‹ Le Magasin pittoresqueChapitre 121 sur 185 · RECHERCHES SUR LES ANCIENS THÉÂTRES DE PARIS · texte numérisé non relu

RECHERCHES SUR LES ANCIENS THÉÂTRES DE PARIS

C'est rue Saint-Denis , dans l'hôpital , aujourd'hui enclos de la Trinité (entre les numéros 278 et 286 ), que les con-

(x) Noves est un gros bourg situé à quelques kil«iuclr« d'Avignon, de i'aulre càné de la Dtiraiice.

(») On sait toute l'iuilueuce que les ihcàlrcs^ evorcércul iwl»* co^'il et les mœurj^tits Orers*H Aws K"«tfi»»'^vU«4jtl4'«*n «>"•**

IVères de la Passion représenlèrcnl leurs premiers my«lères. La salle avait U^ mètres de longacur ; la scène en (Micupalt tonte la largeur qui n*était que de 12 mètres ; faute de coulisses , les acteurs ne disparaissaient Jamais de la vue des spectateurs. Scaliger, qui s'en plaint, nous apprend qu'ils étaient censés absents quand on les voyait assis.

Pendant plus de deux siècles , les théâtres , persistant par habitude dans cette tradition incommode , se réglèrent sur le carré allongé de leur premier modèle , soit qu'ils s'établissent dans d'anciens Jeux de paume, soit qu'ils se fissent

construire des édifices particuliers. Parmi les nombreux théâtres affectant encore en France cette disposition intérieure, on peut signaler ceux de Metz , de Tours et du château de Fontainebleau;

Notre gravure donne donc une idée assez juste du caractère archiiectonique d'une salle de spectacle au seizième ou au dix-septième siècle. A n'en juger que par le costume des personnages qui assistent à la représentation , ce théâtre flevrait être celui de Thôtel de Boui-gogne ou celui du Marais» les seuls qui existassent dans Paris au temps de Louis Xill»

Une Salle de spectacle sous Louis XIII. -* D'après Cliauvcau, peintre du dix-septième siècle.

mais nous devons plutôt croire que nous avons là ,-60us les yeux, ou la reproduction d'un théâtre particulier, semblable à ceux que quelques riches seigneurs faisaient alors élever dans l'intérieur de leurs hôtels et sur lesquels les comédiens de la ville venaient jouer en visUe , ou plutôt la fantaisie d^un artiste qui n'a rendu que les traits généraux et carac-

dmbles que nécessitaient les jeux scéniques étaient supportées chez les uns par le trésor public , chez les autres par les premiers magistrats de la république, qui s'effbrçaieul à i'envi de se surpasser en somptuosité et en éclat. Les édiles faisaient contribuer à la mise en scène des théâtres de Rome les richesses du monde entier : César s'y ruina ; le peuple reconnaissanf le nomma grand pontife.

Ce fut la magnificence même des théâtres antiques qui contribua le plus à hâter leur destruction. On les exploiu comme des espèces de carrières i riches matériaux; leurs colonnes toutes taillées et leurs marbres précieux ornent les temples chrétiens et les palais de Tltalie. Les ruines qui existent encore témoignent auflisamment du luxe et du génie architeciural déployés par les anciens dans ce genre d'édifices. Rien de mieux combiné sous le rapport de la régularité du plan , de la facilité des dégagements, et de tous les agréments que pouvaient désirer les spccialcurs.

Les thèâU'es aciuels son| bien loin de cc&- modèles; mais il est juste de reconuailre que la difSèrence de la civilisation , des ffitl'urx , df^ UabitudvK tliéâh'a(e<i , du lamW de «IrHaniation ,

téristiques d'un théâtre , et qui en a oublié ou peut>ètre négligé ù dessein les détails.

11 est vrai que , sous Louis XIII et sous Louis XIV, les loges , ainsi que les représente l'artiste , étaient appliquées contre les parois latérales de la salle , d'où les spectateurs ne pouvaient voir la scène que très-incommodément et de

ont rendu indispensables des dispositions toutes nouvelles.

Ce fut aux fêtes de Gérés et de Bacclius, sous un beau ciel, aux* jours les plus riants de l'anuce , ceux de la moisson et des vendanges, que l*art dramatique prit naissance. Ces premiers spectacles joués eu plein air , au pied du versant circulaire d*une colline, durent inspirer la forme même constamment adoptée dans les théâtres antiques. En outre, le spectacle était généralement gratuit et ouvert à ia multitudef les places devaient donc en être uniformes, et rien ne répondait mieux à cette nécessité qu'un amphithéâtre à gradins superposés. ^

Des circonstances moins heureuses marquent le point de départ du théâtre moderne. Quelques cantiques chantés par des pèlerins à la croix de nos carrefours rappellent le caractère religieux des Dionysiaques ; mais ce fut dans une .«allé longue et étroite d'hôpital cpi'pn vit s'élever, à Paris, le premier théâtre modcrue. Les plaisirs de la (>cène u'apparlinreiit dès-lors et u'appaitieuncut encore qu'à ceux qui peuvent les |Miycr ; et la variété de rahgs, d'ctuti et de fortunes iipcos^^iia une dirisi<»ii partictiiière des-places OiTuprcFi par le pul.lic. r\r\n I />

MAGASIN PITTOHESQUK.

côté; il est encore vrai q.ue les spectalewsi au parterre n'en | taient point séparés du ihéHUe par ua ordiesue de musi- i ciens, ces derniers ayant ailleurs leurs places; enOn, on ne connaissait point ce que Ton appelle le trou du souiOeur ;, | dans ces temps primitifs du tliéâlrc, on cachait le souflQdur dans une des ailes de la scène, et ce n'est certes pas un per*. ibctionnement qui Pen a fait sortir pour le placer oîi nous, le foyons de nos jours. Mais voici quelques considérations. ifâ nous semblent établir que ce théâtre ne peut pas avoi» été celui où furent joués les cliefs-d'œuvre de Corneille et de Rotrou.

D'abord, sa grandeur apparente n'est nullement en rapport avec la proportion connue de celui de Thèlelide Bourgogne. Puis nous n'apercevons ni lest musiciens, ni les^gpïOA lustres chargés de chandelles , suspendu» sur la tètft de» comédiens, qui composaient alors tout PéGlairage de la salle^ et dont il est tant patftédaos les annales dramatique» «on teoirporaines. Les mmidcns et les cirandelleÀ étaient Pobjec de Tattention soutenue et i conCSuael diverHisemeiiC de nos pères. Les violousy aa nombre de six, éttoiieiil} plaffifssur lesi côtés de la scène; mai» ce m'mS, point pav nkarmoniede leurs, accords qu'iia fa|riti«nt le cftarnandes entv'tetts. artt^ftiaieafi le malheiv^^cc «wnent.de laisser écooliurlr moindre intervalle enftfe le (ftvnwr vtta^ réfké par Taetear „ et le» première» N»»arcs éc l^ur symphonie, le puftlic I)»acciltelt de huée»« tt smiveiit r il n'y srovaic pas eu asaea de ponnnes en NormsndI? » pour sacHsfaiver sa joyeuse colère.

Quant AWL moocheurs de diandeties ,. lu Battre dtitcade de leur imction te» exposait à plus es dangers encore que les sympl^eiii6tcs;mais, par compensation, leur babiieté leur faisait parfois cooquérir dk bruyaiUs, siii#a de glorieux triomphes. A la \\n de eha^oM acte oa dascendait les lustKes, et les oMMicheurs de chandelles ^ venant comme des troupeià fratclies faire dittersion ù Is lutte soutenue par les n»Kiirïen« s'avançaient Éêt ïn scène poMr 8*aequâifr de leur euipitè ; forcés par ll-aivaiiencc éft paMcée se onntrev eipéditir^, ils imprimateni an liMtre ai béipnr memttmtml de rocacton qui amenait uneâ aw draque dhuideflr 3909 le tranchant tfeleurs moadb^lM^ Ici le Alla tommwnçut » k méskt et chaque chawM» de^ak ëtn momhée #iMe wuÊ0 sdre, près de la iumffttv, rapideMOMt #Mi seni cmpi Le peAfic , laissant en paix ien «■iiiciilii, érteniitfxt ascenliC Jk ottiie opération : si elle réussissait s!MÉ!^i|ifeF]aniMectfétcSni: une seule lumière, eût manqué une seule chandelle, ou eâi donné un second coup de son instrument à la même mèche, le public éclatait en transports flatteurs pour son adresse, et comme, dans ce temps où les théâtres n'étaient pas subventionnés, tes mouche urs de chandelles étaient en outre chargés des rôles de confidents, lorsque après nn tel exploit l'habile ntotiehear atait la chance de reparaître dans la tragédie et dt yènrfr dire au héros ;

Sei|Meui*^ CéMr vous aiaude, et Maxime a\ec vom ;

ou toute autre harangue de la même longueur et de la même tmpojctance , on l'accueillait par un tonnerre d'applaudisse- OMalsir ib rendre jaloux Floridor ou Baron.

Peu charmé sans doute du genre de snecès «btenu per em arfHlcs, te grand Corttcttic dédave dans une de ses préfaces qn^ï ne veut plus écrire de rôles pour les moucheurs de chandell<f«'.

D'après cela , il ne faut4>as croire que le parterre ftU en ee temps-^ un lieu bien paisibk et bien sftr. « Gel endroit, dit un auteur conUmporain , est fort incomnrade à cause de la presse ; il s'y trouve mille marauds mêlés avec les honnêtes gens, auxquels Ils veulent quelquefois faire des affronïs. ILs font une querelle pour un rien, mellent Vépée à la main, et hi ter rompent toute la comédie. Dans leur plus parfait repos , Ils ne cessent de parler , de crier et de siffler ; et parce qu'ils n'ont rien payé à l'entrée, et qu'ils ne viennent là que faute d'une autre occupation, ils ne se soucient piis

d'cutfindre ce q^ue disent les eonédiens. « Ce témoignage eal couiv'mé par l'abbé d'Aufaignac Dans son. Traité dnb pi»^ tique du théâtre, ii reproehe à Plante, à propos- de sa plèon d'Ampliitryon , de détruire riUuaion.dffanuliqne* «Un» faudrait pas, djt-41,que le sourenain des dieux s'adress&iaittspectateurs et leur dit : «Gitoyen», je sula Jtipiier^et me » change en Amphitryon quand il ne piaf i, paraissant ainsi <• poui' l'amour de vous , aljn de continuer cotte comédie,, et- » pour l'amour d'/Vkmène , aAn qii'elle soit ceconmte inno* » cente. » Mêler ainsi L'intérêt de»spectaieurs avec celui deaacteurs , est une faute qui embarrasse le sens et détruit les grâces du tbéàtre. Mais, par exemple, lorsque des filous sont dan» le parterre efc qu'ont le* néprime , on conçoit qu'un actêtu* s'iiileBGompe- (pjelt||iafii& pour demander silence» parce qjur'^orsi c'est Bellerose on Mondory qui parle, et que ce n'est plus un dieta ou ua vol. u

il ne ^Étoall ctonc pas possible que des femufi» de qualité et dan» la toilatte où nous vofans ctUes représoutées dans antre grai^m'e^euaseuiosé se hasarder dans un pai'terre a où pour UA ifai» on mettait l'épée. k la main, » et où l'on éUiit obll^ d^ c ségrinier les filous. »

Voicb encore quelque» détails assez eurleuji ctapruMlft à inSBtofim ém tbrfttlze français écrite patrCbapuotau en 1674» " n m* restti k dfse un mot de la distribulîto ées liqg e« dbs conllturesr,. q|ui occupe deux places d^nr le tb Ituie près des 1092», et l'antre ait parteri-e. Ces places sont ornées de petits lustres , de quantité de beaux lartcs eC de serres ée ediitiil^. On y tient l'été toutes sortes de Ijq^neurs qui rafraîchissent, des limonades, de Taig^ de cèdre , des eaux de framboiise , dr groseille , de ceiise^ plusieurs confilsares sèches, des dlaons, des oranges de la €hine ; et l'AVer on y trouve des liquenrs qui réchauffent Tesiomac, àm ronsolis de toutes les sortes , des vins d'Espagne ,, de la ScfiMiiad , de Kiivesalte » et de SaHit-Laorent. J'ai vu le aeniçs (|tie l'on j» Itiiait dans les mêmes lienx que et In Mre et de b s&npie itene, sansd&ninctlottde romaine Bc (fe citronnée : nais tont m en ce monda de bien en mieux , et de quelque côté que k'on se tnurne» ftris ne fut jiamais si beau, ni si pompeux cfu'il I'es4 \

Le prophlte , et coomk lui tous ks «ais fidèles de Dieu* nnt été les amis dle$ panvres^

L'auméne', c'est le réveil de ceux qid sommeillent; celui qui l'aura faite reposera sous son ombrage, lorsqu'au jour du jugement Dieu réglera le conipte des hommes.

Il passera le Sirale, ce pont tranchant comme un sabre, qui s'étend de l'enfer au paradis.

L'aumône faite avec fol, sans ostentation, en secret, éteint la colère de Dieu et préserve des morts violealcs.

Elle éteint le péché comme Teau éteint le feu.

Elle ferme sohtantd-dix portes du mal.

Faites l'aumône étant sain de corps, tandis que Vous avex Tespoir de vivre de longs jours et que \ous craignez l'avenir.

Di^^u n'accordera sa miséricorde qu'à des miser icordienx; faHe» donc l'aumône, ne fût-ce que de la neHié d'une dette.

Absieif«-vous de mal l^ire , c'est une aumône que vtim ferez 5 vous-même.

Un ange est coostammeot debout à la porte du paradis.

11 crie : « Qui fait Taumôue aujourd'hui sera ra!»sasié demain» » MuximtÊ otrobêM.

LE FUSIL A VENT DE MAUÏN BOUKCEOIS ,

ET L'AÉROTONB DK GTKSIBIBI»

On trouve dans les Èléinents de l'arliHeriê do Flurance

Itivault , deuxième édition, publiée en 1608, un prisagc Ibrt

curieux sur l'Invention du fusil ù vent repréîïênté dans notre

figure 1, et sur l'inventeur lui-même. Rivault raconte que

MAGASIN PITTOUBSyHR.

dès ifT02 il atëlt entendu parler « dNme arquebuse de nou* vellc fabrique ise crt&rgeant simplement d^air, et talent néaninoltis un notable clforl. — Le bruit qui en éruit lors parmi Quelques personnd^ de qualité , qui en avaient vu faire présent au roi , en était venu jusques à moi, mais si sourdement , que Je ne sus alor» ni la figiire de la pièce, ni le nom ût Tauteur ; et m*en étant allé , sur cette première notrvelle, hors de ce royaume, apprendre par expérience quelles étaient les armes de Hcmgrle , je n'avais eu moyen de m'Informer parliculiêrement de cette Invention. Mais retourné de 1^ , et le souvenir d'en avok ouï parler m'ayant rendu curieux d'en prendre langue , Je découvris qu'elle venait du sieur Marin Ikiurgedls, demeurant & Lisieux en Normandie , homme du plus rare Jugement en toutes sortes d^inventions, de la plus artificieuse imagination et de la pitts subtile main à manier un outil de quelque an que ce soit , qui se trouve aujonrdtwi en Europe ; et quant et (outre) le bel esprit qu'il a, suivi <lc tel bonheur eu ses desseins , qu'il n'a jamais essayé artifice quelconque lequel il jugeât possible , que du premier coup il n'y ait divbiement bien rencontré. Et , ce qui est de merveilleux en son industrie , sans avoir appui d'aucun maître, Il est excellent peintre, rare statuaire,. musicien et astronome, munie plus délicatement le fer et le cuivre qu'artisan qui se sache. Le roi a de sa main une table d'acier poli où Si Majesté est représentée au naturel sans gravure, moulure ni peinture» seulement par le feu, que ce subtil iugénienr y a donne par endroits plus ou moins, selon que la figure y a, désiré du clair, du brun ou de l'obscur. 11 en a un globe dans lequel sont rapportés le mouvement du soleil, de la lune et des étoiles fixes à mêmes pas , mesures et périodes qu'ils se voient aller au ciel, il en a plusieurs autres belles pièces. 11 s'est inventé à lui-même une musique par laquelle il met en tablature à lui seul connue tous airs et chansons, et les joue après sur la viole, accordant avec ceux qui sonnent les autres parties , sans qu'ils sachent rien de son artifice, ni lui qu'il eniende aucune note de leur science. Je n'achèverais jamais de particulariber tout ce qu'a merveilleusement achevé ce brave ouvrier, ni moins ce qu'il oserait entreprendre et saurait bien parfaire. iiUitre autres raretés donc qui sont parties de lui, est cette arquebuse comme j'appris de lui-même l'an passé, que j'eus l'iionneur

de ie Connaître et vîjilter che* lui, étant allil ^ LIsleux...

» €etie volonté ^l'apprendre qui nous possède tous, et qui m'a toujours rendti honnêtement dfronié à m^enquérir, me fit presser ledit sieur Bourgeois de me dire quelle était cette machine . quelle était l'Invention dlcelle et les causes de sa force. Mais il me paya lors d'une défense que le roi lui avait (disait-ll) faite de h communiquer. Depuis je l'ai entretenu par lettres, et encore vu h Paris àd dernièrement il se rendit Si favorable & ma louable curiosité qu'il me donna le modèle de son arquebuse et le porirdît tel qu'il est ici représenté.

» 11 joignit îi cette Ogure que son ar(juobusc se chargeait d'air avec une forte seringue; que tant plus 1'air s'y compressait, il avait plus de violence et se couveriissail en vent fort impétueux ; qu*îl l'avait prenilèrement observé des soufflets qui rendaient l'air d'hantant plus f«trt qw plus Hs étaient pressés ; que le principal artifice de ce bâton à air était à retenir l'air compressé dans le canon de cuivre avec de puissantes soupapes, ju.squ*à ce qu'ayant débandé A ail sortie et ail force d^envoycr loin la flèche ou le garol (comme il rappelle) dont le canon de fer se charge; que cette flèche tki garol devait être accommodée de papier au bout qui reçoit le vent, afin de le mieux prendre ; qu'il en avait vn pluiiicurs qui avaient été portés à plu:> de ÙOO pas loin; qu'il avait chargé quelquefois à balles de plomb qui s'étaient toutes aplaties; que le roi et M. de Beaulien, rusé secrétaire d'État, en avaient vu plusieurs épreuves ; que l'œil ne pouvait être si sublil qu'il aperçût la flèciie au sortir du canon; que plusieurs expériences d'instruments *à air et de splillalles l'avaient conduit à cette invention... »

Expliquons maintenant en détail b figurtï 1 , qui est ime reproduction exacte de celle que donnent les ÊlémenU le t'arlitterie.

AB est un canon de cuivre de O^.BO à C'.SS de longueur, et de 0'',10 de diamètre, dans lequel l'air est chassé avec force par une pompe foulante (une seringue) que l'on adapte en N , où il y a d'ailleurs une soupape.

BC est un autre canon de cuivre plus petit que l'on joint au premier.

CD est encore un autre canon en fer de beaucoup moindre calibre , de celui d'un fusil ordinaire , et d'un mètre de longueur. Il s'emboîte dans le second, et se met et remet aisé-

iiiiiiÉiÉUiiiMiilM

fig, I. Fii>il n vêtit imagiDé par Marin Bourgeois, artiste fraoçtis, à la fin du teiiièmo tiècle.

tuent après que la flèche a été introduite par le bout C la > pointe mar(|uée & tournée vers l'extrémité D.

£ esUune espèce de robinet percé d'un trou-qui, lorsqu'il est tourné dans l'axe du canon BC , donne passage à l'air renfern[ié dan.^ AB; alors la flèche placée en C est chassée à rexlérieur. Mais si le trou est tourné de l'autre côté , l'air lie trx>uve aucune issue.

Or, pour qu'il en soit ainsi, il suflit que l'arc IL soit bandé au moyen de la corde EL enroulée sur la roue E ; et cette roue elle- même est retenue dons sa position par le ressort F, qui s'applique sur un arrêt adapté à la roue.

Quand ou veut tirer, on pèse sur le ressort F jusqu'à ce que la petite dent dont il est muni lûche l'arrêt de la roue. E. Alors celle-ci tourne, et l'air comprimé, trouvant une issue , *chasse le projectile le long du canon CD. La flèche M a trois parties : le corps marqué 3 est un bols cylindrique du calibre da canon CD ; le numéro 2 indique un papier ou cornet

i|ui r«coftt le vent ; *la .trotoième.parde M est une pointe de fer ou d'acier. « Ce n'est pas , ajoute notre auteur, qu'on ne puisse diarger à b^lede .plomb* U s'en est tiré qui, de la violence de celle maclune^se sont aplaties contre dea pierres. »

Nous avons dû citer loul au long le passage où l'iurancc ÏUvault, dépositaire des idées de Marin Bourgeois, met eu relief les rares facultés de cet artiste extraordinaire et si peu connu. On aiirait tort de croire néanmoins que le*fusil à vent soit une invention moderne. IjC passage suivant, qui oitre une traduction de la description donnée p«ir Plillon de Byzance de Vaérolone de Ctésibius, periyeiua d'en juger, ( Vtier. malh&mat, opéra, p. 77.) •

a (kl iusirument, dit IMtilon, a été imaginé par Ctésibius, et il est disposé d'une manière irès-Ingénieuse et irès-nalu-relie. Ctésibius avait compris , d'après les principes de la pneumatique que nous exposerons plus tard, que Pair esl

"im.

MAGASIN) PIirTORE>SQl>B.

doué d*une force merveilleuse de mobilité et d'élasticilé , qu'on peut le condenser dans un vase suffisamment résistant, et qu'il est alors susceptible de se raréfier promptement en revenant à son volume primitif ; Gtésibius , qui élaii un habile mécanicien , pensa avec raison que ce mouvement pouvait prêter aux catapultes une très-grande fprcc et un clioç. très-rapide. Dans ce but, il prépara des vases de forme semblable à celle des boites des médecins , qui n'ont pas d'opercule : il les fil en airain étiré afin qu'ils eussent plus de force et de solidité. L'intérieur de ces vases était tourné , leur extérieur dressé à la règl^. Oh y introduisait un piston qui pouvait s'y mouvoir en frotlanl contre la surface Intérieure , de telle sorte qu'aucune liqueur ne pût filtrer au travers , quelle qnç fût la force du choc. On ne doit ni s'étonner , ni douter qu'on puisse obtenir ce résultat ; car, dans le tube à main que l'on appelle hydraule , le soufflet qui transmet l'air au fourneau est d'airain et travaille de la même maniiire que les vases dont nous venons de parler. Gtésibius nous démontrait alors de quelle force et de quelle Rapidité de mouvement l'air .était doué. Un couvercle étant soudé sur l'ouverture de ces vases , il poussait le piston ù grands coups de marteau avec un coin. Le piston cédait un peu jusqu'au moment où l'air renfermé ù l'intérieur était assez comprimé pour que les plus grands coups ne pussent faire avancer le coin davantage. lorsqu'on venait ù chasser le coin, le piston sautait en dehors du vase avec une grande force. Et souvent il arrivait qu'on voyait jaillir du feu provenant de la rapidité <lu choc de l'air coutre le vase... »

Sans aller plus loin , et sans suivre Philon dans le détail qu'il donne d& l'appareil modiQé de manière à lancer des pierres à une très-grande distance , on ne peut se refuser à reconnaître dans le passage précédent l'idée première du fDsil à vcnl. L'apparilion du feu , lors de l'explosion, est un

phénomène caractéristique, qui prouve bien que l'expérience a été réellement faite par Gtésibius, 1700 ans avant Marin Bourgeois. Mais combien l'appareil du Français n'est-U pas supérieur, par le mécanisme, h celui que décrit P|{j{o Byzance! ' .."l]

Le passage de l'auteur gi'ecest précieux, du reste, ^ coup d'égards. On y voit clairement indiqué l'usage} piston et d'un corps de pompe métallique, commf i soufflante ; puis l'art d'aléser un cylindre métallique \ inventions auxquelles on attribue une .date beaucouîki moderne, et qu'il faut reporter à 2000 ans en arrière.

Après avoir fait ainsi la part de l'antiquité et de la i sance , il nous reste à parler de l'état actuel de la (

Les figures 2 et 3, que nous empruntons, ainsi que I cription suivante , au Dictionnaire des arts et ma turcs de M. Laboulaye, montrent la forme que l'ou < aux fusils à veut conservés dans les cabinets de pby La crosse U est un réservoir en cuivre muni d'une soup s'ouvrant du dehors en dedans. On dévisse cette ( on y comprime de l'air sous une pression de huit à < mosphères, à J'aide d'une petite pompe foulante F. OÉi i alors la crosse en place et on charge la balle B dans le < du fusil.' Ensuite , on fait partir comme a rordii^É|1 chien P, et celui-ci fait bas(5uler le levier ft, dont l'exU inférieure pousse la tige e et ouvre la soupape s ; avec violence , chasse la balle , et la soupape se i l'instant. On peut tirer de suite d'autant plus de coufMli le réservoir est plus grand ; mais l'intensité de cliaqo^j va en diminuant rapidement. Telle est la cause pour ta le fusil à vent a'a jamais été employé jusqu'à présenti arme de guerre.

Mais il y a déjà dix-huit ans qu'un mécanicien ausst^ desle qu'ingénieux , THlventeur de la célèbre perrotme-^

Fig. a Coupe longitudinale d*un fusil à vent prêt à tirer.

Fig. 3. Coupe tonçitudinale du réservoir et de U pompe foulante destinée à charger le fusil.

tiré de ridée première de Gtésibius et de Marin Bourgeois un appareil d'une haute perfection , qu'il nous a été donné de voir fonctionner, et dont les effets seraient terribles ; car au lieu d'agir d'une manière intermittente comme toutes les autres armes, le fusil à vent de M. Perrot, à l'instar du fusil ù vapeur perfoclionné par PerkUis, « projette à volonté , dit M. Arago, un flux de balles tellement serré, tellement continu, qu'après peu de minutes d'expérience, le laige mur sur lequel un homme tirait en donnant une légère oscillation régulière au canon, n'offrait pas un décimètre carré de surface c|tt n'eût été frappé Manœuvrée par deux hommes

seulement, Parme nouvelle serait en mesure de mettre un régiment en coupe réglée. •»

l.a France ne cherche pns la guerre ; mais il est certain

que si elle était obligée de la faire , plusieurs perfectioiuMments de détail introduits dans toutes les parties de l'art militaire , et dont elle seule possède le secret , lui permettraient de la faire avec un avantage marqué , même k inégalité de force numérique. L'arme de jet si terrible dont nous venons de parler n'est pas le moindre de ces perfeei tionnements.

BUREAUX D'ABOIfR EMEUT ET DE VMTB,

rue Jacob, 30, près de la rue des Petlts-AugustUtt. " '

: ,...rrr-^ f

MAGASIN pirronESQUE.

Page 1