‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 7 sur 314 · DECAMPS · texte numérisé non relu

DECAMPS

Voy. t. XXIX, 1861, p. 387.

Nos lecteurs connaissent la figure de Decamps d'après le témoignage de la photographie, et les principaux traits

PriDce d'Asie et sod escorte passant un gué. — Dessin inédit, diaprés une esquisse peinte par Decanips.

de sa vie d'après l' esquisse qu'il en a tracée lui-même. Il nous reste à faire apprécier la nature de son talent. Dès aujourd'hui notons, dans ce peu de lignes, le premier de ses titres, l'originalité. Beaucoup de peintres savent plaire, charmer, émouvoir, s'élever même très-haut, en suivant presque pas à pas, et avec une sorte de foi respectueuse, les voies ouvertes par de grands maîtres. Qui refuserait d'admirer les principaux d'entre les élèves de Raphaël? Il serait facile de citer tef peintre incontestablement original qui ne les vaut pas. Pour avoir droit à l'approbation et à la renommée, il ne suffit point de n'être le disciple de personne, il faut que ce don toujours si précieux de l'originalité, d'une part exprime une certaine puissance vraie, intime, persistante, et d'autre part ne jette pas l'artiste qui en est possédé en dehors de toutes les traditions de son temps et de son pays. Il n'est pas absolument inadmissible qu'un homme puisse être doué du pressentiment de ce que sera l'art dans un avenir plus on moins éloigné ; mais si ses contemporains ne se sentent aucun goût pour

ses œuvres, comment serait-il fondé à s'en plaindre? Une travaille pas pour eux ; il est juste qu'il se résigne à l'espoir d'être mieux compris par quelque génération future. L'originalité de Decamps n'avait rien d'excentrique ; elle était naturelle et sincère : aucun critique n'a jamais songé à l'accuser ni d'affectation ni de témérité. Comme Watteau, Chardin, Prudhon, GéficauJt, et d'autres maîtres de notre école française, si libre «t si féconde, Decamps était arrivé, pour ainsi dire sans le vouloir et le chercher, à une manière toute personnelle de voir et de représenter ce qui était du domaine de son art; et ce domaine était très- étendu : il embrassait presque toutes choses. Il a réussi également dans l'histoire, le genre et le paysage. Il a peint avec la même facilité et le même bonheur la nature d'Europe et celle de l'Orient. Ses études de l'Asie ont un caractère particulier de réalité vive et en môme temps poétique, qui a saisi tout d'abord agréablement les imaginations et n'a soulevé dans les esprits aucun doute. La suite à une autre livraison.

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