FRATERNITÉ
Fraternité, ehatne universelle qui descend du ciel et nons unit tous ici-bas, pour nous rattacher à notre Créateur !
Fraternité, sainte émanation de la Charité chrétienne qui, bien comprise et pratiquée, suffirait seule k garantir tous les droits par l'accomplissement de tous les devoirs!
Fi-aternité , sans toi la Irberlé et Pégalilé lie sont que de vains mots I
iSi eRes se séparent de toi eu se bornent à empninier ton masque , la liberté n'est ptia que la phis vloletite tle toutes les tyrannies, l'égalité le plus insultant de tons les privilèges.
Qui dit sincèrement et pratique la fraternhé , dit |)ar cela même et pratique la liberté et Tégalilé.
La fraternité ne comporte aucun asservissement direct ou indirect de l'homme ; car lliomme en état de servage n'est plus le frère de son dominateur. La fraternité nous fiiit un devoir de respecter et de protéger dans nos frères tous les droits que nous revendiquons pour nous-mème : c'est donc en elle que la liberté trouve les conditions de son existence et sa plus s Are garantie.
La fraternité est inconciliable avec un prl vRége quelconque entre enfants née d'un même père , soumis è une même loi, appelés à une même et innnortelle destinée : elle est donc la base même de l'égalité.
La sagesse antique n'avait pu sYlever qu'à une fraternité pour ainsi dire négaUve, en (fisant : « Ne fais pas à ton semblable ce que tu ne voudrais pas qufl te fît. » Gomme ce pré* cepte éirait se transforme et s'agrandit dans la morale évan* géllquel Quelle puissance d'action le divin législateur imprime à la fraternité ! • Traitée les hommes de hi manière dont vous voudriez vous-même être traité par eux.— Faites* leur tout ce ijue vous voulez qu^ils vous fasMuit, i.
La vériuble fialernilé n'est pîts seiiJemcjit un vague insUncl d'humanité , un fugitif élan de sympaiine pour nos semblables. Les yeux le véi vers h del, ëh* sinspirtî à l'amour de Dieu, et y puise la force ei la perafeiaiice du dévouement.
La fraternité , c\>âi ruoioo dea cœur;* et dt s esprits , c'est l'extinction des haines et det» dissensions, c'e>ï la paix au sein de l'humanif^.
La fraternité , c'est la condliation de rarii^MJï de la patrie avec l'amour de rhumanité. Puisqu'elle n'jwnisse tous les sentiments égoïstes , elle réprouve aiisâi regftï^jtie national, les passions viudkativcs ou cupides qui, se cuLliant sous ce manteau, tenteraient de ravir à Tétraûger ies diHjIts de l'humanité (i).
MONUMENTS SÉPULCRAUX DES ROIS DE POLOGNE, IMlM Uk CAfBiolUUB 1» UULKOV».
Suite et fia. — Voy. p, 287.
La neonde période s'étend depuis 1500 jusqu'à 1600.
La république tfe Pologne est déjà formée ; les deux nations qui la composent s'unissent toujours plus étroitement en un seul état * elle est au faîte de sa gloire . florissante , majestueuse ; elle est comme un lieu d'asile pour les hommes persécutés ailleurs pour leurs idées et leur savoir; les arts perfectionnés en Italie y trouvent un bon accueil.
(r) Extraits détachés du Dérnoorate chrétien^ ou Mauuel évangélique de la liberté, de l'égalilè et de la fk-aternité, par M. Gu»« lave d«i Gérando, avocat à la Cour d'appel de Paris. r^r^r% I />
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Les monuments funéraires de cette période se ressentent donc de l'Influence du goût antique ressuscité par les Italiens. I<e cercueil est ordinairement assis dans une niche voûtée à .aquclle sont appliqués des pilastres richement ornés : au lieu d'allégories, on trouve plutôt des inscriptions, des épKaphes. Les figures royales, placées sur un cercueil, prennent le costume guerrier , tout leur corps est couvert d'armure ; elles portent toujours les si'^ncs distinclifs de la royauté. La statue de Jean Albert^ mort en 1501, est encore couchée , immobile et inanimée; elle ofl're encore Pimage du repos viorne). Mais les figures de 5i^i«mond le Vieuœ ^ décédé ru 15/i3, et de son fils Sigiêinond Auguste, mon en 1572, vont anunécs , elles respirent; elles se couchent, elles semhloni n'.oiiis se préparer au trépas qu'au sommeil. Leurs nrciicils, qui ont la forme de bière, sont plus légers que les précédenls (1).
Lorsqu'ou parle des monuments funéraires des rois de Pologne , on ne saurait passer sous silence la chapelle sépulcrale nommée Sigismondine, destinée au service divin des rorantisles et à la sépuliure des derniers des Jagellons. Le roi Sigismond le Vieux Tavait fondée sur le plan de Tar- ( hilecte florentin Barlholomé , en riionneur de sa femme, mono' en 1515» en y réservant en même temps une place pour lui et pour son successeur. La chapelle est carrée, tout eu marbre, couverte d'une coupole ronde; édifice magnifique , riche, en sculptures: des slalues, des tableaux, des images de saints patrons. En enlrânl, on voit à gauche un autel et une pelilc chapelle porialive, ornée de peintures grecques de la vie de Jésus ; à droite sont les sépulcres des deux Sigismond : le iK'rc est en haut ; le fils , dernier rejeton mâle de niluslre maison, en bas (2). Au fond, on voit le tombeau d''Anne, dernière des Jagellons, morte en 1596. Sa figure n'est point placée, comme les précédentes , sur un cercueil ; mais elle est taillée en relief sur son latéral oblong; elle y est couchée, mais dans une altitude où le mouvement qui vient de cesser est encore sensible. Au-dessus de la tombe sont placées deux petites colonnes éloignées du cercueil, surmonlées do deux anges ou génies qui tiennent une couronne.
Tombeau d'Élicnne Balori, mort en i586.
Une pose analogue se fait remarquer dans la tombe d' J^/t>nne Balori , époux de cette princesse, mort en 1586. La figure guerrière y est très-animée, vivante , plutôt se relevant qu'allant se coucher à jamais ; elle est taillée en relief sur un marbre attadié à la muraille. Le mausolée se déve-
(i) Le corps du roi Alexandre, mort en t5o7, fut déposé dans la cathédrale de Tilno , où il avait une tombe; mais les Russes, en 1798, au moment de la reconsiniclion de la catbédrale, firent démolir ce monument avec plusieurs autres.
(a) A près- la mort de Sigismond- Augu'ste , on appela an trône ()(> lu M |iiiI)li(|iio ]fenri de Valois. ]l al>andonna la Poloçne pour -on II ou» lniijiîairc. Aucun mausolée, aucune toiubif particulair ur itii \\,\ rri^ée.
loppe d'une manière imposante. Décoré de sculptures , de statues, d'armures, de blasons, il est privé de tableaux religieux ; les statues personnifient les vertus et les qualités de l'homme pieux et probe; les anges sont plutôt des génies qin animent le souvenir de la vie passée; ils tiennent l'épitaphe, ils couvrent les urnes cinéraires, et déroulent le volume de l'histoire.
Le mausolée d'Etienne fut érigé par son épouse Anne Jagellonide ; c'est un monument de transition vers les monuments de la période suivante. Ce n'est plus une niche, une partie du bâtiment deâtinéc à l'emplacement d'un cercueil, d'une tombe, mais une construction sépulcrale isolée de la muraille bien qu'elle eil soit rapprochée ; ce n'est plusime œuvre de l'architecture antique, simple, grave, .solide; c'est cependant encore une construction imposante malgré sa recherche et la profusion des décorations. Ce n'est plus un monument véritablement religieux , c'est un monument profane, mais plein de vie et d'allégorie morale.
La troisième période, depuis 1600 jusqu'à 1700, est encore brillante pour la république ; mais son nom retentit au milieu des calamités. Tout y allait en décadence ; le goût se corrompait ; pour rendre la pensée appauvrie , on recherchait des expressions torturées qui remplaçaient l'ancienne simplicité.
Les monuments sépulcraux suivirent la même marche que tous les autres produits des arts. Ceux de Sigismond TH. mort en 1632, de Vladislav IV, décédé en 16^0, et de Jean Kazimir, mort en France en 1672, n'offrent que des plaques collées k la muraille. Ces plaques sont inégales aux bords, tourmentées capricieusement en tout sens. Celte dilacéralion formait les festons qui entouraient et décoraient dans ce siècle les tableaux, les armoiries , les meubles, les portes, leurs jambages , les parois et toutes sortes d'ouvrages, l^ mausolée du roi Etienne, les tombeaux de Sigismoild 111 et de ses fils sont construits dans ce goût (1).
Les cercueils de Michel Visnioviecki 9 décédé en 1673, et de Jean Sobieski, mort en 1696, furent réunis dans un même mausolée composé de deux parties semblables. Son aspect est sépulcral : au centre, on voit les cercueils ; sur les côtés sont des statues allégoriques, et tout en haut deux génies affligés, debout sous un arbre de la vie. Celte apparence lugubre est cependant diminuée et presque dissipée par le tableau des victoires remportées des deux princes. Les prisonniers garrottés implorent clémence, élevant leurre gard vers les portraits des rois et des reines emportés vers les nues. Les insignes royaux couvrent le cercueil du roi Michel, et l'armure guerrière, celle de Jean. Audessus des nuages, leurs armoiries occupent une place trèséminente ; les êtres ailés du tombeau de Michel gardent un silence profond; ceux de Jean sonnent les trompettes de la gloire. C'est un tableau de sculpture arlistement exécuté , représentant un sujet grave sous les formes allégies et aériennes ; il est encadré de pilastres.
La période de la décadence décisive et de rancantisseraeut de la Pologne n'a plus de monuments. Un seul roi saxon, Auguste II, a trouvé une sépulture à Krakovie, un autre à Dresde, en Saxe. SUnlslas Leckzinski mourut en Lorraine, et son mausolée est à Nancy. Le dernier roi. Polonais de iiaissance, fut enseveli à Saint-Pétersbourg, en Russie.
^i) Le frère de TUdisUv IV, Jean-Kiwmir, apw «voir abdiqué la couronne en 1668, fiuit ses jours en France, i Net^ «n 1S^7. Son corps fut Umnsportéà Krakovie en 1676. Ou lai érigea un cénotaphe dans l'église de rabbajre de Saioi-Germain des Prés , à Paris, dont il était abbé.
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