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LE PYTHOW A DEUX RAIES

On trouve le python à deux raies sur les côtes du Malabar, de Curomandcl , du Bengale, et aussi , dit-on , à Sumatra et même en Chine. Il vit dans les lieux bas, ombragés, et mondés par les eaux. A Java , il attaque diverses espèces de mammifères , et notamment la petite espèce de cerf appelée moutjac.

Il saisit sa proie par quelque partie que ce soit , l'enroule aussitôt de ses replis, et, s'attachant au sol par l'extrémité de sa queue , il contracte ses anneaux pour la broyer ; puis il dierche à la prendre par l'extnîmité du museau. Alors on voit la victime entrer lentement dans la gueule qui, pai* un méca-

nisme particBlier , a^élargit en proportion de la grosseur da corps auquel elle doit livrer passage : par sulfe de cette opération, qnl dtire quelquefois une heures l'animal tout entier, et jusqu'à ses cornes mêmes s'il en a , disparaît dans ee gouffre. Peu après le python tombe dans un état lélhargiqne qui dore presque umt le temps de la digesilem.

C'est ordinairemenl knrsqoe les animaux viennent se désaltérer qne ces serpents les sorprennent : ils se blottissent en spirale dans les hante» herbes on les roseanx, la tête au milieu , l'élevant de temps en temps ponr voir si leur proie arrive ; dès qu'elle est à portée ils se déroulent et s'élancent. Souvent même , lorsque dans cette posture ils l-'apt^çoivent de l'autre côté de l'eau, ils plongent et nagent avec une telle légèreté, que la surface n'en est pas troublée, et que la malheureuse victime est saisie au moment même où elle se désaltère.

Les pythons peuvent rester plus d'un mois sans prendre aucune nourriture. Leur faim se manifeste par la perte de l'épiderme qui couvre leur corps.

L'effroi que ce hideux animal inspire aux autres est tel que dès qu'ils l'aperçoivent ils sont terrifiés, souvent au point de ne pouvoir fuir ; de là vient, sans doute, la croyance vulgaire qu'ils ont la puissance de la fascinatioiu

Yoki nn extrait du mémoire de M. Valenciennes, inséré daoji k» <:ur»ples rendusi de l Académie des sciences (l) » &ur rincuhalLundes tEuh de eei animal.

a Le & (Tia{ IBM , wm femelle de python , ordinairemenl douce et Lranquille, devint plus excitée etclierchaît à mardis ; le lendemain elU* pondit quinze œuf» ; la ponte, comuienct^e à SIX 1] if 11 Les du m^ttin, fut achevée à u^uf heures et demie : la ctHnit; en était lUoUe, d*iine couleur ^n>-cenUré ; ils .si; reuflinvni k Tair ; k\iv enveloppiv, desséchée saii^étre du ri', resUi û\m beau blanc Celte fcmclte, livré*^ h cih.-tnètmûm^i sa bu)!^, âi>us hu couverture, raiiS^'rnblii Iouji ha tnuh t^n un la^ auionr duquel elk enroula U parile [Kiïilérkuie de s^m corps; elle se replia ensuite sur re premier pli» et UnU par s'enrouler en une sorte de spirale dont loits les Uiiir^ conLJiçti^ formulent uo cène au ^mmet duquel éidii na tête ; elle Cflclhi aiijst ïeJï<Kufs si Um qu'on n*en apentevuit plus un 3m*u1. l'ar le^ conlraiMioni vrolenLes du tronc , elle repuu.sMJL lu muiii qui 1;* tuiicluiil et en ae serrant cmpéch^iît qu'un ne juli *iiteindre aux œufs ; elle témoignait vivement son impatience, tellement qu'elle edt peut-^tre fini par mordre si Ton n'eût pas agi près d'elle avec prudence.

n La chaleur de l'animal était tellement sensible à la main (2) que j'eus la curiosité d*en examiner le degré par diverses observations thermométriques. Le tliermomèire placé sur son corps et au centre du cône contenant les œurs marquait i!il<^, la température sous la couverture étant seulement de 22^ 5, et celle de la chambre de 20^

» Enfin, après cinquante-six Jours d'^incubarlon sans que la femelle se soit un seul instant dérangée , la co(|ue s'est fendillée, et Ton a vn sortir de l'œuf la tête d^un petit p>tlion. Le petit animal est resté encore un jour dans l'œuf, sortant ou rentrant sa tète ou sa queue, mais la partie moyenne du corps y était toujours ei^fermée. Le 3 juillet au sotr, le petit est sorti tout à fait, s'est mtsr h ramper et à avancer de tous côtés sous la couverture : il avait au moment de la naissance 0"',52 de longueur. Des quinze œufs huit seulement sont éclos ; le dernier python est sorti de Tœnf le 7 juillet ; les antres œuf:* ne sont pas venus à bonne fin parce que, pressés par la mère , les petits ont été écrasés plus ou moins tôt , ainsi que le pronve le développement inégal des fœtus.

» Une observation faite dans l'Inde , pendant la traversée de Chandernagor à l'Ile Bourbon , par M. Lamarrc-Piqtiot , ' semblait montrer qu'une espèce de grand serpent de l'Inde,

(i) Cumptes rendus hebdomadaires des séances de l'Acadcniiô de5 .sciences, t. XI 11, p. ia6.

(i) C.cit auimaiix suul babitiiellement I

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itizedby VjrOOyiC

au contiaire des rcpUlcs de nos contrées et d'un grand nombre d'autres espèces, se plaçait sur ses œufs et les échauffait en développant pendant ce temps une chaleur notable. Cette concordance me semble prouver qu'il est dans la nature des pythons de se tenir ainsi sur leurs œufs. Il y a donc en eux un instinct qui n'aurait aucun but si, comme les oiseaux, ces reptiles ne couvaient pas leurs œufs.

» Ces incubations n'ont encore été reconnues que sur quelques espèces de reptiles , qui habitent les régions les plus chaudes du globe ; nous n^en trouvons aucun exemple dans les espèces de nos climats , où le peu d'élévation de température semblerait appeler ces sortes de soins préliminaires

de la part de la mère. Mais on sait que dans nos climats la nature y supplée par d'autres moyens.

» Pendant tout le temps de l'incubation la femelle n'a pas voulu manger ; mais après vingt jours son gardien lui présenta de l'eau, elle y plongea le bout de son museau et en but avec avidité environ deux verres. Elle a ensuite bu cinq fois pendant le temps de la couvaison. Cette observation prouve qu'une sorte d'état fébrile a suivi l'incubation. Ce n'est que le 3 juillet au matin qu'elle a témoigné le désir de manger, et elle a avalé, en tenant encore les œufs dans ses derniers replis, cinq ù six livres de bœuf. Elle a quitté alors SCS œufs dont plusieurs commençaient àéciorc, elle a passé

Musèuffl d'iiisioire uaïuielle.— Incubation d'au Python à deux raies. — Dessia de M. Warner.

sur la couverture, et n'a plus montré aucune affection pour ses petits.

»Le python n'a pas sur le bout du museau ce tubercule d(ir que la nature fait croître sur le bec de l'oiseau pour bêcher son œuf. Aussi , quand le petit est développé , la coque de l'œuf se fendille naturellement.

» Après l'éclosion , les huit petits Pythons ont bu et se sont baignés plusieurs fois ; ils n'ont mangé qu'après avoir changé de peau , ce qui est arrivé du dixième au quatorzième jour.

» 11 parait , ajoute M. Valenciennes , que l'incubation des serpents est im fait si connu des Indiens, qu'il enure même dans leurs contes populaires. M. le docteur Roulin m'a fait remarquer, dans le second voyage de Sindbad le Marin (nouv. trad. angl. des Mille et une nuits, par W. Lane, t. III, p. 20), le passage suivant : « Alors je regardai dans la caverne, et vis ' » au fond un énorme serpent endormi sur ses œufs. »

Les couleui's des taches de la robe des petits sont plus ternes que celles des adultes, qui sont très-brillantes et semblent former une sorte de marqueterie bien nuancée.

La morsure de ces serpents n'est point vcuimeuse ; ils ne sont dangereux que par la force de loin corps : pu en a

mis hors de combat en leur tranchant le boutde la queue, qui leur sert à se fixer.

On en rencontre qui ont jusqu'à 5 mètres de longueur et dont le corps a 22 centimètres de diamètre.

r.ECHERCHES SUU LES ANCIENS THÉÂTRES.

Suite. — Voy. p. apa.

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