L'ÉCLUSE, PAR TURNER
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Ptissin il« Minvy, d'upies Turuer.
Une machine grossière qu'un homme fait mouvoir avec effort , un paysage de peu de variété et d'étendue , ce n'est point là , ce semble , un sujet favorable à la poésie. Mais regardez attentivement , cherchez à deviner le tableau , la magie des couleurs , à travers la gravure , et dans cette scène rustique vous reconnaîtrez une vigueur harmonieuse qui lui donne un caractère tout particulier. Ces hautes herbes, ces larges plantes, cette eau lente et sombre, ces arbres pressés et tordus , cette écluse d'un rude travail , ces hommes tout appliqués à' leur labeui*, ce nuage même qui arrête et brise Ivs rayons du soleil, tout y respire la force : on se sent
loMK XVI. — Orronnr 184H,
pénétré de .a fraîcheur de cette ombre épaisse et de celte puissante végétation , et à ces impresïûons vient encore se joindre un sérieux respect pour le labeur humain.
Des sites pins simples ont inspiré des sonnets exquis à Burns, à Crabbe, à Wordsv^orth. I\êvez à ce que ces poètes auraient écrit s'ils s'étaient inspirés de ce paysage, et insensiblement vous vous trouverez associé au sentiment poétique de Turner.