‹ Le Magasin pittoresqueChapitre 125 sur 185 · STKB0LE8 NATIONAUX · texte numérisé non relu

STKB0LE8 NATIONAUX

lîes Oaulpis imitèrent, et la plupart du ,tempr a^ns e(t ïAs^ icopaprendre le sens , 1^ monnaies grecques et roipain^ - iGbaque copie aeryant à son tour de modèle à une reproduction plus Iiarbare , les types primitifs finirent bientôt

• par loinber dans la plus étrange confusion. Trompé par cette obscurité , on prit longtemps pour des symbples particuliér&des (leuples de la Gaule certains signes qui n'étaient

* «cependant que le produit de ces altérations successives. Tel ' ^asi, par exeny>Ie« le cheval nu tfig. 13) ou bridé (fig..l/i) ;

imitations dégénérées du bige antique , dans lesqi|elles on a Toulu voir un emblème de celte nation. Tels sont également le cMHune, Taigle^et le ca-v^Uer^ typ^ divers longtemps (k) Umûxrtê du comte d».GsaiiiBioBt^ Ifuu 4ai ahc£k4!œuvré da k littérature franfisiM.

méconnus, et dont nous nous bornons à reproduire tmseni écbaniiUon dsms la pg. ié» Mais parmi lies nombreusea

Fig. x3.

Fig. 14.

images on doit endistinguer quelques-unes qui,^réqùemment reproduites d^n^ les mêmes localités et avec les jn^n^ |n- 9cripti9ns , étrangères d*ai]Ieu^s à la nupjsooiatique de i'apr tiquité, méritent à plus juste titre d'être considérées ^fiofnk de véritables signes distinciifs, propres à cert^i^es peuplfidea de la Gaiïlc , et qne nous dasjterons ici au rang de nos pre- VÇtkrs symboles natif^nanx.

BiTïif. — Le bo-uf, que présenie la fîg. 16, se retrouve sp^dakment ei d'uue maoièr*^ caractéristique sur la monnaie des Véliocassçs, peuple dont la capitale est devenue la ville de HpueDi

Ouerrier gautoia,— Le guerrier armé et debout, appuyé sur le boutlît^r obloiig ,%. 17), semble être eu quelque sorte le blason national d'un canton des AiTenïCH (TAuvergne)»

Téies d'ennemis vaincus.— La fig. 18 nous offre Ip des-

it.

Fig. f?. Tïir

sin d'une imitation gauloîse dti siatère grec , d'aprbs une pièce oiigjuule féUjIqiiée el trouvée en Bretagne. Sur ie cûté de la ffitt; ^ on croii disiInguiM', quoique d'uoe manière asseï confune, deâ clialnes auiquel]e.H sout Ëunpt^miues H teicb des ennemis vaincue ; syuibole loui à fait barbare , et qui , à Tépoqiip (ïù furen! nv^ppties h*^ f^sptos qui le présentent, n'était plus applicable qu'à cette localité (i).

Fleur de lis gauloise.— fions comprendrons dans la même catégorie la fleur de lotus ou fleur de lis gauloise qui décore la monnaie des Santonfis {Saintonge y. Voyea flg. 19.

Sanglier gaulois. — Indépendamjtaent de tous les signes que nous venons d'énumérer , il en est un auure qa| je reproduit avec une constance bien digne de flxer Tatteur tion : c'est ie sanglier ou sus gallicus deç archéologues. Toutes (es monnaies sans exception t /)ue nous avons eu l'occasion de citer précédemment (fig. i3à 19), offrent l'image de cet animal. Le sanglier se retrouve encore sur les monnaies d'Avignon , de Nîmes , de Gahors , de Poitiers , de Paris ^ d'Évreux, de GhAion^ , de Toiu-oay; ;iur les monnaies gauloises d'Angleterre , d'Espagne , d'IUyrie , de Galatie ; en un mot , non-seulement chez toutes les populations du territoire de la Gaule , mais encore dans tous les pays qui reçurent des colonies gauloises. En mainte occasion (et notamment fig. 15), on le renconure & l'éiat d'enseigne militaire (voy. aussi plus haut, fig. 1). Si maintenant l'on rapproche de ce fait la mention de Valéilus Flaccua , relative aux Coralles , peuple situé à l'embouchure du Danube, on conclura que d'un bout de l'Europe à l'autre, et même au-delà de ces limites , tout ce qui était gaulois se servait de ce signe comme d'un symbole à la fois militaire et national. Ainsi donc, d'une part, les diverses populations du sol que nous habitons aujourd'hui aflectaient , dans certabies localités, des signes distinctifs ; et , d'un autre côté , un emblème général , le sanglier, éuit une

(i) La plupart des matériaux et des appréciations qui composent le présent paragraphe sont empruntés à une dîssertciion remarauable publiée par M. de Lji Saussaye , atijourd'bai meaibn de r*Académie des inscriptions et belles lettres, dans la &tme djB jomffiiuitatitufs, tS4o» p. «44 et iniv.

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*ir-

sorte de symbole commun à tous les peuples de la famille gauloise.

Fig. 19.

Fig. ao.

Coq gaulois. — Quelques auteurs se sont plu également à présenter comme un emblème national le coq gaulois, et se sont efforcés d'attacher à cet insigne une haute antiquité. L'argument le plus spécieux qui se soit produit à Tappui de cette opinion , consiste en une médaille gallo-romaine découverte à Lewarde (Nord) versl8/iâ, et qui porte en effet, à son revers, une image de cet oiseau (voy. iig. 20). Mais le fronton de temple, qui accompagne celte première figure, indique assez la pensée toute romaine qui présida à sa composition , et rien ne prouve que le coq joue ici le rôle que Ton a voulu lid |>rèter. Quoi qu'il en soit , ce monument curieux peut fiire considéré comme l'objet d'un rapprochement bizarre, et l'importance politique que s'est acquise dans ces derniers temps \ecog gaulois , nous fait un devoir de rechercher avec soin l'histoire de ce symlioie.

L'idée toute moderne , qui fait d'une nation un être collectif abfitrait, souverain et indépendant, est, comme on sait, à peu près étrangère au moyen âge. On chercherait donc vainement dans les monuments, comme dans la pensée de cette époque, le signe d'une Idée qui n'existait pas encore. Toutefois, en restreignant le mot nation à la stricte acception qu'il obtenait alors, et en l'appliquant à notre patrie, il est facile de prouver que, dès une date reculée, sans remonter néanmoins à une chimérique antiquité, le nom et l'image du coq furent usités comme le symbole de la France. Et d'abord on ne saurait nier que l'origine de cet emblème provient tout simplement d'un jeu de mots latins , langue dans laquelle Texpression de gallus sert ù désigner à la fois un coq et un habitant de la Gaule. Aussi est-ce seulement à partir de la renaissance des lettres classiques que cette locution emblématique commença à se généraliser, et que peu à peu le coq servit ^n quelque sorte à la France alarmes parlantes. En 1566, Danès, notre ambassadeur au concile de Trente, s'élevait élo- 4quemment contre les désordres des prélats d'Italie. Gallus imnta$ (Le coq chante) I s'écria ironiquement Pierre, évèque ' 4'Orviète, qui se sentait blessé par les traits de l'orateur.] ffftinam ad galli carUum, répliqua celui-ci sans se décon-i iMrter, Petrms resipiscerel ! (Plût à Dieu que Pierre^ en en- 1 Isndant le chant du coq, vint i résipiscence I) A quarante ans 4e là^ en 1585, vn de nos portes les plus renommés de son ^èole^ Passerai f dans un poCme latin en l'honneur du coq,

Fig. ai.

Joiiilt wr ta mtmt équivoque , et propageait celte fiction, toute' UtCéraire, que le nom des valeureux habitants de la Oanle, leur venait de l'oiseau vig;ilant et hardi que les anciens consacraient au dieu Mars* Dès le siècle suivant , nous voyons chez toutes les nations de l'Europe, à qui la langue latine

était d'un commun usage, le nom et la figure du coq se répandre de plus en plus pour distinguer et représenter la France. Le monument des arts Je plus ancien, qui noôs ofte un exemple de.cctte application , est une médaille de Ift^lf frappée en Italie pour célébrer la naissance de Louis XIII , roi de France. .Sur l'un des cùiés (voy. fig. 21) , un en&nt tient d'une main un sceptre, et de l'autre une fleur de Us. A ses pieds est un coq, emblème de la France, portant une couronne et dominant un globe. Légende : Regnis nalus ei otbi. ( Il est né pour ses peuples et pour le monde.) Pendant le siècle de Louis XIV, la numismatique , la sculpture , la peinture, la gravure, ofirent très-fréquemment le coq gaulois comme symbole de la France , non seulement chez 0^, mais encore à l'étranger. Sur le fronton intérieur de lax^mr du Louvre , adossé à la colonnade (voy. fig. 22) , on voîck

Fig. aîi.

coq français placé au milieu d'un soleil radieux. Il taàHt au déparlement, des estampes de la bibliothèque nafMale dans un portefeuille réservé aux œuvres d'omofeurj ^fciftreSf une gravure à l'eau forte de la main de Louis' |LYI et qui parait être un billet de spectacle ou de conceif ; le coq gaulois figure ahisi que le /is, parmi les attributs,' qui composent l'entourage du billet proprement dit , dessinés et gravés par ce monarque , dans les premières années de son règne* Lorsqu'en 1791 la France prit en son propre ttOB pour symbole le coq gaulois , elle ne fit que revemttfner un signe depuis longtemps consacré par la tradition, et dont les étrangers avaient appris eux-mêmes à comprendre plus d'une fois la valeur. Sous le règne de Napoléon, l'algie linpériale vhit remplacer pendant quelques années le coq gaâïois que l'on retrouve sur des drapeaux, sur des médailles et sur d'autres monuments de la révolution française. U convient toutefois d'observer que le coq gaulois ne reçut pidtiiquement ime consécration officielle et définldve» là -realanration n'eut donc à son tour aucun motif de le pfWtire, et nous le voyons en effet reparaître dans les œafres d'art de cette époque , associé la plupart du temps, comne par le passé, aux insignes mêmes de la dynastie régnante^ jkprès le triomphe de 1830, sous l'inspiration poétique dHn.mavenir qu'avait popularisé l'un des chants de Bérangir » Je coq gaulois fut salué par acclamation comme synabolt natioiiai , et reçut bientôt de la royauté constitatioii|DeHe h sanction légale qui lui avait manqué jusqu>loitir^ Àpuis celte époque le coq gaulois ne cessa plus de figurer jiir le sceau de l'État et sur les drapeaux de la garde et de l'armée*

BUREAUX D'AEOmVElfBlfT Bt DE TEmif

rue Jacob» 80, près de la rue des PeUtt^ ug M li M i IflÉprinsne de L. Vmtamr^ mt Jasob, Sa|C

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