‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 219 sur 314 · PRODUCTION DE LA LAINE EN FRANCE · texte numérisé non relu

PRODUCTION DE LA LAINE EN FRANCE

La France possède aujourd'hui de 34 à 35 millions de têtes de moutons. On calcule qu'en établissant une prem'ière division suivant la taille, on aurait dans les seize départements qui environnent Paris, ou qui sont à son nord ou nord-ouest, 8 300 000 î\pimaux de grande taille, et dans les soixante -dix autres déparlements 20 700 000 animaux de taille moyenne ou petite. Ensemble, 35 000000 de bétes ovines, savoir :

Béliers ou Moulons 109Q0000 lét€S.

Brebis IG 100000 r>

Agaeaux 8000000 •

Total 35 OÔcToOO de têtes.

Dont:

Mérinos ou métis mériaos d'anciens croisements, produisant des.laiues fines . 25000 000 -de t^îles. Bétes à laines communes 10000000 »

On évalue la production des laines mérinos et métis à 72 175000 kilogrammes, et celle des laines communes à 19 150000 kilogrammes. La production totale de la France, en laines en suint, serait donc d'environ 91000000 de kilogrammes, qui se réduisent à peu prés à 35 000000 de kilogrammes de laines lavées à fond. Cette quantité est insuffisante pour nos manufactures, puisque nous importons chaque année, depuis dix ans, plus de 35000000 de kilogrammes de laines étrangères, er\ suint et lavées (').

Suite.— Yoy. p. 98, 127, 459,

CHIMIE

Suite.

Du sucre pendant la maturation des fruits. — Le sucr^; qui se forme originairement dans les fruits acides est le sucre de canne , identique par ses propriétés avec celui qu'on extrait de la canne ou de la betterave.

Pendant la maturation des fruits, ce sucre subit une influence particulière et se change peu à peu en un sucre modifié , que Ton appelle sucre des fruits acides ou sucre interverti, identique par ses propriétés avec celui que l'on obtient par l'action des acides ou du ferment sur le sucre de canne.

Lorsque Ton examine la matière sucrée à l'époque de la maturité complète, on la trouve ditfèremment constituée suivant les fruits où on l'observe. Tantôt elle se compose de sucre interverti pur et simple, comme dans le raisin, la groseille , la ligue ; tantôt elle renferme un mélange en proportions variables de sucre de canne et de sucre interverti, comme dans l'ananas, l'abricot, la pèche, les diverses espèces de prunes, de pommes, de poires, etc.

La cause qui préside à ces différences n'est pas, comme on pourrait le croire, l'acidité des fruits. L'expérience

{*) Dictionnatre tnlemational du commerce et de la navigu" twn.

montre que les acides organiques, en raison de leur proportion relative, de leur état de dilution, de la faible température, n'ont qu'une légère action pour intervertir le sucre de canne en présence duquel ils se trouvent. Aussi n'existe-t-il aucun rapport entre l'acidité des fruits et l'altération que présente leur, matière suci^e. Le citron , dont l'acidité est excessive, offre plus du quart de sa matière sucrée à l'état de sucre de canne, tandis que la figue , qui est à peine acide , présente la totalité de la sienne à l'état de sucre interverti. De même on trouve jusqu'à 70 pour 100 de sucre de canne dans la matière sucrée de l'abricot, de la pèche, de la prune de mirabelle, tandis qu'on n'en trouve pas trace dans le raisin et dans la cerise , où l'analyse constate une acidité beaucoup moindre.

Les différences que présente la proportion relative des deux sucres paraissent tenir à l'influence d'une matière azotée jouant le rôle d'un ferment analogue à celui que I M. Berthelot a extrait récemment de la levure de bière. j Forces élastiques des vapeurs. — M. Regnault a présenté à TAcadémie des sciences les principaux résultats des expériences qu'il a faites pour déterminer les lois qui existent entr.e les forces élastiques des vapeurs et les températures auxquelles elles sont soumiàes. Ce travail se rattache à une longue série de recherches dont il a publié la première partie en 1845, et dont le but principal est de rassembler les éléments physiques nécessaires pour calculer le travail théorique que l'on peut obtenir d'une substance quand on la transforme en fluide élastique à l'aide d'une quantité connue de chaleur.

La loi qui lie les forces élastiques des gaz et des vapeurs avec la température joue nécessairement un grand rôle dans cette question générale. De plus, il semble qu'elle doit être une des plus simples de la théorie de la chaleur; car elle ne dépend que de deux éléments nettement déflnis et susceptibles d'une détermination précise : les températures et les pressions auxquelles les Auides élastiques font équilibre.

Ce seul énoncé fera comprendre l'intérêt que M. Regnault a dû attacher à ce genre d'études, et expliquera la longue persévérance qu'il a mise à en rassembler les éléments. Son travail s'étend, en effet, depuis les gaz que Ton est parvenu à liquéfier par la compression , jusqu'aux substances, telles que le mercure et le soufre, dont la température d'ébullition est très-élevée.

Les appareils variés qu'il a employés pour ses recherches se rapportent à deux méthodes précédentes. La première, qu'il appelle méthode statique, consiste à déterminer la pression qui fait équilibre à la force élastique de la vapeur qu'un liquide en excès émet aux diverses températures. Dans la seconde méthode, qu'il nomme méthode dynamique, la vapeur est toujours en mouvement , et Fou détermine la température de la vapeur qu'émet continuellement le liquide en ébullition sous différentes pressions.

Il a déterminé par ces méthodes les forces élastiques des vapeurs d'alcool, d'éther, de sulfure de carbone, de chloroforme, de benzine, de chlorure de carbone, d'éther chlorhydrique, d'éther bromhydrique, d'éther iodhydrique, d'alcool méthylique, d'acétone, d'essence de térébenthine, d'essence de citron, d'éther méthylonalique, de mercure, d'acide sulfureux, d'ammoniaque et enCn d'acide sulfliydrique. Déjà, il y a plusieurs années, l'habile physicien avait exécuté le même travail au sujet de la vapeur d'eau.

Dorénavant, quiconque voudra traiter une question relative aux vapeurs trouvera, pour appuyer ses travaux, les précieux enseignements que M. RegnaulUa tirés de l'eipérienoe. La smte à une autre livraison.

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