‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 142 sur 314 · OLIVIER GOLDSMITH · texte numérisé non relu

OLIVIER GOLDSMITH

Voy. la Vie d'Olivier GoWsinith, l. XXI, 1853, p. 177, 305, 390, 398.

Statue d*01ivier Goldsmith , par J.-H. Foley.

Celle statue est en bronze : on la voit aujourd'hui, dans la grande galerie des peintures, au palais de VExposition universelle de Londres. Avant la fin de Tannée , on la transportera devant' la façade du collège de la Trinité, à Dublin. Quelques-uns de nos lecteurs se rappellent sans doute que Goldsmith était né à Pallas, petit village d'Irlande. Son père, le révérend Charles Goldsmith, avait h peine an revenu annuel de 40 livres (1 000 francs). Le pauvre Olivier entra, le il juin 1745, au collège de la

Ton» XXX. - Juin 1862.

Trinité, dans l'humble condition des «sizars», quon admettait par chanté, et qui n'étaient, à vrai dire, que les serviteurs des élèves ordinaires. Timide, lent, gauche, boudeur, il servait de jouet à ses camarades : on Taccablait de surnoms ridicules, souvent on le maltraitait ; il cherchait la solitude : « Pour se consoler, il rêvait et jouait de la flûte. » Un temps vint où, son père étant mort, le malheureux « sizar », dédaigné , oublié, privé de tout, honteux dans ses vêtements usés, arriva à ressembler

moios aux « sizars « eux-mêmes qu'à un mendiant qui se serait glissé furtivement parmi eux pour solliciter leur pitié. Il sprtit enfin, le 27 février 1749, avec un diplôme de bachelier es arts, mais obscur et sans laisser derrière lui aucun regret. Or, maintenant, en 1862, après. plus d*un siècle, voici que deux mille de ses concitoyens, émus de sa mémoire, lui élèvent, à leurs frais, devant ce môme collège où il eut tant à souffrir, une statue qu'aucun passant ne regardera sans un sentiment de sympathie et de reconnaissance. Pour nous autres Français, Olivier Goldsmith n'est que l'auteur du Vicaire de Wakefleld; encore n'est-ce guère un titre à l'estime qu'aux yeux d'un petit nombre d'hommes de goût Combien, aujourd'hui, ce vieux petit livre si simple, si candide, doit paraître fade aux lecteurs qui ont eu le malheur de s'habituer à tous les longs romans à la mode, sans vérité, sans sincérité, tissus d'aventures horribles, propres seulement à pervertir le goût, à enfiévrer l'imagination et à fausser le jt^ment! Les Anglais honorent Goldsmith à la fois comme poêle, moraliste et historien. Nous avons cité ses principaux écrits : le Village abandonné, le Citoyen du monde, le Bonhomme, les abrégés de \ Histoire grecque,, àe V Histoire romaine; mais surtout nous avons raconté sa vie avec détails ; sans dissimuler ses défauts , nous avons eu plaisir à faire ressortir ses qualités. Ses livres valaient mieux peut-être que son Ciiractére ; mais dans son carac-< tère même le bien l'emportait de beaucoup sur le mal.

— Nos réflexions indiquent ce que nous voudrions être. Notre conduite fait voir ce que nous sommes.

— Le bonheur est une coupe qu'il faut vider lentement, afin de ne pas remuer la lie qui est au fond.

— Celui qui ne veut plus rendre service parce qu'il a rencontré trop d'ingrats eût été aussi ingrat qu'euxmêmes s'il avait eu besoin des bienfaits d'autrui.

— Celui qui cherche le bonheur en ce monde ne ressemblc-t-il pas au paysan qui faisait le tour de Tobélisque en cherchant la porte ji'.entrée? A. C.

OBSERVATIONS ASTRONOMIQUES

Or desl; aux quani •et K quati ton, Greei Dubl quel et d'.

ich la liste complète Tvatoires entretenus pays civilisés. Cinux en Asie (Madras Bonne-Espérance), rgetown,Washingissède sept : ceux de , d'Edimbourg, de La France ne figure i; ceux de Toulouse Lé officiellement in-

troduits auprès de leurs confrères d'Angleterre.

A côté de ces établissements publics, il faut mentiormer en Europe treize observatoires privés , tous situés en Angleterre, et qui ont rendu à l'astronomie les- services les plus signalés. Qui n'a, en etl'et, entendu parler des travaux que lord Wrotesly exécute à Wrotesly-Hall, de ceux de lord Ross à Birr-Castle, et de Georges Bishop, esquire, h Regent'&^Park l Aux États-Unis du Nord, les pbservatoires privés sont nombreux (*).

(*) Voy. les Conseils pour rétablissement d*un observatoire d*amateor, t. XXV. 1g67. p. 139; et ies articles de M. Babinet sur Tastropomie observati'jce et §ur le télescope, t. XXVI, 1858, p. 310 et 343.

Dans le cours de l'année 1861, les astronomes amateurs n'ont pas signalé moins de neuf astéroïdes, auxquels ils ont successivement donné les noms d'Ausonia, Angéhna, Maximiliana, Maïa, Asia, Létho, Hesperia, Panope, Niobé.

On se rappelle que M. le Verrier, cherchant à évaluer la masse de tous les corps qui gravitent entre Mars et Jupiter, est arrivé à conclure qu'elle égale le tiers de notre terre, de sorte qu'il existe^ait dans ces parages la monnaie d'une planète fort respectable, assez de mondes à découvrir pour épuiser toutes les nomenclatures mythologiques. Aussi M. Hind, pour éviter des frais d'imagination inutiles aux parrains de ces globes, propose-t-il de se borner à leur donner un numéro d'ordre indiquant l'époque successive de leur découverte, et servant à établir dans les éphémérides la chronologie de cette partie intéressante de la science des deux.

Vers les premiers jours de juillet de l'année précédente, l'éclat du ciel de nos nuits d'été se trouvait rehaussé par une des plus magnifiques comètes qui aient jamais paru au-dessus des horizons du nord. Sa queue droite, s'élançant cQmme un vigoureux torrent de lumière, a atteint les régions supérieures de notre atmosphère , mais n'a amené aucune de ces calamités, de ces épidémies dont tant de rêveurs menaçaient jadis l'humanité.

Ce qui ajoute peut-être au charme de ces apparitions, c'est pour iïùs\ dire leur soudaineté, leur imprévu : aussi jamais les chercheurs de comètes ne doivent ^'endormir. 11 faut qu'ils sondent avec persévérance les plages éloignées pouV saisir l'astre errant qui peut rendre leur nom célèbre, et qui n'échapperait pas longtemps à de plus vigilants rivaux.

La voûte céleste offre un magnifique contraste : d'un côté , la régularité étemelle des astres harmonieusement groupés autour de notre splendide foyer solaire ; de l'autre, des formes imprévues, des aspects bizarres!

Cependant cette irrégularité est-elle, en réalité, aussi grande que certains philosophes affectent de le croire? Ne faut-il pas voir, au contraire, dans le désordre apparent auquel le monde cométaire est livré, les traces d'un ordre supérieur h celui que nous pouvons constater et comprendre?

Le mois de juillet s'ouvre dans une lune nouvelle, puisque le premier- quartier n'arrive que le 4, à onze heures du soir.

Le S, à minuit, temps moyen, la lune se trouve à 13 degrés à l'est de Régulus; mais elle s'en éloigne rapidement, en vertu de son mouvement propre. Le lendemain, elle en est déjà à 25 degrés. A ce moment, Régulus sera difficile à reconnaître, non pas à cause de l'éclat de la lune, mais à cause de la proximité du soleil, qui se trouve dans le signe de rÉcrevisse depuis le 21 du mois précédent. En général, il faut connaître bien sûrement les étoiles de comparaison pour les retrouver lorsque la lune se meiU dans leur voisinage ; car si elle est nouvelle ou dans son dernier quartier, on est gêné par la lueur du crépuscule ou de l'aurore; si, au contraii:e, elle est pleine, on est troublé par les rayons qu'elle répand autour de son disque.

Le 5, la lune sera assez rapprochée de Saturne et de Jupiter, qu'elle aura tous les deux à l'ouest, Saturne à une distance de 33 degrés, et Jupiter à une distance de 29 degrés. Le lendemain, les deux distances auront augmenté : la première sera de 46 degrés, et la seconde de 43 degrés. Le triangle dont la lune serait le sommet, et dont la base irait de Jupiter à Saturne , serait presque iso-' cèle.

Le 6, l'étoile Antarès se trouvera à Test, la lune s'en rapprochera encore; le 10, elle l'aura dépassée et laissée à l'ouest, k 25 degrés en arrière. Ce jour est préciséoieot celui où la lune arrive à son périgée , et par conséquent

où son diamètre est le plus grand. Ce périgée ne précède que d*un jour la pleine lune qui arrive le 11, à une heure du soir. Le rayonnement de Torbite sera donc assez considérable pour faire pâlir Téclat d'Antarès.

Le 12, la lune, continuant son mouvement, laissera Folmahaut à 37 degrés à l'est, et le 16 elle l'aura à une distance de 36 degrés à Touest. Si on joint par un triangle dont le sommet serait Folmahaut les deux positions que la lune occupe ainsi à quatre jours de distance, on trouvera encore un Jtriangle presque isocèle.

Deux jours après, le 18, à 9 h. 22 m. du soir, aura lieu le troisième quailier. Nous rapporterons alors la position de notre. satellite à Tétoile Aldébaran, qui se trouve à 33 degrés à l'est le 19 à minuit, et qui sera distante de 15 degrés à Fouest le 23 à la même heure. C'est un jour environ après l'apogée, instant où la distance de la lune à la terre est aussi grande que possible.

La nouvelle lune, qui termine le mois, paraîtra le 26, à neuf heures du soir. 'Cependant, comme il reste une période de cinq jours ,* nous conseillerons de faire encore une observation relative à l'Épi de la Vierge, qui, le 30 à minuit, se trouve à 45 degrés est, et le 31 s'est sensiblement rapproché, car il n'est plus qu'à une distance angulaire de 31 degrés.

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