L'ENGOULEVENT A QUEUE EN CISEAUX
Yoy. tXXIX,1861,p.341.
Nous avons décrit précédemment les caractères généraux et les mœurs du genre engoulevent. L'espèce que nous représentons ici ne se distingue des autres que par quelques différences dans la coloration du plumage et par la forme de la queue. L'engoulevent à queue en ciseaux, ou Caprimulgus psalunis, a les narties supérieures du corps d'un gris cendré, mouchetées de brun et de noir; les inférieures, d'un cendré obscur, striées transversalement de noir; les côtés de la tête et les sourcils blanchâtres, nuancés de gris; la gorge et la poitrine d'un blanc roussàtre, rayées de noirâtre et de roux. Au bai-
de la nuque sétend une bande d'un jaune foncé. Les rectriées alaires sont brunes, avec des taches élégamment distribuées, cendrées, noires et d*un roux clair; les rémiges, d un gris uniforme et plus sombre ; les pennes intermédiaires de la queue, grisâtres, bariolées de noir avec des bandes de cette couleur, plus longues que les suivantes, qui sont étagées et rendent la queue fourchue.
Mais le caractère qui frappe le plus les yeux, c'est la longueur lies deux plumes latérales qui, chez le mâle, dépassent de beaucoup toutes les autres et ont valu à Toiseau son nom d'engoulevent à queue en ciseaux. Le bec est brun , avec la base entourée de longues soies dirigéesi^n avant; le tarse, à demi emplumé. Chez ki femelle, toutes les nuances sont beaucoup moins vives, et les longues
L'Engoulevent à queue en ciseaux {Caprtmulgui furcifer Vieill.; C. psalurus Temm.). — Dessin de Freeman.
rcctriccs ne dépassent les autres que de quatre ou cinq lignes.
Cet oiseau habite le Brésil. On pourrait s'étonner des nuances ternes et en quelque sorte éteintes de son plumage, qui semblent faire tache au milieu des vives couleurs si abondamment prodiguées aux régions favorisées du soleil, si Ton ne se^ouvenait qu'au Brésil même, l'engoulevent n'a pas renoncé à ses habitudes nocturnes, et que c'est la lumière qui est le grand coloriste du monde. Encore remarquera-t-on que cet oiseau a des teintes plus claires, plus gaies que ses frères d'Europe : c'est qu'il a
beau fuir le soleil , il ne peut se soustraire aux chauds reflets que ses feux, même après s'être retirés, laissent de tous côtés sur le ciel, sur les plantes et sur tous les objets qu'ils ont si vigoureusement touchés.