‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 231 sur 314 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

La comparaison des valeurs que prend successivement le diamètre apparent d'un astre conduit facilement à déterminer la forme de la courbe qu'il décrit dans son mouvement autour du soleil; mais elle ne peut fournir aucune lumière sur la grandeur absolue de son orbe. Pour mesurer cet élément, il est indispensable d'opérer une triangulation, conmic lorsqu'il s'agit de trouver les distances de deux objets inaccessibles. Mais bs dimensions des quantités qu'il s'agit de mesurer excédant prodigieusement la longueur de toutes les bases qu'on pourrait tracer à la surface de la terre, il faut pour ainsi dire choisir ses jalons dans le ciel.

Si deux asti'onomes , dirigeant au môme moment leurs instruments vers une même planète, rapportent sa position dans le ciel aux étoiles voisines, ils la verront correspondre à des points différents de la voiHe céleste. Ils déduiront, de ces deux observations simultanées, l'angle au sommet d'un triangle allant de l'astre à la terre, et ayant pour base l'arc terrestre qui sépare les deux observatoires.

Quand des signaux électriques pourront être échangés entre Hobart-Town et Puikowa , on pourra prendre pour point de mire un phénomène céleste quelconque. Mais, à défaut d'un moyen ^ùr de correspondance instantanée, les astronomes sont encore réduits à attendre le retour de certaines circonstances remarquables des mouvements célestes, telles que les instants où les planètes se trouvent en opposition avec le soleil.

Plus l'astre sera voisin de la terre , moins les chances d'erreur seront grandes; par conséquent les oppositions de Mars, dans lesquelles cet astre est voisin, de notre globe, sont désignées par la nature à l'attention des astronomes. La Société astronomique de Londres avait publié des cartes et des données pour l'opposition de 1860, qui se trouvait, comme celle de cette année, dans des conditions exceptionnelles ; mais les astronomes , distraits sans doute par la grande éclipse de 1860, ont négligé d'en faire usage. Puissent -ils mettre mieux à iirofit l'opposition dont l'échéance va sonner, car Mars ne reviendra plus dans une position analogue avant l'année 1887. Beaucoup de savwits qui dirigent nos grands observatoires courent risque de disparaître de ce monde sans connaître plus exactement que leurs prédécesseurs la distance de la terre au soleil, s'ils laissent échapper celte rare occasion. Lors de l'époque remarquable de son opposition de 186^, la planète Àlars se trouvera placée entre deux étoiles qui serviront a l'observer avec exactitude , et sur lesquelles seront braquées toutes les lunettes astronomiques et tous les télescopes du monde. L'une, de sixième grandeur, fait partie de la constellation de la Baleine; l'autre, qui est de septième, appartient à la constellation des Poissons. Le soleil sera également entre les deux planètes inférieures, Vénus à l'occident et Mercure à l'orient; la première va en se rapprochant de l'astre, tandis que la seconde va en s'en éloignant. A cette portion de leur course, les deux astres seront l'un et l'autre peu visibles; il en est ainsi de Jupiter et de Saturne , qui , sans être en conjonction avec le soleil, se trouvent pourtant situés du même côté de la sphère céleste ; malheureusement nous nous trouvons prés de la pleine lune, ce qui diminuera beaucoup l'éclat que

Mars jettera alors autour de lui; mais comme les déplacements de cet astre sont assez lents, nous engageons les amateurs qui observent à l'aide de la vue simple à prendre patience, car lorsque notre satellite aura fui vers d'autres points du ciel, la lumière de Mars n'aura pas sensiblement diminué. Il sera encore temps d'admirer ses feux rougeàtres dans la constellation des Poissons.

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