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NATURALISATION DU LAMA (1^ EN FRANCE

I^mas. — Dessin par Werncr.

Quand nous scra-l-il doiio^ de voir en réalilt^ ce que rcpi4Mill«'laf«a9uve4|iii pnîc^e : un uoupeau de Lamas dans

(' ) lW)y^.i«#lVhitlptt»p^ti!llejdt r«| «Aimai,, t836, p. ^oj. Tomi XVf. — Sf.rTKMBRK 184H.

nos moi\^agncs ? Quand récolterons-nous dans nos Al|)<s , dans nos Pyrénées, dans le Cantal ou le Jura celte beUol^iino que nous tirons aujourd'hui de l'Angleterre, qui elle^môuie la f«i, venir du Pérou et <lc la Bgllrfe;^^ by V^OOglC

Bientôt sans doute. Nous n'avons fait, espérons-le , qu^anliciper de bien peu sur Tavenir. El môUie , si noire planche est fictive, elle ne l'est que par le cadre que nous lui donnons. Ceux de nos lecteuis qid ont visité depuis peu la ménagerie du Muséum d'iiistoire naturelle y ont vu le petit troupeau de Lamas que notre dessinateur a transporté dans les Pyrénées: des individus qui le composent, la moitié sont nés à Paris, et les autres sont parfaitement acclimatés.

Tandis que ces expériences , si concluantes en faveur de la possibililé de naturaliser chez nous le Lama , s'accomplissaient h Paris par les soins de Tadrainistration du Muséum d'iiisioirc naturelle, d'autres se poursuivaient avec un égal succès, et parfois sur une plus grande échelle, sur divers points de Pliurope. M. Slcphenson , en Ecosse ; lord Derby , dans la niagniiique ménagerie qu^l a fondée dans son parc de Knowsley, près de Liverpool , ont fait reproduire, soit le Lama proprement dit, soit cette variété plus précieuse encore par rabomlancc et la beauté de sa laine , que Ton connaît sous le nom d*Alpaca* Otiekjuos couples paraissent exister aussi en Allemagne; mais l'expérience la plus curieuse de toutes, sans contredit, par les circonstances dahs lesquelles elle n été tentée, est celle qu'a faite le loi de Ilollaude , Guilluflmô If , dans l'un de ses parcs, près de La Haye. Au pied de» dunes de la Hollande comme à I*aris, comme en Anglelerr«, comme dans les montagnes de l'Ecosse, le Lama et l'Alpatîtt ont parfaitement réussi , et en peu d'années un troupeau de plus de trente individus a été formé.

Le moment est donc près de nous, tout nous autorise h le peniiT, 01^ nous verrons naturalisée dans nos montagnes une espèce dt»llnée à prendre plaCe Immédiatement parmi nos phïs précieux animaux domestiques. Seule entre toutes, elle sera ù la fols bête de somme , bêle de boucherie et béte à laine» chacune des variétés ayant d'ailleurs ses avantages propres î Punc, par exemple» le Uma, plus robuste et plus propre au trani|)ort des fardeaux; l'autre, PAlpaca, cliargé d'une toison aussi remarquable par sa beauté que par son abondance! d*unc lafne qui souvent dépasse 3 décimètres, et qui parfois est plus longue encore, à ce point qu*eile tombe jus<|u*à terre, ainsi que l'alleitenl divers voyageurs.

Voilà ce qui faisait dire à BulTon, dès 1766 : « J'imagine » que le Lama, l'Alpaca , la Vigogne , seraient une excellente » acquisition pour l'Europe (ipédalement pour les Alpes et » pour les Pyiiënées, dtl-il dans uiie autre phrase) ; qu'ils » produiraieni plui de bien$ réelê que tout te métat du mu- » veau tnonie.» Voilà cequl faisait dire de nouveau à ce grand homme, quelques années plus tard, en 1782 : « Le ministre n qui aurait contribué à enricliir le royaume d'un animal i> aussi mile, pourrait s'en applaudir comme de la conquête j) la plus importante. »

Mais le ministre auquel Buflbn faisait appel par ces paroles ne les entendit pas. Le grand naturaliste n'eut pour réponse que tes criUques des demi -savants. On l'accusa presque d'avoir m.connu les principes de ta science pour avoir supposé la naturalisation possible en France. Où trouver en eiftii, cliez nous, disaluon , des localités semblables à celle que le Lama habite dans les CordHières 7 Où trouver surtout celte herbe particulière, Vickû, dont il se nourrit habituellement t MihéraWes ofeilectloiis auxquelles Buffon, alors plus que septuagénalrc, &^»pposa que ces mots : ^Jepetêitte à croire » qu'il eerait autêi posHbU qu^U maU important de » natui-allser chei nous ces trois espèces d'animaux si utiles » au Pérou. »

Cette fois encore , et de même que lorsqu'il pressentait toutes les grandes idées aujourd'hui dominantes en histoire naturelle, BulFon a eu raison contre tous : le temps a justifié ses prévisions si fermement présentées et maintenues. Aujourd'hui la possibilité de la naturalisation du Lama est démontrée expérimenulemenl jusqu'à l'évidence, et l'utilité en est si bien sentie qu'une expédition destinée à l'impor- UUon d'un troupeau de Lamas et d'Alpacas est préparée

simultanément , depuis quelques mois, et par le gouvernement, et par l'industrie particulière.

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