‹ Le Magasin pittoresqueChapitre 147 sur 185 · SUR LA PATE DU SOLDAT ROMAIN · texte numérisé non relu

SUR LA PATE DU SOLDAT ROMAIN

Polybc, qui écrivait vers l'an 600 de Rome , nous apprend qu'alors la paye du sdidat d'infanterie était de deux oboles , celledu centurion de qilatre, et celle du cavalier d'une dragme. Or, dit M. de Maizereyi la dragme attique contenait six oboles, et était à très-peu de 6hose de la même valeur que le denier romain, qui valait environ seize sous neuf deniers de notre ancienne monnaie : Ainsi la solde du fantassin, à cette époque, revenait à cinq sous Sept deniers, ce qui se rapproche beaucoup de celle du soldat français qui n'avait que cinq sous huit deniers avant Taugmentation accordée en 1776. Néanmoins, attendu le bas prix des denrées en Italie, la paye du soldat romain devait être environ du double plus forte que celle du Français. On lui faisait une retenue pour ses habits et pour le froment c|ue la république se chargeait de lui fournir. Le (antassin en recevait par mois quatre boisseaux, ce qui fait un peu plus de vln^t-iiuît onces pour chaque jour ; le chevalier romain en recevait à peu près douze boisseaux , et le cavalier des troupes auxiliaires seulement huit « parce que le premier était ^nsé avoir deux valets, et que l'autre ne devait en avoir qu^j V0r§t pour les chevaux se distribuait dans la même proportion. Le soldat préparait lui-même sa farine et faisait cuire son pain sons la cendre ; ainsi les opérations de l'armée n'étaient jamais retardées, ni lès projets du général découverts par la nécessité de (aire construire d'avance des fours dans les Uehx où 11 voulait la porter. On donnait quelquefois aox tronpes des légumes et du tard, et on leur fournissait constamment du vinaigre pour le mêler avec l'eau et en cor-

riger la crudité. Comme celte boisson est très-saine, on leur interdisait souvent l'usage; du vin , tant pour en éviter la dépense que ponr empêcher l'ivrognerie.

César est le premier qui ait augmenté la paye en faveur des légions qu'il devait conduire dans les Gaules. Peu de temps après, cette augmentation s'étendit i toutes les autres. La cavalerie n'étant plus alors composée des chevaliers romains, et se recrutant comme l'infanterie, le traitement du civalier se rapprocha davantage de celui du fantassin.

Dans les derniers temps de la république, les généraux achetaient le dévouement des troupes par des graiificatious excessives. Sylta et César, les premiers, abusèrent de ce moyen. Dans la ^ile , chaque empereur se crut obligé de leur faii-c un présent à son avènement à l'empire. De leur c6lé, les centurions et les tribuns trouvèrent moyen de se proairer des émoluments considérables en vendant aux soldats des congés , des dispenses de service ou des exemptions de travaux militaires.

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