‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 230 sur 314 · CONSTANCE · texte numérisé non relu

CONSTANCE

(DCCUK de BADE).

Constance est une petite ville située sur le lac du même nom , à l'endroit même où le Rhin en sort pour aller se jeter, à peu de distance, dans le lac inférieur. Un pont de bois couvert la réunit au village de Petershausen et au duché de Bade dont elle fait partie. Elle n'a plus aujourd'hui que six a sept mille habitants, après en avoir eu phts de quarante mille. Sous le régne d'Auguste, il y avait la une forteresse construite par les Romains. Détruite plus tard par les Alemanni, cette forteresse fut reconstruite vers 297 par Constance Chlore, qui lui donna son nom. En G30, Dagobert y transporta le siège de l'évéché de Windisch. Mise au rang des villes impériales durant tout le temps du moyen âge, Constance arriva, au quinzième siècle, à un haut degré de prospérité. Ses fabriques de toiles jouissaient alors d'une réputation universelle. Malheureusement le concile de 1414-1418 y attira une telle afllncncr d'é-

trangers (cent mille hommes et trente mille chevaux), que la cherté des vivres et des logements fît émigrer à Saint- Gallet aux environs la majeure partie des habitants industrieux. Au milieu du quinzième siècle, elle demanda .^ faire partie de la Confédération, sans y réussir. Berne et Zurich, gagnéesde môme à la réformalion, conclurent avec elle, pour proléger leurs coreligionnaires; un traité qui fut plus tard rompu, ce qui contraignit la ville de Constance

à se soumettre, en 1559, à la maison d*Autriche. La paix de Presbourg l'a incorporée au grand-duché de Bade, en 1805.

Celle vieille ville , si déchue qu'elle soit comme importance, mérite cependant qu'on lut consacre un respectueux souvenir. Outre Téglisc Saint-Étienne, bâtie dans le vieux style; outre la cathédrale, bâtie en 1052 dans le style gothique allemand, on y visite avec intérêt la maison de Jean

Une vue dç Constance, dans le duché de Bade. — Dessin de Stroobant.

Huss, rue Saint-Paul, près du Schnetzthor; le couvent des Dominicains, où Jean Huss fut enfermé ; et la douane badoise, qui renferme la salle où se tint le fameux concile de Constance.

Le concile de Constance, on le sait, avait pour but et il eut pour résultat de mettre fin au grand schisme d'Occident, en déposant les papes Jean XXIII et Benoît XIII, et en nommant Martin V. Il siégeait là depuis deux ans, lorsqu'il fut appelé â se prononcer sur l'excommunication

de Jean Huss, recteur de l'Université de Pragrre, fulminée par le pape Alexandre V. Jean Huss, sectateur de Jean Wiclef (qui rejetait l'autorité du pape, les indulgences, les excommunications, le culte de la Vierge et des saints, et la communion sous une seule espèce), Jean Huss, fort du sauf-conduit de l'empereur Sigismond, se présenta devant le concile, qui le déclara hérétique ; et comme il refusait de se rétracter, le concile le condamna à être brûlé vif. On montre encore, dans la cathédrale, la pierre sur

laquelle l'apôtre se tint debout pendant la lecture de son | arrêt, qu'il subit» le 15 juillet Ui5, dans le faub(uirgde Brûhl, à l'endroit où, un an après, le 30 mai 1416, fut j brûlé comme lui Jérôme de Prague, son disciple et son défenseur.

OBSERVATIONS ASTRONOMIQUES

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