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QUELQUES JEUX DU MOYEN-AGE

Yoy. sur les jeux 1847, p. 67.

Echeci. — La bibliothèque Gottonlemie possède an mannscrtt du treizième siècle qui, au-dessous de la figure d'on échiquier ordinaire, de forme carrée, an présente une autre de forme clrcnlaire que noua «eproduisons ici (fig. i.). Les

Fig. z. Échiquier drcnlaire.

numéros y indiquent la manière de placer les pièces , éna* mérées dans le vers latin que voici :

Miles et Alpbinus, rcz, roc, regim, pedinns.

Les numéros et les pièces se correspondent de la manière suivante : 1, le roi ; 2, la reine ; 3, la tour ; A, le fou ; 5, le cavalier ; 6, le pion.

Le mot Miles du latin désigne le cavalier ; AlpHinus est le fou ; Roc est la tour.

Dans un manuscrit de la bibliothèque roy.ile de I^ndres, à peu près de la même époque que celui 4^|-y^^ d*ètfe

'^•^erby'^tll^tydgïl'

Si!^

question, on ne trouve pas moins de quarante-quatre noms donnés à autant d'espèces différentes d'échecs; et comme il y en avait avec lesquelles on jouait de plusieurs manières , on peut compter en tout cinquante-cinq variétés de ce jeu. Au-dessous de chaque titre se trouvent tes règles particulières au jeu qu'il désigne.

La marelle,— Ceii un jeu très-ancien comme nous avons déjà eu occasion de le dire ( Voy. 18/tO, p. 3:2 ). 11 était autrefois fort en honneur parmi les bergers , et il continue à être en usage parmi eux et les autres gens de la campagne, en Angleterre. La forme de la table de la marelle et les lignes qui y sont tracées sont représentées dans la Ggure 2 , qui remonte au quatorzième siècle.

Fig. s. La Marelle.

Qes lignes n*oat pM varié depnis lors ; les points noirs 4 disque angle et intersection de lignes indiquent la place des pions qu'on dioit y laisser. Ces pions se distinguent par d€8 différences de forme ou de couleur. Voici , en peu de mots, en quoi eonsiste le jen : deux personnes ayant chacune neuf jetons ou pions les posent alternativement, un à un ,' sur les points; et le soin de chacun des joueurs est d'empêcher son antagoniste de placer trois de ces pièces de manière à former un rang noii interrompu. Si un rang de ce genre est formé, on a le droit de prendre à volonté Tune des pièces de son adversaire ; excepté toutefois parmi celles qui forment un rang , pourvu qu'il y en ait d'autres auxquelles on puisse toucher. Quand toutes les pièces sont placées , on les joue eu avant et en arrière, dans toutes les directions où les lignes sont tracées, mais on ne peut sauter à la fois que d'un point à un autre qui en est voisin ; celui qui prend toutes les pièces de son adversaire est le vainqueur. Lorsque les gens du peuple , en Angleterre , n'ont pas sous la main de quoi se faire tme table pour ce jeu, ils tracent les lignes sur le sol, et font un petit trou pour chaque point. Ils ramassent alors, pour leur servir de pions, des pierres différentes de formes et de couleurs , et jouent en les plaçant dans les trous de la même manière qu'ils poseraient les pions sur la table.

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Fig. 3. Le Renard et les Oies.

Le renard et les oies, - • Ce jeu ressemble un peu 4 celui de la marelle par la manière dont les pièces se meuvent , mais II eh diffère sous d*autres rapports, et particulièrement

par la forme du tableau ; les intersections et les angles sont plus nombreux , et par conséquent les points le sont aussi davantage, ce qui ajoute au nombre des coups.

Pour jouer ce jeu, il y a dix-sept plixes qui représentent les oies, et qui sont placées comme l'indique la flgure 3 ; le renard est au milieu, se distinguant par sa taille ou sa différence de couleur. Le but du jeu est d'enfermer le renard de telle sorte qu'il ne puisse plus se mouvoir. Toutes les pièces peuvent aller d'un point à un adtre, dans la direction des lignes droites, mais sans franchir deux espaces à la fois* Il faut observer que sur ce tableau les trous sont quelquefois percés de part en part, et qu'on y introduit des chevilles en nombre égal à celui des oies, le renard étant distln';;(ié p^ir une cheville plus haute et plus grosse que les autres. Les oies ne peuvent prendre le renard ; mais le renard peut prendre une oie dans une case quelconque, si le point derrière elle est inoccupé, n'est pas gardé par une autre oie. I^a partie est terminée si elles sont toutes prises ou si leur nombre est réduit de telle sorte que le reiiurd ne puisse plus être enfermé. Le grand défaut de ce jeu consiste en ce que le renard doit inévitablement être bloqué si les oies sont maniées par une main tant soit peu exercée. Aussi quelques joueura ont-ils ajouté un autre renard.

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Fig. 4. Jeu des Philoiophei.

Le jeu des philo8opheê,—lJn manuscrit de la bibliothèque T^ Stoanienne au muséum britannique nous donne sur ce jeij^^^

MAGASIN IMTTORES^JUE.

quelques notions, fort imparfaites il est vrau On l'appelle , dit Tauleur , un combat de nombres, parce que les pions y combattent et luttent ensemble par la manière de compter ou de supputer comment on peut prendre le roi de son adversaire , et obtenir le triomphe d'après rinsuffisance des calculs de celui-ci. Ou peut dire, par conséquent, que vous pouvez triompher aussi bien en prenant les pions de votre ennemi qu'en Pempéchant de prendre les vôtres.

La tablette sur laquelle on jouait ce jeu était de forme carrée. L'intervalle de séparation entre les deux armées était de huit cases, et seize autres cases étalent vides. Une moitié des pions étaient blancs, l'autre moitié étaient noirs. Chaque joueur avait vingt-quatre soldats constituant son armée , et un d'eux était appelé pyramide ou roi. Un tiers des pièces étaient circulaires, formant deux rangées devant le front de l'armée ; un tiers de pièces triangulaires étaient placées au milieu ; le dernier tiers, composant l'arrièrc-garde , étaient carrées, et une de ces pièces placées au cinquième rang était la pyramide. Outre les couleurs qui distinguent les pions des deux partis, chacun d'eux était marqué d'un nombre particulier. On donnait à chacune des deux armées le nom de pair ou d'impair , suivant qu'elle présentait un nombre de l'une ou l'autre nature. Les deux armées au comuicncenient du jeu étaient rangées eu face l'une de l'autre dans Tordre que représente la figure /|.

Jl serait trop long d'entrer dans les détails de ce jeu, à l'explication duquel renonce l'auteur anglais auquel nous empruntons ce qui précède ( The sports and pastimes of Ihepeople of England): il suffit de dire que chacun des joueurs devait chercher à prendre lé roi de son adversaire.

Jeux divers. — Dans un livre de prières du quatorzième siècle (collection de M. Francis Douce), deux dessins représentent des jeux d'adresse dont le nom est inconnu , et qui vraisemblablement étaient alors en usage parmi les écoliers (fig. 5). Dans l'un, on voit un enfant assis sur un bâton, audessus d'un baqyet plein d*eau ; il vient sans doute de réus-

fig. 5.

sir à allumer .une bougie à Taide d'une au^ bougie placée à l'extrémité du bâton. On peut remarquer qu'il tient le bâton serré entre ses deux jambes pour se maintenir eu équi-

Fîg. 6.

libre. Sa bougie e^l attachée à m morceau de bois transversal qui lui a permis d'atteindre l'autre lumière sans trop

se pencher. Dans l'autre dessin (fig. 6), deux enfaui^ gliî»sent sur un banc incliné ; ils sont assis et leurs mains sont jointes sur leurs genoux : l'un des deux enfants renversé »ur le dos approche sa tète de l'eau d'un baqueu U est assez ditficile de se rendre compte de ce jeu qui consistait peut-être seulement à mouiller l'extrémité des cheveux sans perdre l'équilibre et tomber tout-à-fait dans l'eau.

Un manuscrit du môme siècle figtu-e un jeu plus simple et plus ancien (fig. 7 ). On suspendait à une corde un froit, que l'on devait saisir avec la bouche , en tenant les mains

bai5sées. Ce fruit, mal (iguré dans le manuscrit, était ordirwirement une orange , une iwninic ou une cerise : lu mobilité de la corde jusqu'à la hauteur du sommet de la tête, rendait diflicile d'atteindre le fruit avec les lèvres ou les dents. «Ce jeu, dit Arbuthnot, enseigne à la fois deux nobles vertus : la persévérance pour parvenir au but, et, après l'insiiccès, la résignation, n

Fis. 8.

Fig. 9.

MAIÎASIN I^ITTOUESQUË.

d*uiie forme singulière (ûg. 9). La variété des moyeas pour

cU venir la loule et tirer d^elle queique petite aumône n'était pas

moins grande au moyen-ûge qu'elle ne l'est de notre temps.

Plusieurs autres dessiixs du quatorzième siècle donnent

une idée de rnîTérenb exercices d'adresse ou de force , qui tenaient lieu, dans les classes non privilégiées, des exercices de la quintaine et des joules réservées aux nobles. Les figures (10, 11, 12) n'ont besoin a aucune explication. Là figure 13

Fis. 10.

Fig. ri.

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Fig. i3.

Fig. i4.

représente un tour d'adresse qui a quelque analogie avec celui que rappelle la rig!:re 5.

Indépendamment de tous ces jeux il y en avait un grand nombre & certaines époques de l'année, surtout à Noél, qui rappelaient les saturnales anciennes et que continuent les mascarades modernes. Un manuscrit conservé à la bibliothèque Bodleienne, écrit et enluminé sous le règne d'Edouard 1 1 1 , ^l aciicvé en i3/|/i , représeulc une sorte de daase c'os fou«^

(fig. 1^). L.a bande joyeuse est accompagnée de deux musiciens; l'un joue d'un orgue portatif, l'auire d'une cornemuse. Celte danse faisait-elle partie de la cérémonie ridicule qui avait lieu dans les églises sous le nom de la f^tc des fous ? C'est une question diversement r«'Solue par les érudits ai\'. glajfj : S/'.'til'. dit oui, mais Douce dit non.

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