‹ Le Magasin pittoresqueChapitre 120 sur 185 · MONUMENTS SÉPULCRAUX DES ROIS DE POLOGNE · texte numérisé non relu

MONUMENTS SÉPULCRAUX DES ROIS DE POLOGNE

DANS LÀ GÂTHÉDRÂLB DE KRAKOYIE (1).

Les peuples léchites , qui devaient former la Pologne , aTaient été, avant l'introductfon du christianisme, divisés dans leur culte et dans leur mode de sépulture. Chez les uns, on brûlait les corps, et on déposait les cendres dans des urnes; chez les autres, on couvrait de terre les dépouilles mor-

(i) Nous Utivont la commiinication dé eet article au savant

Lelewel.

telles , et on érigfwit les tertres ou monticules qui ptrpé* tuaient les noms des chefs.

Après l'introduction du christianisme, l'usage de Tenterrement prévalut^ul , et la piété des nouveaux convertis consacra les temples comme lieux du dernier repos. Poznan et plusieurs autres villes de In l^ologne ont eu des temples où l'on ensevelissait les corps des rois ou des ducs (1), la Pologne, appelée Léchi$, ayant été divisée en plusieurs duchés. Lorsque le désir de l'unilé se fit sentir, Krakovie devint capitale de l'État , et sa cathédrale fut désormais réservée particulièrement aux sépultures royales. Les tombeaux ont été pour la plupart construits immédiatement ou peu de temps après la mort des princes.

La suite de ces monuments se divise en trois grandes périodes bien distinctes.

La première période , qui compretid plus de cent chiquante ans, s'étend depuis 1333 jusqu'à 1500. La Potogne avait encore dans son existence quelque chose d'Indéterndné, de mystérieux : le génie national élaborait ses Idées, les dégageait de la confusion , et tendait à organiser im Eut, une grande république. Quoique n'offrant en apparence qu'une agrégation de différentes parties isolées , agissant et se civilisant séparément, on voyait la nation diriger hisensiblement ses conceptions vers le même but , l'uttiié. La marche, variée et animée dans les détails, était douce, calme, grave et harmonieuse dans son ensemble et dans ses résultats. L*état social de l'Occident, les connaissances et les manières latines exerçaient une influence no*-*ble sur son développement, mais n'effaçaient point les habitudes et les principes nationaux.

Les monuments sépulcraux répondent à ce mouvement ; ils sont Timitation de ceux de roccident , mais ils conservent des rapports essentiels avec les dispositions locales. Ils sont isolés de toutes les autres constructions et faciles à déplacer; ils ne se composent que d'un cercueil ou sarcophage entouré de colonnes gothiques. Sur le sarcophage repose une figure royale couverte d'une robe et d'un manteau , tenant les insignes royaux, une couronne sur la tête. I^ figure est inanimée, immobile, le visage vers le dtl, et présentant l'image d'un sommeil éternel. L'ensemble de l'œuvre est calme et taciturne ; un silence religieux y domine, une pensée mystérieuse plane au-dessus; tout y respire tristesse et piété.

La tombeau de Vladiêlao U Brëf^ mort en 1333, est plus simple , plus religieux que les autres. Il est construit en argile, la personne royale est couchée sur un cercueil , sans être accompagnée d'autres emblèmes que ceux de la royauté. Les figures sur le côté du cercueil , placées sous les ogivea, affectent une pose dolente , recueillie , humble et pieuae (S).

I^ tombeau de Kaximir le Grand , mort en 1870 , ui d'une construction plus compliquée* Le sarcophage est intimement uni à une double colonnade, l'une iniérieure, l'autre supérieure , entourant la figure royale et soutenant un plafond en forme d'un baldaquin : c'est le lit de morL Lea Galonnés minces et légères supportent un fardeau d*ogiTaa

(x) Mieczislav, mort en 99a, et Boleslav le Graud, mort «a roaS , furent ensevelis dans la cathédrale de t^oznan ^voy. 184S, p. f}), Ltxir sépulture a été retrouvée tt leurs reliques sont conservées. On connaît une épitaphe de Boleslav le Grand, postérieurement composée. Yladislav Herman, mort an iroi, et son fils Boleslav Bouche-torse, sont enterréa dans la cathédrale d« Plouk. Ou connaît un mausolée de Boleslav le Hardi , mort vfri loÈi, érigé au quinzième siècle k Ossiak, en Carintliia, appartanant à l'Autriche.

{%) Noos avons comparé cinq dètsins du tombeau de TUdiilav le Bref. Les dessinateurs oui différemment interprété l'attitude dei figure» représentées sur je cereuèU. Selott les ont elle» sont debont , selon les autres agenottilléet. Le tittpi A baaueou|< endommagé le monument cl rendu leur pose méeoÉnaiisabld ^ cependant, considérant qnt les figureii des monameotf postérieurs sont généralement assises ou agenouillées , nous avons cra devoir admettre plutôt oette dernière attitude |>our lé monumttit de Vladislav lu Bref.

v^oogle

MAGASIN HTTOKE^SQUB.

TC

tréflé cl surmonté d'aiguilles rosetlées, Ia figure royale , étendue sur le lit mortuaire , repose ses pieds sur un lion couché , emblème de la force vivante assoupie. Les quatre côtés du sarcophage présentent 1^ emblèmes des quatre

Tomheaii de Vladislav le Bref, mort en i333.

saisons de Tannée , des quatre âges de la vie humaine , des quatre occupations d'un homme d'État , des quatre qualités civiques qui correspondent avec les quatre portions du corps étendu sur le cercueil.

Le point de départ de l'allégorie est la colonne centrale qui se rappoi-tc à l'origine de l'être humain. Le Printemps, placé en regard du genou , est représenté par un adolescent studieux , assis pour s'instruire , et méditant sur la science : c'est l'âge docile et flexible comme le jarret de la jambe ; il est agile et plein de vivacité. L'Été, figure où l'ardeur et la force matérielle sont représentées par un guerrier à l'âge viril, est placé au bout du cercueil , près de l'emblème de la force et des piçds qui sont les signes du mouvement : c'est la vigueur ostfHisibic du sentiment humain. — L'Automne a la figure d'un homme âgé, dont l'attitude révèle la haute fonction civique ; il est dans le conseil : c'est l'âge où l'intelligence

Tombeau de Kazimir le Grana, morC eu 1370.

féconde doit mûrement servir l'État. Sa raison, son esprit, se rapportent à la pensée de la tête royale sous laquelle il est placé. — Du côté de la partie du corps où est le cœur, où toutes les fonctions vitales se concentrent dans l'estomac, on voit un vieillard assis et dont les traits respirent la bonté et la tendresse : c'est l'Hiver, qui résume l'action humaine , et la place dans la perfection finale, y trouve sa jouissance , son repos et sa fin. L'amour du pays y est ardent mais calme , les ' hautes passions et Tanimosité sont réfléchies ou assoupies. — Cette allégorie subtile sur la vie humaine en général » enveloppe d'une pensée vague et rêveuse celte ' construction funéraire. Une intention semblable a inspiré la décoration du monument de Kazimir Jagellonide , et confirme l'explication que nous donnons du monument de Kazimir le Grand (1).

Les tombeaux de Vladislav Jagello^ mort en lZi3^, et de

(i) Kazimir le Grand fut le dernier roi de la fiunille de Piast. Aprèi lui monta sur le trône Louis d'Anjou, roi de Hongrie, qui • son tombeau en Hongrie. Il fut élu par les Polonais au préjudice de Yladislav le Blanc, duc de Gnievkov en Xouiavie, qui, étant le piqs proche parent de Kazimir le Grand, croyait avoir le ^ojt de jKJisédef }^ couronne et bcriter d^s f.m^ dé tories U^

Kazimir Jagellonide , mort en 1492 , ont un caractère plu» mondain. Le cercueil périptère est placé sous un plafond voûté. Les figures royales y sont couchées majestueusement, et les bas côtés sont décorés de blasons des États qui composaient la république : l'on y voit les trois armoiries de la Pologne , de la Lilhuanie et de la petite terre de Dobrzin , qui ne cessait point de réclamer son individualité , et qui présageait l'union future de la Mazovie dont elle faisait partie. Les personnages appuyés sur les écussons des armoiries sont agenouillés, et expriment l'affliction ; Ils adressent leurs plaintes aux cieux.

Le tombeau de Vladislav Jagello est encore gothique; ses colonnes sont svehes , minces et élancées ; la structure de leurs bases et de leurs chapiteaux est très-variée ; les ogives sont compliquées et terminées en pointes ; la statue royale, au lieu du globe, tient une épéc (l).

• Tomlxau de Kazimir JiigelIoJiidc, mort en 149»,

Au tombeau de Kazimir Jagellonide les formes gbthiqil?^ sont remplacées dans les détails par celles de l'architecture antique renaissante. Les colonnes moins variées, toujours élancées, supportent les arcades du plafond; la statue royale , étendue sur le cercueil , couche sa tête siu* un lion, et les jambes de la statue sont entourées par un dragon assoupi, mystère de la vie éteinte. En bas, entre les bases des colonnes, on remarque trois animaux allégoriques qui se rapportent à trois pariîcs du corps et aux dilTérentcfi époques de l'existence humaine : en efTet, la tête , le milieu du corps et les jambes ont été considérés au moyen âge comme les images de l'esprit , de l'âme et de la vie active, que l'art expliquait par un oiseau ; par un chien couchant et par un lévrier. — Aux jambes répond le lévrier, figure du mouvement, de la course , de la vitesse et de Pagilité. — Le chien couchant ou d'arrêt correspond , dans Hntenlion de l'artiste , au milieu du corps avec l'estomac et le cœur, où se concentrent toutes les fonctions de la vie : c'est l'emblème de la vigueur, de la souplesse , de la diligence et de l'activité continuelle. — Enfin le rapport d'un oiseau ou d'un aigle à la tête , c'est la métaphore du vol de la pensée et de Tintelligence. — L'idée allégorique s'élève ainsi successivement de la terre vers les régions de l'esprit.

Le tombeau de Kazimir Jagellonide est d'un style trandioire. Après ce monument, le goût gothique, déjà fortement modifié et affaibli, expire et disparaît devant le goût classique de l'architecture itaUenne.

La fin à une autre livraison.

Polognes. Ce compétiteur frustré dans toutes ses espérances finit ses jours en France en zSgo , et repose à Dijon , dans l'église de Sainte-Bénigne.

(z) Après la mort de Jagello régna son fils Yladislav, qui périt en i444 sous Varna; on ne lui a élevé ni tombeau ni cénotaphe*

BUREAUX D'ABOIfllElIBIfT ET DE VENTE,

rue Jacob, 30, près de la rue des F^ts-AugittUfiSf

^m|iiù9ierie dp h- Mauthiï^t, r«P Jac«b, Hi

DigitizetJbyAoïOOglC

CASSKTTE DU SEIZIÈMK SIÈCLE.

i ill i i.i «Mi

Casse! le d'argent cl de cristal, [mr G. Reritardi, de Caslel T^ologiicse.

Celle précieuse cassette , conservée au musée de Naples , p«iratt avoir appartenu à la famille Farnèse. Comme presque tons les chefs-d'œuvre d'orfévrewe du seizième siècle , on l'a souvent attribuée à Benveniilo Cellinl : mais Giovani Bernardi, ruiustre graveur sur pierres fines, en est l'auteur : il l'a signée. Les ornements ù Pcxiérieur et à l'intérieur sont d'un style élégant et d'une exquise délicatesse. La forme générale est à peu près celle d'un édifice , temple ou palais. La statue d'Hercule est assise sur le faite. Aux quatre angles sont les statues de Minerve, Mars, Vénus et Bacchus. Sur la hce principale , un cristal de roche supérieurement gravé représente le combat des Amazones, avec cette inscription en grec et en latin : le mâle courage des Amazones. Un autre cristal figure le combat des Centaures et des Lapithes, avec ces inscriptions : les bétes sauvages ; la force sans la raison. Sur l'autre face, un des cristaux figure la chasse de Méléagre, avec cette légende en grec : Miléagre , VHercule des Grecs» Un second cristal représente une bacchanale, oii l'on YOit Silène chancelant soutenu sur son âne par des faunes ; auprès est une panthère , au-dessus est une inscription en grec : Le triomphe de Bacchus^ au-dessous en latin : l^Orient que lu as vaincu. Une gravure sur cristal décore aossi chacun des deux petits côtés ; sur l'un on voit les jeux du cirque , avec cette inscription : Voici le cirque, plaisir suprême du peuple: et sur l'autre, le combat naval de la flotte de Xercès, avec une inscription grecque que l'on peut traduire ainsi : Im flotte de Xercès fut vaincue. A Tintérieur du coffret, un bas-relief qui en forme le fond représente Alexandre entouré de ses principaux capitaines , et déposant dans une cassette que tient un esclave le manuscrit d'Homère ; de chaque côté deux navires voguent à pleines voiles , ivec une inscription grecque : Nous volons de consens La scène figurée par l'artiste parait désigner l'usage du GoiTret : il servait sans doute à conserver des papiers précieux. IiCS fxas-reliefs du couvercle , que surmonte Hercule, repré- Towi X'VL — -Srptembhe 1848.

sentent ce liéros enfant étranglant les serpents, cl son apothéose sur le mont OEta. Parmi d'autres ovnements, audessous du couvercle , on remarque un bas-relief figurant l'enlèvement de Proserpine. Il était impossible au dessinateur d'Indiquer les détails nombreux qui font de celte cassette une des œuvres les plus riches et les plus agréables de l'art au seizième siècle.

Giovanni Bernardi, né vers 1695, à Caslel Bolognese, dans la Romagne , mourut , célèbre et riche , à Faenza , en 1555. 11 avait vécu longtemps près du cardinal Hippolyte de Médicis , son prolecteur. Parmi ses chefs-d'œuvre on cite les belles médailles qu'il exécuta en l'honneur de Clément VH, et deux grandes gravures sur cristal d'après deux compositions de Michel-Ange : la Chute de Pbaéton, etTityus dévoré par un vautour.

TROIS MOIS SOUS LA NEIGE

Suite— Voy. p. 989.

Louis Lopraz essaye de dégager aussi la fenêtre. S'il rëiiS' sit, il espère pour son aïeul et pour lui un grand adoucisse-; ment à leur capdvité. Mais il travaille étonrdiment, sans observer les précautions recommandées par son grand-père, et il court le risque d'être englouti sous un amas de neige. Un terrible incident vient faire diversion à ces travaux. Le 9 décembre, une tempête épouvantable menace le chalet de destruction : elle dure plus de vingt-quatre heures , pendant lesquelles la sérénité du vieillard ne se dément pas ; il rend* à son petit-fils assez de courage pour lui foire écouter avec fruit ses exhortations pieuses. Obligés de laisser la trappe fermée , ils sont privés de feu ; même , par précaution , lis n'avaient pas allumé la lampe ; mais un craquement de la porte les y invite, et ils reconnaissent que la cause de ce bruH soudain est la chute des masses de neige que Louis Lopraz

MAGASIN IMTTOUKSQUK.

avait entassées de côté et d'autre , afin de pratiquer une issue ; la fenêtre se trouve d'ailleurs obstruée couiuie aihparavant. ËnGu la tempête sVst calmée, mais elle fait place à un froid rigoureux, qu'ils seuienl, même enfouis sous iti neige, et quoique la trappe en soit tellement chargée qu'Us ne peuvent plus l'ouvrir. C'est daus ces circonstances <(trun nouveau danger les menace. Ciious le journal du lo tlé^ cembre :

u Nous avons eu hier une grande frayeur, et je suis à pelhC assez tranquille aujourd'hui |)Our écrire ce qui s'est passé, liélas I nous ne sommes pas assurés d'avoir échappi^ à totlt danger,

J't-tiN^uccupiî û irairci.1 chèvfu pendant qm» mou graudpère iill 11111.111 un Ti et (|4* fimniïK^^ df }iiii (1) ; imt h cmip > Ile a diiessé kh uiviiJi s, onmm* fuippi!** iVan btrulL rxisMuftiinaii-e; LUstiitt^ * tle si^si tuïut A trwmblijf de tous m% tticMiibres. J'eii m Tait ruUst^rViitJoti a hmi^'fuii, »*n luii>ttroi»Mnt la parok' :

— g»'ijs-tu donc, ma pciîlt^ lîlttnrjuilo î

El ^iiLs^iuM nou» tivoni» erïtetidu de» titu k^nienli aiïreux sur nos ii^ios. — l>ds bops ! ui-jc rrU*.

— Tais- lot, JXîuu enf.*nlj cait'wsts BUlichelli'.

Mou iitand-père s>ii iist iipjiimht^ et UH .i duiiiii' nu jw-nj de sel. EJIit t^itlIiitmlLik; tr«'iiïbit'i\et k-sUaik^meni^ iie€A-s.Hûrnt pas non pUi»<k îjO faire etiieudre,

— Mh l't'^ii ' ' 'Mti%, f[Of seriuns'UOii* fV'vrh'!^, ^■\ *'i n^ils ouvert un passage jusqu'à la fenttre 7 Qui sait même si la cheminée n'aurait pas été une entrée praticable pour ces bêles affamées 1

— Eh l somin€S*noiis en sûreté , même dans l'état où nous voilà ?

— Je l'espère ; mais parlons bas, et ne cesse pas de caresser Blanchette ; ses bêlements pourraient être entendus.

On aurait dit qu'elle s'en doutait, car elle gardait un silence complet. Mon grand-père est venu s'asseoir auprès de moi ; je tenais la chèvre embrassée ; il avait la nvun posée sur mon épaule, et j'avais besoin de le'voir si tranquille , pour ne pas mouiirde peur. Nous avons ainsi passé presque toute la journée, et , à plusieurs reprises , nous avons entendu les hurlements des loups. 11 y eut un moment où le bruit fut si fort que je crus notre dernière heure arrivée.

— Us creusent la neige, disais-je eu serrant mon grandpère dans mes bras ; ils vont nous dévorer.

— Je ne iieux pas te tromper, mon enfant ; notre situation est pénible , mais je ne la crois uuhement>dangereuse. Ces loups peuvent courir la montagne, parce que la neige s'est durcie ; mais ils ne resteront pas longtemps sur les hauleuis. Dans celte sciison , ils se rapprochent de la plaine et des villages. Peut- être ont-ils apporté jusqu'ici le corps de quelc^ue animal , et c'est en le dévorant qu'ils se querellent et font le vacarme dont nous sommés étourdis. Mais, quand ils découvriraient que nous sommes ici , ils ne pourraient percer la toitare et les lambris , ils ne devineraient pas la place de la fenêtre, ils ne pourraient soulever la trappe. Reconnaissons, mênie dans cette affreuse situation, la bonté de la Providence. La tempête nous a préservés ; ollea réparé, en détruisant tes travaux, le tort que notre imprudence nous avait fait. Dieu nous a refusé la lumière dont lu voulais nous faire Jouir, mais il noibf sauvera la vie. Et quel bonheur que ces loups ne soient pas survenus pendant que tu uravailiais hors du chalet 1

— Ainsi donc , ai-je dit tristement , notre captivité est plus tlure:! L'hiver ne fait que de commencer ; le froid peut devenir encore plus rigoureux ; jamais nous ne sortirons d'ici.

Voilà èes discours que nous avons tenus hier toute la journée. Nous avons entendu les loup^ jusqu'au soir; enlin nous nous sommes couchés, mais je n'ai guère dormi, quoique les cris eussent complètement cessé 1 Aujourd'hui j'ai cru les

(t) C'était tout ce qu'ils pouvaieut se permettre depuis qu'Ut ^n'av^ient plut d'issue pour la fumée.

entendre plus d'une fois; mon grand-père assure que je me trompe, il est vrai que Blanchetie ne tremble plus; elle mnnge, elle rumine comme à l'ordinaire , et nous croyons, puisqu'elle est tranquille, que nous pouvons Tetre aussi. »

Ce nouvel accident jelic le pauvre Louis Lopraz dans le découragement; une réclusion plus dure, l'imiiossibililé de faire du feu sans clr«ï incommodé de la fumée, l'inquiétude que commence à lui donner la santé de son grand -père, l'attristent, et lui rendent plus nécessaires les consolations de la religion. Le dimanche soir, 15 décembre, il porte sa pensée sur ce qui Mï passe au vil luge t

« Que font nos atnis et ni»s vdlsitts pendant cette veillée que nous passons si iHslementt Songeal-ils à nous? Oui sans doute, si mou pauvre {lère est au milieu d'eux; mais,, s'il a succombé en voulaiit nous secourir, les autres nousoublient peui-êire ^ et pour etix nous he sommes plus de ce inonde. On jouit au village du repO» de l'hiver ; on consomme gaiement les provisions de l'année; on se visite; on passe U soirée autour d'un feu brillant ou d'un ^)éle bien chaud. Je n'avais jamais senti jusqu'à présent combien leS autres horames sont nécessaires k notrtî liditi^eur* On partage les tmvau^ , (*t ils sont moins pénibles * on partagd les plaisirs, et Us doublent de prix... »

Le viediard arraciie son petit-flls à ces tristes réflexions, et c'et»t toujours par le sentiment rêiigieùK Qu'il agit le plus efficacement sur luli Cependant les soliii de l'intérieur ne Hout pas sans influeti^. L'en&uU p«sse tout« la journée du 19 à percer dans la trappe une ouverture {Mir liqueHe il fait passer un tuyau de poêle qui s*est par lionlieur trouvé daus le chalet.

Ce travail^ Vraiment dliB<tilêf s'a^ièvé liedréùBéménf, etJb? prisonniers peuvent recommencer à faire du feu, sans aïoir à craindre l'invasion des loups. A tout événement, ils- arment la fenêtre de barreaux de bois , et la ferment de planches, pour le cas où leurs ennemis viendraient à découvrir ce passage.

Le 21 , ils font accidentellement une découverte précieuse. Au moment où Louis Lopraz, armé d'ime pioche, va frapper la terre , pour creuser mi trou daus l'angle de la cuisine, afin d*y caser 'plus solidement la jarre à eau, son grand -père l'arrête en poussant un cri. 11 s*est rappelé qu'il enterra, quelques an liées auparavant, cinq ou six bouteilles de vin dans cet endroit même; et, en effet, ils les retrouvent intactes. Grand réconfort pour le vieillard, qui souffre beaucoup du régime alimentaire auquel il est réduit.

tt J'ai pressé grand -papa d'en goûter sur-le-champ, dit: Louis Lopraz. Que j'ai eu de plaisir à lui verser im verre dece vin vieux ! La nourriture à laquelle il est réduit depuis nik mois lui rend ce cordial bien nécessaire; mais il n*a pas voulu en prendre davantage , estimant que cette boisson est un remède à ménager. Je me suis fondé là-dessm» pour en refaser ma part, n'ayant besoin de me guérir de quoi que ce soîl*

— Moidlles-en du moins tes lèvres en l'honneur de ce jour; c'est le dernier de la saison des vendanges , ou , si lu veux , c'est le premier dé l'hiver. Le soleil va revenir sm* ses pas et se rapprocher de nous; les jours grandiront, d'abord peu sensiblement , il est vrai , mais c'est le retour de Tespérance;. il faut le saluer d'un cœur joyeux. »

Le temps continue toutefois à se traîner lentement; lès^ deux amis s'eiforcent de lutter contre Tennui par la conversation et le travail, ils font quelques fromages de chèvre; ils apprennent à s'occuper même dans les ténèbres; l'enfant tresse la paille sans y voir ; mais son esprit est toujours plus hors du chalet. Une indisposition de son grand-piTC ajoute i ses inquiétudes, et le fait redoubler de soins et d'égards pour son vieil ami, qui lui laisse entrevoir sa crahite de le quitter pour le cit'l^ avant qulls puissent être délivrés. • L'enfant» troublé de cette pensée, et n'osant pas se Ûatler non plus que son père vive encore, a besoin des plus fermes cousolatiour du christianisme, pour ne pas tonU>er dans le désespoir.

Cependant la fin de Tannée se passe plus paisiblemen^U La santé da fieillard semble meilleure. Voici quelques extraits des pages écrites le i*' janvier.

• Mon grand-père, jugeantque celU Journée serait plus iriste pour mol, a fait tout ce qu'il a pu pour me distraire. U m'a enseigné quelques petits jeux à combinaisons ; il m^a proposé des questions qui se résolvaient par un badinage; sa conversation 9 été plus enjouée que de coutume; enfin nous avions fait à souper une sorte de fêle. 11 a voulu que j'ajoutasse aux pommes de terre cultes sous la cendre mon premier fromage, que j'ai trouvé fort délicat. Je n'ai pu refuser ma part d'une rôtie au vin que j'avais faite pour mon grand père. C'était un festin pour des ermitos comme nous. La chèvrjs n'a pas été oubliée. Je lui ai clioisi le meilleur foin ; elle a ju de la litière fraîche, double ration de sel et triple mesure de caresses. Veuille le Seigneur, que nous avons prié ce matin et ce soir, conserver le petit -fila à l'aïeul et l'aïeul au petit- fils. »

lie vieillard ajoute de sa main oe qui suit dans le journal :

(f Au nom de Dieu , amen l U peut arriver que je suis séparé des miens, avant de leur avoir fait connaître mes dernlèreii foloniés. Je n'ai aucune disposition générale à faire au snjet de mes biens ; mais je souhaite reconnaître les soins et le dévouement de mon cher petit-fils Louis Lopraz, ici présent ; et, comme il m'est impossible de lui faire le cadeau d^ôsage en un jour tel que celui-ci, je prie mes héritiers d'y suppléer, quand II en sera temps, en' lui donnant de ma part, — ma monU'e à répétition, - ma carabine, — oki Bible, qui était déjà ceHe de mon père; — enfin mon cachet d'acier, où s<mt gravées mes Initiales, qui se trouvent les mêmes que celles de mon filleul et petit -fils. Gea marques de souvenir lui seront précieuses, j'en suis convalaca, à cause de l'amitié qui notisunit, et que la mort elle*iiième laissera subsister entre nous. Telle est ma volonté. Au chalet d'Anaindes, le i^ Janvier.

LoDis Lopraz, »

G^ltc déclaration du vieillard ramène son pptit-fils à de tristes pensées, et les tendres précautions de son grand-père ne semblent que trop justifiées par l'état de sa santé. Le 3 janvier, il est pris d'une faiblesse au coin du feu ; le jinme garçon est assez fort pour le p(»rter sur son lit , assez courageux pour lui donner avec présence d'esprit les soiiw nécessaires. L'accident parait n'avoir pas d'autres suites ; mais, dès le surlendemain , le malade croit devoir préparer son petitfils au malheur qui le menace. Voici quelques-unes de ses paroles :

— Tu te souviendras de ton père, et l'espérance de le revoir te soutiendra..* Je ne suis pins ici qu*un obstacle pour toi. Je rengage seulement à prenth'e patience ; ne l'expose pas trop tôt à quitter le chalet... Une seule chose m'inquiète , je te Tavoue , ie crains l'effet de ma mort sur ton imagination. Quand lu verras ce corps privé de vie , il le causera ce sentiment d'effroi que beaucoup de gens ne savent pas surmonter...

Ensuite il cherche à le fortifier contre cette crainte ; il n'hésite pas même à lui donner toutes les directions nécessaires pour sa sépulture.

L'enfant, d'abord troublé jusqu'à l'angoisse la plus vive, reprend courage , parce qu'il ne peut se figurer que son grand-père, qui parait toujours plus ferme et plus serein , 3olt dangereusement malade. Le 7, ils imaginent de s'éclairer tout le jour sans dépenser plus d'huile qu'auparavant ; ils fabriquent des lumignons avec des bouchons de liège ; ils •''applaudissent de celte invention, mais l'aïeul n'en jouit pas longtemps; U meurt presque subitement, dans la nuit du 7 au 8 janvier.

Le journal peint vivement l'émotion profonde que le pauvre enfant a éprouvée. A deux reprises , 11 a essayé d'adiré ce qui s'sst passé ; il ne retrouve assez de fermeté que

six jours plus tard, et^ en décrivant avec détail den scènes si pénibles, il semble vouloir échapper au vide plus accablant qui l'environne.

« Je m'étais cooclié le 7 plein d'espérance ; mon grandpère me paraissait mif'ux que de coutume ; mais avant que je fusse endormi, je l'entendis gémir, et je me levai en sur^ sauu Sans attendre qu^l m'appelât, Je mliabillai, J^allumal le lumignon qui él^t tout prêt y et je demandai an malade ce qu'If éprouvait.

— Une défaillance, me dK-il ; ce sera comme l'antre joor... ^ Voulez-vous prendre une cuillerée de vin?

^*Non, mon enfant; liumecte-moi les tempes et frotte-* moi les mains avec du vinaigre^ et prends l'IniHaiion de Jésus -ChrisU Lis cet endroit que tu sais, où j'ai placé an . sIgncL

J'obéis , et, quand j'eus frotté ses mains et ses tempes , j'allumai la lampe pour y mieux voir ; je me mis à genoux, et je lus en tremblant la |)age Indiquée. »

Après cette lecture-, le vieillard retrouve des forces pour prier Dieu, et bénir son pelit-fils qui poursuit son récit en . ces termes :

a Une circonstance bien peu importante augmenta encore mon attendrissement. Blancbetle, surprise peut-<^tre de voir briller la lumière à une heure inaccoutumée, se mit à l>èler opiniâtrement.

— Pauvre Blancbetle 1 dit le mourant; il faut que je la caresse encore une fois. Va la délier et l'amène auprès du liL

Je fis ce qu*il désirait, et Blancheltc, suivant ses habitudes familières , posa sur le bord do lit ses pieds de devant , cherchant s'il n'y avait rien à gruger. Nous l'avions accoutumée à recevoir ainsi de notre main quelques grains de sel. Je crus faire une chose agréable au mourant d'en mettre un peu dans sa main. Blancbetle ne manqua pas d'y courir et de la lécher longtemps.

— Sois toujours bonne nourrice, dit-il, en lui passant avec effort la main. sur le cou. i*uis il détourna la tête , et je ramenai Blancliette à sa place. »

Après ce moment de diversion , les deux amis reviennent l'un à l'autre. Quand le mourant a perdu la parole, l'enfant lui fait de lon^s et tendres adieux. Ce qui se passa depuis le décès est si triste que nous croyons devoir onu'tire la plupart des détails où Liouis L.opraz paraît se complaire. 11 a besoin d'accoutumer sa pensée à ces lugubres souvenirs, afin de conserver la fermeté qu'il a déployée en se faisant gardien du mort , prêlre et fossoyeur. Kn eifet , c'est qimnd il n'est plus occupé de ceei soins pi*nibles qu*il ressent toute l'kiorreur de la solitude. I^es idées religieuses elles-mêmes semblent être sans effi't sur !»!• l>ie circonstance vient tou* \iMA le retirer de cet abattement.

«J'avais achevé ma triste veille, dit-il; je venais d'éteindre le feu , et j'allais éteindre le lumignon , lorsque j'ai entendu uo léger bruit dans la cheminée : c'était nn débris qui tombait au leu, enveloppé de suie. L'odeur m'a attiré sous le canal ; j'en ai observé l'étai, pour veiller à ma sûreté. Tandis que. la tète penchée en arrière, je cherchais inutilement contre les parois des tracs de feu, une étoile brillante s'est montrée au bord du tuyau de fer, et l'a traversée dans sa plus grande largeur. Cette appa ri tjon n'a duré qu'un moment, mais elle a suffi pimr me donner une vive émotion. Un des soleils que le Créateur a semés dans Tespace fait donc briller ses rayons jusqu'au fond de mon sépulcre I il me parle de la puissance de mon Dieu ! Il m'invite à l'adoration et à l'espérance I Je n'ai pas manqué à son appel; je suis tombé à genoux, et, pour la première fois depuis la monde mon grand- p<'re , j'ai retrouvé dans mon cœur le zèle que ses leçons y avaient allumé. »

Mais bientôt il retombe dans la langueur et l'abattement. A peine écrit-il encore quelques mots chaque jour, et ce n'est que pour exprimer le malaise profond qui le gagne de plus en plus. Il fallait «n avis plus pressant aoc ^faGPfr|tiop^<i p

Féloile poor le Téreiller et le ramener à Dieu. Ce secours ne

lui a |)as manqué*

Le a 3 janvier.

« J'ai failli périr d'une mort terrible, subite, et j'aurais été surpris au milieu de mon criminel découragement. Dois-je encore appeler ceci un miracle ? Eh l que m'importe de savoir comment Dieu agir, pourvu que je ressente l'heureux ciïet des événements dont 11 est le maître I

J'avais remarqué depuis quelques jours que le temps était beaucoup plus doux ; j'avais peu besoin de feu , et la fumée moouit moins facilement Aujourd'hui , vers les deux heures aprè»-midi , j'ai entendu un bruit sourd , comme un r^lement de tonnerre; il s'est approché rapidement; il est devenu terrible , et tout à coup j'ai senti une violente secousse. J'ai poussé UB cri ; quelques» ustensiles étaient tombés, et une poussière épaisse remplissait la cuisine. Le craquement des poutres m'avait d'ailleurs averti que le chalet avait reçu un choc violent ; mais je voyais tout en bon état autour de moi.

Je suis allé faire une ronde dans les auires parties de la maison. En entrant à l'étable, j'ai vu des traces eiTrayanles de l'accident. La terre était couverte de plâtras, la muraille avait cédé, elle était visiblement sortie de l'aplomb, mais elle restait debout; une partie de la toiture avait été brisée du côté de la montagne. C'était tout, et j'ai dil en conclure que la masse qui avait causé le dommage s'était arrêtée cûBife le chalet. Était-ce une roche détachée de l'escarpement qfri ie domine ? N'était-ce pas plutôt une avalanche qui s'était formée im peu au-dessus, à la suite de l'adoucissement de la température.. ?

Mon émotion a été grande , et elle dure encore. Je remercie Dieu de l'avis qu'il a daigné me donner. Mon cœur s'est réveillé, je Pespci-c, pour ne plus s'endormir. Je le reconnais sincèrement: celle nouvelle épreuve m'était nécessaire. »

Cependant ce n'est pas la dernière à laquelle il soit soumis, il ne tarde pas à s'apercevoir que le lait de la chèvre commence à tarir; elle engraisse en môme temps d'une manière visible. Le pauvre petit berger essaie tous les moyens qu'il peut imaginer pour parer ù ce nouveau danger. Il augmente la ration du sel , Il diminue celle du fourrage , il substitue la paille au foin ; ressources inutiles. Il va se trouver dans la nécessité de tuer sa nourrice pour vivre , car ses provisions sont presque entièrement consommées. Il écrit le 8 février :

« J'ai versé des larmes aujourd'hui, en essayant inutilement une dernière fois de traire Blanchette, et de lui demander le tribut qu'elle m'a payé si longtemps. Quand elle a vu que je m*arrèlais , elle m'a regardé avec défiance, comme se tenant sur ses gardes contre une nouvelle tentative. Alors j'ai jeté mon baquet , j'ai embrassé ma pauvre Blanchette, et me suis mis à pleurer.

Elle n'en continuait pas mohis son repas qu'elle mêlait de bêlements entrecoupés et de regards caressants... Et il faudra que je lui plante le couteau dans la gorge 1 Étant sans expérience, je la ferai souffrir, et je la verrai se débattre sous mes coups 1 » La fin à la prochaine livraison*

LAUIIE DE NOVES.

Voy., sur Pétrarque, la Table des dix premières années.

« Son visage, sa démarche, son air avalent quelque chose de céleste. Sa taille était fme et légère , ses yeux brillants , ses sourcils noirs comme l'ébène. Des cheveux couleur d'or flottaient sur ses épaules. EUe avait le col bien lait. Son teint était animé par ce coloris de la nature que l'art s'efforce en vain d'imiter. Rien de si doux que sa physionomie, de si modeste que son maintien , de si touchant que le son de sa voix. Sou regard avait quelque chose de gai et de tendre , mais en même temps si honnête qu'il portail à la vertu. »

Tel est le portrait de Lauro tracé par IMtrarque dans divers

passages de ses sonnets. On a fait l'observation que de tans les tiaits de cette beauté célèbre , il en est un seul doni ja* mais il ne parle , c'est le nez. Un ItaUen , Louis Gandini., a fait une dissertation à ce ^ujet (Venise , 1581} où il conclut que Laure avait un naso scavexio^ ce qui paraîtrait signifier que son nez, au lieu d'être dans le style grec, était creux à la hauteur des yeux et retroussé*

On connaît un grand nombre de portraits de Laure peipts, gravés , ou sculptés : H n'en est aucun dont l'authenticité soit certaine. A Florence, la fandlle Peruzzi conserve un basrelief en marbre découvert en 1760, représentant Pétrarque et Laure , daté de i^UU et signé par Simon de Sienne. Cet artiste, contemporain- de Pétrar(|ue et de Giolto, avait aussi fait un Qortrait peint de Laure. C'est probablement de ce

Mnsi'o (rAvij;non. — roiirail supposé de Laure de Noves.

portrait qu'il s'aj^il dans les dialogues où Pétrarque se fait dire par saint Augustin : I^ présence de l^ure ne vous suffisait pas.«iV'ons avez fait faire par un peintre habile un portrait d'elle que vous pussiez porter pactout. »

Quatre gravures représentent I^aure dans le livre de Tomaslnl, intitulé : Petrarcha redivivus. Morghen a gravé un autre portrait d'après une peinture que l'on supposait contemporaine de Laure. On peut aussi voir d*aatrei portraits gravés dans les ouvrages suivants : les Mémoires de l'abbé de Sade , sur la vie de Pétrarque ; la Vie de Pétrarque, par l'abbé Roman ; l'édition de Pétrarque , par Gastelvetro ; les Voyages en France, par la Mésangère ; la Galerie historique, par Landon, etc.

Laure était fille d'Audibert de Noves (1) , cheralier ; sa mère s'appelait Ermessande.

On suppose qu'elle était née l'an 1307 ou 1308 , et qpe vers l'âge de dix-sept ou dix-huit ans elle avait épousé en 1325 Hugues de Sade , d'une ancienne famille de magistrats avignonais. Elle mourut le G avril 13û8.

Page 1