BUFFON A M«* NECKER
Montbard, le 25 juillet 1779.
Madame et très-respectable amie, Je suis bien arrivé; mais comme les grands regrets font faire des réflexions profondes , je me suis demandé pourquoi je quittais volotitaircmont tout ce que j'aime le plus, vous que j'adore, mon ùh que je chéris, ^n 0xa|iiinant 1^
motifs de ma volonté^ j'ai reconnu que c'est un principe dont vous faites cas qui m'a toujours déterminé , je veux dire Vordre dans la conduite , et le désir de finir les ouvrages que j'ai commencés et que j'ai prtmis au public; car je suis ici dans une solitude absolue, sans autre compagnie que celle de mes livres, compagnie fort insipide, surtout les premiers jours. Vous pourriez croire que c'est l'amour de la gloire qui m'attire dans le désert et me met la plume à la main ; mais je vous proteste que j'ai eu d'autant plus de peine à vous quitter que la gloire ne pourra jamais me donner de plaisir, et que c'est le seul amour de l* ordre qui m'a déterminé. Je mets mon bonheur à vous faire part de ce qui se passe dans mon cœur, et je demande au vôtre quelques mouvements de tendresse et d'amitié... (*)
BuFFON.
Une juste idée de la liberté de l'homme et des bornes qui la restreignent est bien propre à nous rendre humbles et courageux, modestes et actifs. Jusqu'ici et point au delcL, mais jusqu'ici; c'e^ la voix de Dieu et de la vérité qui nous adresse ce langage. Elle dit à tous ceux qui ont des oreilles pour entendre : Sois ce que tu es et deviens ce que tu peux ! Lavater.