‹ Le Magasin pittoresqueChapitre 123 sur 185 · O DOUCE MÈRE I · texte numérisé non relu

O DOUCE MÈRE I

O douce mère I je ne puis pas filer, je ne puis pas rester assise dans cette petite chambre , dans cette étroite maison.

Le rouet s'arrête, le fil se brise, 6 douce mère ! il faut que je sorte.

Le printemps l>ri]le ^ pur à travers les vitres I qui peut rester, qui peut rester asfdse au travail?

Oh l laisse-moi allef^ laisse-mol voir si je ne puis voler comme les oiseaux.

Laisse-moi voir, laisâe-moi entendre oA le vent souffle, où le ruisseau gazouille, ùk la fleur s'épanouit.

Laisse- moi parer mes cheveux bruns avec le feuillage vert; et si des jeunes gens viennent en troupes folâtres, alors je ne resterai pas, je me sauverai.

J'irai me cacher derrière les buissons jusqu'à ce que le bruit de leurs pas et de leurs voix s'évanouisse.

Mais si un pieux jeune homme vient m'apporter la dernière fleur pour fmir la couronne de mon bonheur,

Devrai-je l'accepter, le regarder amicalement, douce mère, et quelquefois m'asseoir à ses côtés? Rcckert.

11 est quelquefois curieux d'opposer les opinions des grands écrivains à l'opinion populaire.

Jugement de Chaleamhfiand sur Henri /F.— Henri IV était ingrat et gascon , promettant beaucoup et tenant peu; mais sa bravoure, son esprit , ses mota lieureux et quelque^ fois magnanimes, son talent oratoire, ses lettres pleines d'originalité , de vivacité et de feu, ses aventures, le feront éternellement fivre. Sa fin tragique n*a pas peu contribué à sa renommée : disparattre à pfopos^dé la vie est une condition de la gloire. On aTeat ftiit une fausse idée de ta manière dont les Bourbons parvinrent au tr^nê : le vainqueur dMvry n'y monta point botté et éperonné eu sortant de la batalUet il capitula avec ses ennemis, et^es amis n'eurent souvent pour toute récompense que l'honneur d'avoir partagé sa mauvaise fortune.

* . Opinion de M. de Bùnaîd sur le même prince, — On a entrepris de nous faire un roi tout débonnaire de Henri IV, qui, pour conquérir et gouverner son royaume, sut être plus d'une fois rigoureux , Souvent Inflexible et toujours ferme. On affecté de parler du gdnéreux pardon qu'il accorda à la Ligue ; non , ce grand homme ne pardonna pas 5 la Ligue, burant tout son règne , il en poursuivit sans relâche les restes; il employa, pour éteindre cette fusion, une rigueur dont seraient bien surpris les bonnes gens qui parlent jusqu'à satiété de la clémence de Henri IV, gens qui Semblent n'avoir puisé leurs notions sur ce grand prince qu'au Vaudeville ou à l'Opéra-Comique. « Je suis , écrivall-ll à Ga-

» brielle i je sub devant Paria «4 Dle« m^Mdistera» . J>i » pris hier les ponts de Charentoa el 4e Saint-piatu ^c^9pa » de canon , et pendu to9t .ce qui élak dedaaa^ » ; . .. > Edmond 0^rki mf^fUmim^ — L^tronmité^t jadôv* ceur de.Hêari IV ne se présentèrent jamaia sur 1^ rpujte;4e ses iiHérêts ; jamais H n'épargna le sang de oeiui qui a^oppqsalent à lui. Ce sanc coula souvent dans les combats, quelquefois sur l'échafaud.

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