‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 51 sur 314 · CHARDIN · texte numérisé non relu

CHARDIN

Jean Chardin, né le 26 novembre 1643, était le fils d'un riche bijoutier de la place Dauphine, à Paris. Il embrassa la profession de son père, et, à l'âge de vingt-deux

Chardin, voyageur. — D'après une estampe du dix-septième siècle.

ans, il alla faire le négoce de diamants en Asie. Il visita d'abord Surate, puis il se rendit à Ispahan où, peu de mois après son arrivée, il obtint le titre de marchand du roi. Doué de beaucoup de jugement et sans doute préparé par des études sérieuses, il observa avec grand profit les institutions et les mœurs de la Perse pendant six années. De retour à Paris, en 1670, il s'attendait à y voir accueillir avec faveur les nombreux renseignements qu'il apportait, et il semblerait même qu'il avait conçu l'espoir de pouvoir utiliser son savoir pratique et son expérience dans quelque emploi de l'administration française. Mais, selon lui, sa religion (il était protestant) fut un obstacle insurmontable contre lequel échouèrent toutes ses tentatives. Le 17 août 1671 , il s'éloigna de Paris et retqurna en Asie, où il resta dix ans, soit dans les Indes, soit en Perse. Quand il eut résolu de venir achever sa vie en Europe, ce ne fut plus la France qu'il choisit pour séjour : il arriva le 14 avril 1681 à Londres, et, dix jours après, le roi d'Angleterre lui conféra le titre de chevalier. En 1686, il était ministre plénipotentiaire du même souverain et agent

de la compagnie anglaise des Indes orientales auprès des États de Hollande. Il mourut à Londres , le 26 janvier 1713, âgé de soixante-neuf ans. Les relations de ses voyages témoignent d'une véritable supériorité d'esprit. Les premières éditions ont paru , lorsque l'auteur vivait encore, à Londres et en Hollande. Langlés les a fondues et publiées à Paris, en 1811, dans une édition en dix volumes in- 8, auxquels est joint un atlas. On se procure aujourd'hui cet ouvrage pour un prix minime, non point qu'il ait perdu de sa valeur; tout au contraire, les écrits de Chardin restent parmi les plus instructifs et les plus agréables que l'on puisse lire et étudier si l'on veut bien connaître ce qu'étaient autrefois les Indes et la Perse; mais, depuis assez longtemps, les récits de voyageurs, anciens ou même nouveaux , n'ont plus qu'un très-petit nombre de lecteurs en France : aussi est-il très-facile d« se composer une riche bibliothèque de Voyages, à peu de frais. Il en est d'ailleurs de même de beaucoup d'aqtres bons ouvrages du dix-septième et du dix-huitième siècle : la curiosité publique est ailleurs.

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