J.A FONTAINE DU LUXEMBOURG
La Fontaine du Luxembourg. ^ Dessin de Tbérond.
Parmi les souvenirs que laisse le jardin du Luxembourg à ceux qui, tout enfants, jotiérent dans ses allées, au bord de son bassin ou sous ses marronniers et ses platanes, le plus frais et le plus charmant peut-être est pour la grande fontaine à trois niches ^ui regarde le côté oriental du palais. Qui n*a fouetté prés d'elle le sabot agile qu'un poëte illustre nommait volubile buxum? Qui ne s'est plu à descendre, moitié glissant, moitié courant, la pente rapide qui joignait la terrasse ù la courte avenue inférieure? Quelquefois môme , altérés , échaufiës par le jeu , nous trempions imprudemment dans l'eau toujours agitée par sa chute continue nos fronts, nos mains et nos lèvres.
Depuis les temps déjà lointains où celte fontaine prenait part à nos jeunes divertissements, la pente ouverte a été fermée et changée en pelouse ; l'allée basse, interdite maintenant au public, est devenue un élégant tapis vert que bordent des guirlandes de glycine attachées aux grands arbres; c'est* là que vivent heureux quelques cygnes privilégiés. Un petit bassin s'ouvre dans l'herbe vers le bout le plus éloigné de la fontaine; c'est un vivier où les hôtes de l'étroit vallon trouvent toujours de petits poissons à la chair délicate. De branche en branche volent et se poursuivent des ramiers hardis qui se sentent là chez eux ; conliants dans la petite grille qcr enjamberait un enfant et que nul ne franchit, ils viennent becqueter les miettes de pain jetées par les désœuvrés. L'air est plein de roucoulements et les cygnes seuls ne chantent pas.
Rien ne s'associe mieux que cette verdure, ces oiseaux, et les statues mythologiques qui décorent l'édifice et président à la fontaine. Les cygnes, dont le gazon rehausse la