‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 297 sur 314 · JANVIER · texte numérisé non relu

JANVIER

Les écarts des points extrêmes d'humidité ou de sécheresse, de chaleur ou de froid, les grandes irrégularités que l'on observe dans la durée des saisons, la manière toujours imprévue dont elles se succèdent, sont encore des problèmes à peu prés inexpliqués.

Mais ces caprices apparents de la nature seront moins surprenants quand on aura montré par une image sensible jusqu'à quel point les phénomènes thermiques que produisent les variations de l'action du soleil, pendant tout le cours de l'année, différent d'un parallèle à l'autre.

Les quatre petits tableaux que l'on voit ici indiquent la manière dont la répartition des jours et des nuits a lieu sous quatre latitudes différentes pendant toute la longueur de Tannée. Il n'est pas nécessaire de dire que les ombres noires représentent la nuit, que le crépuscule est figuré par la demi-ombre, et que le blanc représente le jour. Les lignes verticales portent l'indication des douze mois marqués par leurs initiales, de sorte qu'il suffit de suivre la première ligne J pour comparer les mois de janvier dans les quatre situations géographiques que nous avons choisies.

On voit au premier coup d'œil que les jours et les nuits sont toujours de môme durée sous l'équateur. La figure relative au pôle nord donne la disposition exactement opposée ; six mois de nuit succédant à six mois de jour, au lieu de 365 périodes dé douze heures de nuit succédant chacune à une période de douze heures de jour. Si on assimile les régions équatoriales à une vaste chaudière et les régions polaires à un condensateur, on remarquera que la chaudière conserve une température à peu prés uniforme, tandis que le condensateur ofirira de très -grandes variations de température. L'air atmosphérique, qui relie par ses couches mobiles l'équateur aux deux pôles, sera donc soumis à des

(') On peut lire tous les détails de cette aventure dans le nouveau livre publié par la Société du Magasin pittoresque sous le titre de : LES Vrais Robinsons, Naufrages, Solitude» Voyages, par MM. Ferdinand Denis et Victor Chauvin, illustrés par Yan' Dargent.

Cet ouvrage curieux, qui contient un grand nombre de gravures, fait partie de la série illustrée de la bibliothèque du Magasin pittoresque, qui a commencé par les Voyageurs anciens et modernes en A volumes, et Y Histoire de France en 2 volumes.

ruptures d'équilibre provenant surtout des variations de température de la surface polaire. Il suffit que les régions boréales ou australes soient moins vivement échauffées qu'à l'ordinaire par suite de circonstances compliquées pour que de grands troubles atmosphériques éclatent dans des contrées trés-éloignées du centre. Si la quantité de chaleur qui tombe sur-Ies plans de glace est plus considérable que dans les années communes, la succession ordinaires des saisons sera également rompue par une raison inverse. L'influence de ces régions mystérieuses et glacées, que nul pied humain n'a encore foulées, se fait donc sentir jusque dans les latitudes moyennes et montre la solidarité qui lie les unes avec les autres toutes les parties du globe. Ce sont celles qui sont inconnues qui agissent le plus énergiquemont.

Les tableaux relatifs à Stockholm et à Philadelphie sont destinés à faire comprendre la manière dont les variations ont lieu dans les latitudes intermédiaires. II est facile de voir, à l'inspection de ces figures, que la durée du crépuscule va en s'augmentant à mesure que l'oa s'approche des extrémités de l'axe du monde, de sorte que la grande nuit du pôle est bien moins longue qu'elle ne devrait élre sans la réfraction de l'atmosphère , et bien moins triste qu'elle ne le serait sans les aurores boréales.

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On peut encore remarquer que le point d'inflexion de ces courbes ne coïncide point avec la ligne centrale des tableaux ; ce défeut de symétrie lient à ce que le commen-.

cernent de Tannée ne coïncide pas avec une des périodes remarquables du mouvement du soleil. L*ére républicaine était exempte de cet inconvénient, ce qui n'a point empoché de reprendre Fancienne manière de compter les .temps, tellement il est difScile de renoncer à des habitudes invétérées qui n*ont d*autre raison d'être que leur propre existence.

L'hiver astronomique a commencé le 22 décembre à 7 h. 17 m. du matin, temps moyen de Paris, et lorsque les horloges nous annoncent la naissance de 1863, le soleil se trouve par 280 degrés de longitnde et 0',27 de latitude boréale.

En 1 863 auront lieu quatre éclipses, deux de lune et deux de soleil , dont on pourra se rendre compte avec d'autant plus de clarté que la Connaissance des temps publie pour la première fois des cartes analogues à celles que Ton était obligé de chercher jusqu'ici dans le Naulical Almanach,

Pendant tout le cours de l'année, la lune n'occultera à Paris que des étoiles de quatrième, cinquième et sixième grandeur. La plus grosse étoile disparaissant ainsi pendant le mois de janvier sera « du Bélier, qui se cachera le 27 derrière notre satellite. Celte petite étoile, visible à l'œil nu , se trouve dans la queue de l'animal , au voisinage des Pléiades. Le surlendemain la lune occultera Uranus; mais ce phénomène ne sera pas visible à Paris, car il est limité par le 21 « degré de latitude nord et le 33« de latitude sud.

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