LE MÉDECIN DE CAMPAGNE
Fragment du Journal d*un maître d'école.— Voy. 1843, p. iS, ag, 61, 93, 166, i38, 170, 309.
Dessin et gravure par les frères Gihardet.
11 me prend fantaisie de raconter comment Je le vis pour la première fois. Brave homme que j'ai connu trop tard, et dont le souvenir m*est si doux ! Suivant la Faculté, ta science était peu de chose peut-être ; ta bibliothèque n'était pas volumineuse; tu n'avais pas, le bistouri en main, poursuivant sur une chair morte et décomposée les mystères de la vie et de Torganisation , déchiqueté force cadavres. Armé d'une loupe, tu n'interrogeais pas , sur les secrets de la sensibilité et de la souffrance , des nerfs retirés et tordus de douleur. Tu laissais la foule des savants chercher l'oiseau dans la cage Tide , r&me dans le corps expiré. C'était à la santé que tu demandait raison de la maladie, et les agitations de la pensée t'expliquèrent souvent le désordre des organes. Tant d'autres prétendent que la matière leur rende compte de l'esprit ; à toi 9 c'était l'esprit qui révélait la matière. Tu traitais les désordres de l'âme en même temps que ceux du corps ; l'ardente flamme de la charité éclaira ton génie ; que de choses ToMi XYI.— Octobre 1848.
tu savais , honmie simple ; que de mystères, ignorés des habiles , se laissèrent pénétrer par ton observation constante , sagace , qu'éclairait le tendre amour de l'humanité I
J'oublie, en parlant de lui , que je voulais raconter notre première entrevue : c'était par un jour d'été morne et lourd ; je montais la route inégale, à raboteuses ornières , d'un petit village qui , d'une façon pittoresque, coiffe le sommet de la plus haute colline de nos environs, et porte un nom d'ange , comme s'il eût fallu des ailes à son patron pour se percher si haut. Dès le grand matin , nous avions eu de la pluie , et le soleil restait voilé. Cependant les moucherons commençaient leur danse , les mouches bourdonnaient , et les liserons , sur le bord des sentiers, relevant leurs têtes, ouvrant leurs blanches coupes à arêtes rosées, exhalant leur léger parfum d'amande , annonçaient que les nuages allaient se dissiper, et que la journée serait brûlante. J'entendais audessus de mol, derrière un coude du chemin ,
îy'iïjœgïe
d*une charrette roulant sur les mobiles cailloux. Tout à coup un choc violent, un craquement, un cri, et le cheval renversé sur la pente raide, glissait, pressé parle brancard, contre les silex anguleux. Le charretier, s'accrochanl aux roues , s'ellbrçait d'arrêter l'élan , de soulever le poids , de soulager sa bête, ^e courus raider.
Ce ne fut pas san^ peine qujs nous vînmes à bout de déboucler les courroies, de détourner le (jrancard , de dételer, de relever le pauvre animal ; le paysj^ se lamenuit :
« De la vie s^ juj^ent n'avait buté , disait-il. Maudite béte t Avec une charreitiç h vide l quand \i s'en allait charger 1 Faut-il avoir du malheur? faut-il I 9
Les lamentaUons n^e remédient ^ rj^n ; |e le dis au paysan , et promenant mon doigt à peu d,e distance du clieval , j'indiquai au sourcil , h l'épaule au-dessous du garrot , au âaoç gauche et sur les deux boylets, des traces saignantes.
c< Ce ne sers^ricn I la b^e est saine 1 Damnée ro^se l Vu excellent cheval , monsiiei^ ; le pied sûr l 11 n'y a pas d^ns le pays nn animal qui la vaille. Ah I ^ut-il %voir du gujjg]]^ , faut-il ? Si seulement ta valais ta peau, fainiat^fi I »
Je crois que ma présence sauva quelques gourmadics \ ^ pauvre Jument ijiui , la té^e et les oreilles basses « fris%()^uiaix sur ses jambes tremblantes. Soi) maître , en m^u^réant , s'occupait à r^UeJier de nouveau.
« Elle recouijiuir^ toujours bieq I4 charrjelte , rép^^jy^-if à toutes mes objejCl^oos. La voil^ bien naïade ; n'y | rien dedans. Je la m.èi^eri^i ai^ pas , v'ià toutl » Et en pnrl^t, il Continuait de renfoncer le^ ardillons dans le$ courro|/es*
J'avais une pirofoude pitié du pauvre anijpal donjt ifii^i le cuir frémissait, et qui relevait sur moi sk^ ^eii morif^ et languissant , comine s'il e^ compris que je piaji,(ials sa cause. Je répétai que j^ bêie ^v^ bes^ij? d'être ^(f'^i}!^(i : il J^^ivait être entré du çravie^ dans le3 pl.^; h^ soutfraiw^ f^j^ évidente ; il y avait risque ; les bfessure^ f\uyQfmfifil^^i^ Iffff la chnieur ; le$ consei^ du marécbal-ferra/^i , oju m^ti^ f^f^ vétérinaire, étaient indispensables...
« fiante ! baste ! » ^urmnrait nioiji bomo^ ^ \^àBi \e^ épaules ; et ii continuait de i^w:kr ses harn^jl^ ^^ ^ mjot de vétérinaire , il lit c^q^er ^ f^uet pojur encQf^mf^ ^ bête, et cria : « i^llons t bue , ^ ^f:wle 1 Ijuie ! En l[^f0 1 •
Si , d'un vigoureux élan « je i^'ieusse ^lA^ei^u V^^îj^ • lil s'abattait pour ne pjU» Sfi reJ^T/C/r, peu^-^re. Le cJE^rj»^ 1^ comprit ceue fo^, et iK^Aqu'il fut |^^ji«M^(j|{é qu'il fj^ ^vpijr encore (besoin de mp^ «^urs, il se ijlécld^ ^ 1^ rqgfifcif^^ et me pria de l'aider à con4ji)ûf e m i^ Bf 1^, 9 qi^*il sVjffyessaii de dételer, « non pias cbe^ 9^ V0rtérÙ9£UX,àiQ}f^'l'k ; mais chez un médecin 4e chrétien » qp'ftfi plus voisin qi;i£ te n^tréchal, et qui s'y entend mieux que personne. Ces maquiçf^mu^^ ça vous rançonne UiMP çijonde, et c't'aulre (quand c*est sa fantaisie , quoiqu'ça; c^^ (pMfi 4i^i^ q^a^ «st fof^tqqse ) vous donnera des remèdes sans qu'il en coûte seulement un rouge liard. »
Chemin faisant , je questionnai mon homme sur ce « médecin de chrétien » qui, selon lui , soignait les bêtes. J'av^ d^à entendu parler diversement du docteur de La Taupinée^ ou docteur Taupin; on rappelait ainsi aux environs, soit parce que sa petite maison de brique était juchée au sommet d*un coteau en forme de taupinière, soit parce qu'il donnait quelquefois des recettes pour se débarrasser des mulots, des courtillères et des taupes. Pa^mi^ks paysans et les bourgeois des environs, quelques-uns se fouaient fort du médecin Taupin ; d'autres le traitaient d'ignare et de charlatan : ceux-ci Taccnsaient d'être avare ; ceux-là vantaient sa générosité. Pour quelques-uns, c'était un apôtre et un EscuUpe; pour plusieurs un vendeur d'orviétan et de remèdes de bonne femme ; tous le regardaient comme un véritable original. Si mon camarade de route doiuiait la préférence aux consultations du docteur sur celles du vétérinaire, je voyais bien que, dans ce choix, réconomie entrait pour quelque chose ; mais riportls A'où lui venait la répugnance qu'il avait d'abord
manifestée, et comme il parlait volontiers, je l'amenai à se déboutonner peu à peu.
« C'est pas que je sois simple comme le gros Piarre; je ne vas pas me figurer avoir à faire à un sorcier, révérence parler , pas si bête i mais tout d^ piêmei 4 vous a des pourquoi , des parce que, et un coqj^ d^oiil qui vous transperce ; ça m'asticote, voye^-vousl H ^ sait toujours plus long que vou^ sur ce que vous avez d^ l'espriL U ne tracasse guère pour le payement, d^accord; W^ ^9 ^ ^f^ ^moui-propre, tout (|e même 1 »
Le logis du médecin étai^ proche ; cependant , vu l'état de I9 rouie et celui de Tanii^l qu'il p^us fallait conduire , le trajet fut Ipng, et mon Cjpi>agnon en profita ppur me raconter qu'un rhum^^tisme aigu, qu'une fluxion de poitrine qui, à deux reprises, ^v^ient i^ilii emporter le docteur, loi Viciaient ^ so^ ^mpf udence à traverser le pays par des temps où l'on ne ji^ettrait p^s 1<^ chiens ^bors, let çfiU^ pour secourir des femmes en trav^ j^ 4^'enfani , quf s'en servent peut-être bien ilté^ t^^tes ^^û^, on pour l'an^our dç yaga^onds dont, s,cl^u le narrateur, If commue n^ç demandait pas ipieux que d'être déiji|fra^sé,e. » Purent i'^)^cdçU disette, ppursiiivit k cb^retief I {^'^i.-t-il n^s vendu so^ i>ïi h pçrte qti^nd tous les §^cs hau^jîaijei^ ^i^$ prix ? U ^ distribué par pj^tits Ipts sa r^lte de porffjf^f^ }^tt d^^ i^ jjurait pu tûrer gros d'argent, car c'éta^ f^ sçule quf f^ échappé k ^ nii^die : aussi lui a-t-il fifi^u .çnsuite se jij^/fe d'un loph^ de l}onne terre ïi^ aur^g ^^Mh^ #^ ^^ ^ P^^ ^ percfte, sll avait voulu sei^ç^ç^^ céder h ses riches yol^, ^jf lieu de L^ vendfç ^ ^ j^i^tier qui cherchait ^ pl^er s^ petite, épargne. G'e^f une tête fêlée , je vous dis ; j^^ipfji^ Jl ij'a su mener ^ jç^rue. Ai> IjV^de bons légumes, if y/^^ reniplit son pol^jÇ^çf d'un ti|LS dje ipauvaises herbes l H^ ^'çst-il pas mis à do$ ilqjus les çrçs ^nnets du pays ^ i\ ^ payer aux amis de M. le mai^e des drpgues qu'il d^ni^,ç ^jijir rijen à ifuet^ques-uns, sous prétexte que ceux-là peuvent les acheter, pas les autres. ^ tous les cabaretiers dQO/c^l en voilà, qui l'ont pris en grip]^ 1 El^ dame 1 il y a (^,e «j^upi. là première chos^ qjixii défend à ceux qi^ yijènn^nt h la coousultatiffff^ , c'est ^ pipe et l^e cabarejt l »
jLes récifs diji camarade i^'afiaibUssa^ l^s mon déshr de ogi^aUre ^e n^édcd^ Taupm. Je ^us djpnc cj?arï?ié 4<î if cuver dai;i.s 1^9 f^J^t^e qui l^ji servait de factotun^ ( c'était sa cui^j^èfe, son jj^elrej^er, ^)n prçon ^o^uiste, soj^ iuArwicr) , i^ f^l^Jm yw"^ 1^0^^ ^'^^ ^ W^ écôi/^çfs , (^"eiffi vej^ a^ reconjunai^ fliss^ez j^équefl^^.ent £% ip'^i(C^illit, et f^i^t ?ittei#^ «Jan/s n/^ p^e c^f^ l^ c^jretÂer, <yii ne pouvait <|uiuer s» jun^/M » e^ ^'^pdtj^ dans une étroite antichambre que parfumait une forte odeur de pha;rq|ij}pe.
Vis-Â-visde moi , une porte ouverte me laissa voir en plein le docteur, ^e n'entrai pas , et son attention était leU^meni captivée , qu'il ne s'aperçut nullement de ma présence
Une paysanne le consultait pour son fds ; elle tenait sur ses genoux l'enfant qui se cachait , se pressait contre elle , et s'eflTorçait d'éviter le regard profond et investigateur qui le poursuivait. Cette mère parlait comme une mère, aussi absorbée dans son mquiétude que le docteur dans son observation. Celui-ci écouuit de tou^e sa personne, et tenait entre ses doigts, sans songer à la prendre, sa prise de tabac. Il me plut tout d'abord par sa physionomie , où la bienveillance se mêlait à la iinesse , à la sagacité. Le cadre de cette figure intelligente et rustique aidait à la faire ressortir. Nul ornement dans ce cabinet garni de tablettes, de bouquets de simples, de paquets d'herbes et de gousses ; les pavoU, la digitale, la juaquiame, le romarin, le mélilot pendaient par U^ufies du plafond , le long des solives et des parois. Les planches soutenaient des bocanx et des fioles. Aux pieds du médecin se trouvait un mortier et son pilon , sur sa table une balance » et au-dessus de lui une tête de mort grimaçante éveiilatt les terreurs d'une petite paysanne qui se tentait debout» intimidée et gauche, derrière le fauteuil de TEsc^lape, ae Digitized by VoiOOQlC
souhaitant à mille lieues du redoutable antre de la science. La mère, ne croyant jamais pouvoir en dire assez pour le salut du ciiéri de son âme, multipliait les détails. — II maigrissail à vue d'œil ; pauvre poulot ! il ne riait plus, ne jouait plus. Clier trésor ! il ne trouvait rien à son goût ; les meilleurs morceaux ne lui donnaient plus d'appétit ; il ne voulait plus se coucher, plus dormir. Les jeux de ses sœurs le mettaient sien colère qu'il en devenait noir, doux agneau I Enfin il ne pouvait plus soutTrir personne que sa mère , que moi , cher cœur !
— C'est i'hériiier, n'est-ce pas ? demanda le docteur.
— Oui, monsieur le médecin ; c'est notre unique, et il est né le dernier de tous.
— C'est cela ; vos autres enfants sont des filles 7
— Hélas I oui, monsieur, et déjà grandes; la plus jeune est là qui m'a aidée à porter son frère. La santé ne lui défaille pas, à elle, ni l'appétit, je vous en réponds. Tandis que lui, ce clier bijou, toujours languissant , toujours maiingie, et c'est pourtant pas faute de soins, je le garantis.
— Et moi aussi , maimolta le docteur. Ali <;à , vous tenez à ce qu'il guérisse , je pense ?
— Je crois bien , monsieur ; pauvre cher agneau ! nous donnerions tout pour lui.
— Alors , mettez-le au même régime que ses sœurs qui se portent bien ; qu'il se lève à Taube comme elles , en même temps qu'elles ; qu'il garde les dindons et les vaches avec elles ; que le dernier servi à table, il ait le moins bon morceau ; en voyant manger les autres il gagnera de l'appédt; qu'il déjeune , dîne, soupe avec et comme eux de la pâtée de pommes de terre , de la bouchée de viande, de la soupe des journaliers et du morceau de fromage des valets de ferme.
— Mais, monsieur, il est si délicat, si jeune I nous n'avions jamais eu rien d'assez bon pour lui. C'est notre seul, songez doncl
— Ah çà l vous voulez qu'il en réchappe, n'est- il pas vrai ? les benjamins, les préférés, en tendez- vous, font une mauvaise fin, une fin précoce. Il faut que ce garçon-là se lève quand l'alouette chante, qu'il ne mange qu'aux heures des repas , trois fois le jour, it pas la plus petite douceur...
— Mais alors , monsieur , il ne mangera rien \ il ne veut que do lu sauce , de la crème , du bonbon ou des gftleaux qu'on lui rapporte de la ville. Quelquefois un brin de fruit ^ encore il ne l'aime que vert. Il ne voudra rien manger , monsieur le docteur, vous pouvez en être sûr et certain.
— Alors il jeûnera, ma bonne dame, et cela lui fera grand bien. Si vous le dorlotez , si vous le câlinez , si vous le nourrissez à son goût, je ne donne pas six mois de vie à ce garçon- là. Je« vous le réi)ète , levé à l'aube , nourri avec et comme les autres , qu'il coure tout le jour dehors au soleil , se love à la rosée, et se couche à la dure sur un seul matelas : point de plume , point d'édredon , de la belle et bonne fougère bien sèche, et qu'il dorme à l'heure où la chauve-souris tourbillonne autour de votre grand mûrier.
— Mais, monsieur le docteur, il ne voudra pas dormir ! 11 faut le bercer sur mes bras des heures avant qu'il ferme les yeux!
— Si vous le bercez , si vous le choyez , si vous ne suivez mon ordonnance à la lettre , vous pouvez ourler et broder son suaire, ma bonne femme, il en aura besoin sous peu I
C'était rude à mon avis. Après cette sortie , le médecin , remonta devant ses yeux ses lunettes qu'il avait baissées pour mieux voir sou petit malade, et se remit à lire dans un in-quarto ouvert sur la table. La fenêtre qui l'éclairait donnait sur ce potager, garni de simples et d'herbes médicinales, qui indignait si fort le charretier.
La paysanne ne pouvait partir sous le coup de la terrible piédictiou : elle pria, supplia, et promit enfin, de la manière la plus solennelle , de se conformer strictement à toutes les prescriptions du docteur.
Elle&furenl expliquée:» brièvement, clairement, d'une façon
péremptoire , et lorsque tout le régime eut été imposé et accepté :
— Eh quoi , monsieur, reprit enfin la mère, vous ne lui ordonnez rien autre chose ? vous ne lui donnerez pas la moindre petite drogue à prendre?
— Si vraiment, des pilules souveraine$: mais il faut qu'il les vienne chercher à pied, trois fois la semaine, conduit par sa sœur que voilà , parce qu'elle le fera trotter vite.
— Mais songez donc, monsieur, qu'il ne peut pas faire dix pas sans que les jahii}es lui manquent...
— Dans huit fours il pourra faire rondement le quart de lieue qu'il y a d'ici à la ferme. Mes pilules ne font du bien qu'à ceux qui marchent avant et après les avoir avalées ; pour les autres elles sont dangereuses, mortelles même. Si vous tenez à la vie de ce garçon il faut, je vous l'ai dit, la plus grande exactitude à suivre mon traitement. Qu'il ne mange que lorsqu'il a grand'faim , ne se couche que quand il est très-las, serve les autres au lieu d'être servi par eux , et je vous garantis qu'avant six mois, il sera frais gaillard et n'aura plus de colère noire.
1^ femme se leva, mit à terre le petit garçon qui regardait le médecin d'un air craintif et un peu sournois. Cependant l'enfant marcha. Levant alots les yeux , le docteur me vil , vint à moi. Je reviendrai quelque jour à sa conversation avec mon charretier, et à ses conseils pour guérir la jument.
LE MUSÉE DB L'ACADÉMIE DES SCIEflGES| A PÉTERSBODRG.
Dans l'immense espace où le hVïilr ctr* Nerre ï" j'^ta les fondements d'une nouvelle capitale qui, c« muins d'nii siècle et demi , est devenue l'une des pkis Ktat1d^s villes th l'Europe, un des quartiers qui ait! rem suHont ratteuilon de l'observateur et des voyageui-s sliidkux, esi le VauiH Ostrow (lie de Wassllew) (i). Le lïar voulaH [!a!re de œlte Ile enlacée par les bras de la grande et de la pr*iiii* \|îva le district le plus beau et le plu* ittiponai^r àr l¥irjij|HJurg , la résidence particulière dû clei-gé, de la rtoUiêS'*i% le j^olnt central du commerce. H voulait la coui>ér, rohinie Amsterdam , par des canaux, la fortifier par une enceinte de bastions, y fairiè aborder en droite ligne les dcprées du Nord et les denrées de l'Orient.
Malgré la persistance que le régénérateur de l'empire russe apportait dans ses projets, celui-ci ne s'est point entièrement réalisé. Les nombreux canaux dont il avait déjà tracé la direction n'ont pas été creusés (2) , et l'enceinte de dix-sept wei*stes d'étendue (près de cinq lieues} n'a pas été construite. Mais le Vasslli Ostrow a un autre caractère de grandeur. Là sont les principaux établissements publics de Pélersbourg : la Douane , la Bourse ; la Bourse , magnifique édifice érigé par l'architecte français Thomon ; l'Académie des arts, l'Académie des sciences, l'Université, l'École des mhies. Celle École , fondée en 1772 , réorganisée en 1803 , agrandie successivement par les dotations Impériales, enrichie par de précieuses collections , est aujourd'hui l'un des établissements de ce genre les plus curieux qui existent. Dans plusieurs vastes salles sont rangés les modèles de toutes les machines employées dans le travail des mines et des constructions souterraines faites dans les environs de l'Oural et de l'AltaT. D'autres salles renferment le cabinet minéralogique, composé en partie avec les collections de Pallas , de Forster, de Laxmann, cabinet unique en ce qui tient à l'oryclognosie.
Les minéralogistes peuvent voir comment l'or se présente
(i) Du nom liu geuéral Wâ»iilew que Pierre le Grand chargea de la dirtcuun des travaux ealrepris dans cette île.
(a) D'api ÔA uu pluu gigautesquc, cts canaux devaient avoir uu dévelo,,,.«n,e... d« .5, «rml- {^^fff^'*)^ by V^OOglC
dans les nioniagaes de l'Oural (1) , en observant une série de lingots d'or nniif, depuis la grosseur d'un pois jusqu'à une niasse de Vingl-cinq livres. Près de là, on remarquera de superbes échantillons des bérils ou aigues-marines de Nertchinsk , des acbarites de P Altaï , un bloc de malachite de Il 000 livres de pesanteur, provenant d'Ickalerinboui*g , et l'aérotithc trouvé dans le gouvernement d'Ienisscisk. On en a détaché pour les divers cabinets minéralogiqucs de l'Europe une quantité de morceaux , et il présente encore une masse de trois pieds cubes. Ce bloc de fer est criblé de trous remplis par des grains d'une substance vitrifiée.
Dans le laboratoire de l'école est un appareil pour Pépurulion et la façon du platine.
Dans le jardin, on a élevé une montagne artificielle dont les diirérenlcs couches représentent les giscnienls des mé-
taux et des minerais , tels qu'ils se trouvent au sein de la terre.
L'Académie russe occupe sur la première ligne du Vassiii Ostrow une maison d'une conslruction élégante. Fondée au mois de septembre 1783, dans le but de travailler aux progrès de la langue russe , cette Académie commençait le mois suivant ses travaux. Une femme en avait rédigé le règlement , une femme éminente , Catherine II ; une autre femme , la princesse Daschkova, en présidait les séances. En 1794, cet honorable institut, composé de cinquante-trois membres, publiait un grand dictionnaire étymologique en 6 vol. in-û*; en 1802 , une excellente grammaire ; en 1822 , il a achevé un nouveau dictionnaire par ordre alphabciiquc. On lui doit, eu outre, l'ébauche d'une entreprise colossale qui ne sera probablement jamais achevée, mais qui n'en fiûi pas moins
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L'Académie des sciences, à Pctersbourg.
honneur à la hardiesse de ses conceptions : c'est un dictionnaire comparatif de 200 idiomes. 11 en a paru deux volumes.
Dans ce même quartier de Vassiii Ostrow, sur le qoai de la Neva , s'élève l'un des plus beaux édifices de la capiule , le palais de l'Académie des arts , construit en 1788 , d'après les dessins de notre compatriote Ijamotte. Elisabeth avait jeté, en 1754 , les premières bases de cette Académie. Catherine II lui donna, dix ans après, une organisation définitive. A présent, elle se compose d'un président , de trois recteurs et de deux recteurs-adjomts , de douze professeurs et d'un secrétaire perpétuel. Trois cents élèves y sont entretenus aux frais du gouvernement. Elle a de plus une école gratuite de dessin ; elle possède une nombreuse collection de modèles, de plâtres, de tableaux originaux et d'esquisses de grands maîtres. La durée des cours est de six ans. Chaque année, les élèves des différentes classes font une exposition publique de leurs travaux.
Le bâtiment de l'Académie des sciences, situé sur le Vassiii Ostrow, à peu de distance de la Bourse , n'a point le splen-
(i) Cette fonnatioD, dit M. Erman, est toute différente de celle 4« l'or dans les autres régions du globe. (Keise um die £ide, M, p. su.)
dide aspect de l'Académie des arts , mais il est beaucoup plus important par sa desthiation , par les riches collections qu'il renferme. Ce bâtiment se compose de trois vastes corps de logis à deux étages , au-dessus desquels s'élève un observatoire. L'Académie qui y siège est la plus curieuse institution scientifique de Pétersbourg. Elle fut fondée, en 172Zi, par Pierre le Grand , aidé des conseils de Leibuitz. Le Uar mourut trop tôt pour jouir de sa création scientifique. L'Académie se réunit pour la première fois en 1725. Dès son origine , elle comptait parmi ses membres un des fils de l'illustre famille des Bemouilli, Bulfinger, Wolf, et notre savant Nicolas Delisle , que Catherine I appela à Pétersbourg pour y enseigner l'astronomie.
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Cabinet d'histoire Daturelle de rAcadémie des sciences, à Pétenbourg.
raient, et les meilleurs moyens de cultiver les terrains stériles ; ils devaient faire des observations sur les maladies inhérentes à certaines localités, et en même temps porter leur attention sur rélat des bestiaux , sur les produits de la chasse , de la pêche, des vers à soie, du travail des mines, et de l'industrie. Un tel programme rédigé il y a plus d'un siècle , par delà les rives du golfe de Finlande, pourrait être à l'heure quMl est, au sein de notre propre pays, fort utilement encore mis en pratique. On recommandait aussi à ces voyageurs de rectifier sur la carte la position géographique des principaux points où ils s'arrêtaient , de faire autant que possible des observations d'astronomie , de géographie, de météorologie, de rennarquer et de décrire en détail les mœurs, les usages des diverses peuplades qu'ils visitaient , de raconter leur histoire et leurs traditions.
C'est à ces intelligentes instructions que l'Europe savante est redevable des relations de Pallas, qui passa six années à explorer, jusqu'à ses dernières limites , l'empire russe , de Ginelin qui décrivit les provinces de Perse voisines de la mer Caspienne , de Guldenstaedt qui franchit l'extrémité orientale de Caucase , visita la Géorgie et la Cabardie.
Dès l'année 1726, l'Académie des sciences de Pétersbourg a commencé à publier en latin ses dissertations. Depuis l^année 1803 , elle les publie en français. Les diverses séries de ce recueil se composent à présent de quatre-vingts vo- J unies.
D'après son dernier règlement arrêté par l'empereur en 1830* TAcadémie se divise en trois classes: mathématiques, sciences naturelles , sciences historiques et politiques. Elle
compte vingt et un membres et Jouit d'un revenu annuel de 200 000 francs.
Cabinet minéralogique de Pétersbourg. — Débris de sapin pétrifiés, donnés par Pierre le Grand.
Grâces a cette riche dotation , grâces aux fréquentes libéralités du gouvernement, et aux contributions volontaires de plusieurs hommes riches et instruits , elle a fait peu à peu
des collections qui peuvent être considérées comme le trésor scientifique le plus précieux de (^étersbourg. La nature de ce recueil ne nous permettant pas de les décrire en détail , nous essayerons du moins d'en .donner une idée succincte , en les rangeant selon leurs diverses catégories :
1* La bibliothèque qui compte cent et quelques mille volumes renferme plusieurs ouvrages rares et curieux, notamment la Bible russe, imprimée en lôtS, à Prague, en caractères cyrilliques ; VAposlol ( Actes des apôtres ), le premier livre sorti des presses de Russie ( Moscou 1564 ), plusieurs manuscrits tongoutiques et mongols; seize volumes in-folio, contenant les rapports des ministres de Pierre-le-Grand ; trente volumes de la cotrespohdance de MentschikolT ; les annales patriarchales Jusqu'à Tannée l/i56 ; la chronique des tzars de 1256 à 1623 et d'anciens livres généalogiques.
2" Le mu.sée asiatique , fondé par M. Ouwarow, ministre actuel de rinslruction publique , et par M. Fraehn , réunit tout ce qui était dispersé précédeibment dans différentes collections orientales. On y trouve 3000 petits volumes chinois, un riche assemblage de livres thlbétains et mongols, des manuscrits arabes, persans, turcs, japonais, des monnaies et médailles appartenant h a'S mêmes régions , des idoles mongoles, une étonnante variété d'instruments, d'objets d'art et d'ol)jels de luxe, d'armes et de vêtements des peuples de rOrieui. M. Fraehn a fait le catalogue raisonné des médailles de ce musée dont plusieurs sont d'une extrême rareté.
3 ' Le musée égyptien renferme un millier de différents objets , tels que piipyrus, momies. Idoles, etc., Recueillis à Alexandrie, par M. Castiglfone.
^o Le musée ethnographique se compose des vêtements, ustensiles , des diverses tribus sibériennes. On y a joint les curiosités que Mertens réunit dans son voyage autour du monde , et un portefeuille de dessins faits dans le cours de deux expéditions maritimes.
5** Le cabinet de numismatique proprement dit, longtemps peu important, s'est enrichi, en 1823, de la collection de M. le comte de Suchtelen. Les monnaies et médailles russes en sont la partie la plus curieuse.
6^ Le cabinet d'histoire naturelle fut commencé par Pierre I", qui, en 1698, acheta a Amsterdam une collection d'oiseaux , de poissons , d'insectes , et en 1717 la collection du docteur Kuysch (1).
O. cabinet est surtout curieux par sa collection d'animaux antédiluviens. Près d'un monstrueux mammouth, on y voit le squelette d'un éléphant , et l'on peut, dit M. Erman, observer là d'un coup d'œil, surtout à la forme de la mâchoire, à la posiiion d«'s défenses, le caractère distinctif de ces deux espèces d'animaux. Dans la même salle où s'élèvent, sur leurs quatre pieds gigantesques , ces squelettes formidables , on voit encore quantité d'ossements fossiles dont les uns appartiennent au genre mammouth , d'autres à diverses races d'animaux qui ont disparu de la surface du globe. Là se trouvent aussi des crânes de rhinocéros ( Rhinocéros teichorhinus) dont les dimensions sont beaucoup plus considérables que celles des rhinocéros d'Afrique. Les naturalistes remarquent encore dans cette collection un musc (2) des environs df rlcouslsk, un urus, dont la race est presque anéantie , un itgre qui a été rencontré sur les froids rivages de l'Amour (3), et quelques débris d'animaux qui vivaient il y a cent ans, et dont la race est aujourd'hui peut-être com-
(f ) Membre de rAcadémie de Londres et de Paris, considéré eumme le plus liabile auaiomisie de sou temps.
(a) Le miiM; ou porte-musc, l'espèce la plus remarquable de la famille des chevroiaius, se trouve dans plusieurs des provinces de la Russie asiatique, mais en géueral dans des cantons plus élevés que ceux des environs d'Irkoulsk.
(3) Le tigre royal , pendant les mois d'été, s'avance fort loin vén le nord en Asie. Ou les a vus venir chasser jusqu'aux enviroM de Baroftool, par les Si* lat. N.
plétement anéantie par les efVbrtsdes bbe^rs d'huile (iealers) russes: tels sont les StdUreê Cnv. (fîyriHc II lig. ), grand cétacé herbivore dont l'organisation était encore plus étrange que celle des lamantins et des dugongs , et qui se trouvait sur les côtes du Kamtschatka.
Le cabinet ornithologiquc renferme une nombreuse collection des oiseaux de mer des lointains parages d'Okhotsk.
L'herbier formé en grande partie par Pallas, par les deux Gmélin, par d'autres intelligents voyageurs, a été successivement enrichi des cryptogames , des phanérogames recueillis par le professeur Hoffmann. On y a joint dernièrement une belle collection de plantes américaines, et de plantes rassemblées dans diverses parties du monde.
Le cabinet minéralogique , pour l«>quei le gouvernement acheta en 1767 deux mille mhiéraux recueillis par M. le conseiller Uenkel , et en 1830 la collection que M. Struve avait formée à Hamboui-g , renferme, entre autres Objets précieux, une série complète des minéraux de Sibérie , deux énormes troncs de chêne pétrifiés, plusieurs aérolithes, des malachites, des lapis-lazzuUs superbes, et Uii bloc d'aimant de quarante livres.
A ce riche musée est joint encore un cabinet de physique, un laboratoire de chimie, un pavillon magnétique, un cabinet de diverses œuvres d'art , parmi lesquelles se trouvent des tableaux de Rembrandt.
On peut voir, par cette brève indication , que de trésors scientifiques sont déjà amassés sur ces rives de la Kéva, qui au commencement du siècle dernier ne présentaient aux regards que l'aspect d'un désert sauvage i et que d'œuvres fécondes on peut attendre de ces tnstftntkHbs académiques qui, en si peu de temps, ont acqtiis tme si haute distinction.
DE LA POSTE AUX PÎGfeONS EN ORIBIIT.
A l'époque od la civilisation arabe florissait en Orient , les conimunicuiions régulières existaient entre les principales villes au moyen d'un service de pigeons messagers qui, se relayant de distance en distance, transmettaient sans interruption les nouvelles dans toute la Syrie et l'Egypte, Les établissements que nécessitait le service furent entretenus avrc sollicitude par lessultansdu Caire ; mais Ils furent a! landonnés, et la poste aérienne négligée presque partout au milieu des troubles qu'amena au dix-septième siècle la destruction des souverainetés arabes de Bagdad, de Damas et du Caire par les Turcs. L'existence d'un service régulier de la poste aux pigeons n'est pas seulement attestée par de nombreux voyageurs dont on pourrait suspecter les erreurs ou l'exagération; les écrivains arabes en ont souvent parlé, et dans le nombre il en est un , Khalil Dhahéri , qui entre à cet égard dans des détails assez intéressants. Dhahéri vivait vers le milieu du quinzième siècle ; il fut vizir du sultan du Caire , et composa un ouvrage intitulé : Abrégé on TabUau géographique et politique de Vempire des Mamelouks , dont un exemplaire est conservé sous le n* 695 parmi les manuscrits arabes de la Bibliothèque nationale. Cet ouvrage n*a jamais été publié, et il mériterait bien de l'être. Les détails que nous en extrayons appartiennent au chapitre 9' du livre Vl* Intitulé : Des colombiers établis pour les pigeons messagers,
tt Ces colombiers , dit Khalil Dhahéri, sont établis dans les tours qui ont été construites en divers lieux de l'empire, dans le but de veiller au bon ordre et à la tranqm'llité pubUque. C'est à Mossoul qu'on a commencé à se servir des pigeons pour le transport des lettres. Lorsque les califes Fatimites s'emparèrent de l'Egypte, ils y établirent ces postes aériennes, et ils y attachèrent une si grande Importance qu'ils en firent un des bureaux principaux de l'administration. U y avait des fonds considérables assignés sur les revenus publics poor HentrtUen dit eolombiert ejh(tetf^»<KÎ> torvelUants. Parmi les re-
gbtres que tenaient les employés du bureau central , il y en avait où on inscrivait toutes les races de pigeons destinées à ce service , en signalant avec soin celles qui étaient reconnues les plus propres aux messages. Le vertueux Mudji-el-din Abdel-Eehir,que Dieu ait son âmel a composé sur cette matière un ouvrage curieux qu'il a intitulé : ÀmuleUes des pigeons.
>» Nouz-cl-din El-Schehid Zangui , sultan de Damas, à rexcmple des califes Falimitcs , créa un établissement semblable dans ses États, Tan 563 (de Tbégire, ou 1167-1168 de J.-C. ). H faut avouer que la célérité avec laquelle un souverain reçoit ou donne un avis par le moyen des pigeons est une cbose fort agréable en tout temps et très-utile en beaucoup de circonstances (1).
» Depuis long-temps les colombiers qui avaient été établis pour la correspondance du Caire avec la Haute-Egypte, sont détruits par suite des désordres qui ont ruiné en grande partie cette contrée. Il n'existe plus maintenant que les colombiers de la Basse-Egypte et de la Syrie.
» La correspondance du Caire avec Alexandrie se (ait par le moyen de quatre colombiers : celui du cbâteau de la Montagne ( le palais des sultans ; c'est là que réside encore aujourd'hui Méhémet Ali pendant son séjour au Caire) ; celui de Menouf-ul-ulia , celui de Damanhour et celui du ch&leau d'Alexandrie.
n La correspondance avec l'Euphrate exige un grand nombre de colombiers. Voici les nomsdes villes où ils sont établis : le premier, sans compter celui du château de la Montagne , est à BelheTs , le second à Salahieh , le troisième à Katia , le quatrième à Vezzadi , le cinquième à Gaza , le sixième à Jérusalem , le septième à Naplouse.
» L^ correspondance de Gaza avec Damas demande cinq colombiers : celui de Gaza , celui de Ginin , celui de Taffin , celui de Sanennirs et celui de Damas. La correspondance de Gaza avec Alepazige , sept autres colombiers, outre les cinq que nous venons de nommer. Ils sont établis à Balbek, Karah, Homs, Hamah, Maazza, Khan Touman et Alep.
» La correspondance de Gaza avec Rahahé sur l'Euphrate, se fait par Alep : d'Alep à Rahahé, il y a trois colombiers : celui de Cabacquib, celui de Palmyre et celui de Rahahé.
» La corres|X)ndance de Gaza avec la côte de Syrie, qui est au delà de Saphed , ne demande que quatre colombiers : celui de Seida (Sidon), celui de Beyrouth, celui de Terbelé, et celui de Tripoli. (On voit d'après ce tableau des postes que les pigeons faisaient à peu près dans leur course de dix à quinze lieues.)
» Ce sont là , continue Khalil Dhahéri , les colombiers établis et entretentis dans l'empire pour la célérité des avis importants. Chacun de ces colombiers a ses gardiens logés dans les tours, et chargés de surveiller nuit et jour l'arrivée des messagers aériens. Il y a dans chaque tour un grand nombre de domestiques et de mules pour l'échange des pigeons. La dépense qu'exige tout ce qui est relatif à cet établissement est considérable ; mais le sultan , notre maître , en est bien dédommagé par les avantages qu'il en retire. »