LE ROI DES BUVEURS
Entendez-vous les cris discordants, les rires grossiers» le tintement des verres l c'est la uveme qui élève sa voix ; le roi des buveurs appelle à lui son peuple.
Le voilà, portant encore le tablier de travail qui n*est plus
Dessin de GAVAaai.
qu'une décoration mcnlcuse ; les traiu enluminés par l'ivresse, les yeux flotunts, la lèvre épaissie, il enveloppe le verre d'une main avide et porte à tous son toast brutaL
-—Buvons à l'insouciance, amis, c*est le vin qui la donne! grâce à lui, plus de prévisions, ni d'inquiétude I chaque goutte du sang de la vigne eiface de notre mémoire un lendemain.
Buvons à la gaieté 1 elle pétille dans la mousse de nos verres, elle coule jusqu*à notre cœur comme un rayon de soleil.
Bavons à la liberté! Que nous importe ici la tristesse de la CunDie , les colères des maîtres 7 L'ivresse est une mer que ni colères ni tristesses ne peuvent franchir.
Buvons à l'oubli de toute chose et de nous-mêmes . On voudrait faire de la vie une tâche , nous en avons fait une extase entrecoupée de rêves.
11 dit, et tous applaudissent ; mais tandis que ces applaudissemenu font retentir la taverne, bien loin de là, dans les greniers froids et désolés , un chœur d'enfanu pâlis et de femmes brisées leur répond sourdement:
—Buvez à la misère , 6 pères! car c'est le vin qui nous la donne. Grâce à lui, plus de pahi ni de flamme au foyer! iliaque goutte du sang de la vigne se paye d'une goutte de
notre vie.
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MAGASIN PITTOIIESQUB.
'- 'fiarefe â régoTsidct 11 coufe atec hr jôië din« vos véi^i^ \ tl descend jusqu'à vos cœurs comme ua poison. '
Buvez à la honte I que vous importe le mépris des aulres, le dégoût de vous-m諜97 qui a'est assis dans la i>oue ne craint plus de se salir.
''• Bhvez à h mort dé vôire âme ; car Dieu vous àvift doriné Je^ aspifanoûs des angfès, et vous avez mieux aimé vous ensevelir dans les appétits Àé là b^ùte !