c'est qu'il y est monté lui-même, et que l'ami des champs n'est plus. (*)

(*) J. Pelit-Scnn.

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