QUELQUES DÉFINITIONS DU BEAU
— L'unité et la simplicité, dit Winckelmann, sont les oeux véritables sources de la beauté. — La beauté suprême réside en Dieu.
— Mengs défmit le beau : une perfection visible , image imparfaite de la perfection suprême.
— Le beau est un seul et unique rayon de la clarté céleste ; mais en passant à travers le prisme de l'imagipation chef les peuples des différentes zones, il se décompose en mille couleurs, en mille nuances, (pette explication est de Tieck et de Waekenvoder.)
— D'après Burke , on peut 4i^i)nir le beau : la qualité ou les qualités des corps par lesq^cif.es ils produisent l'amour ou une passion semblable.
— L'âme , dit singulièriemeiu Iç Hollandais Hemsterhuis, juge le i>lus beau ce dont elle pe^t se faire une idée dans le plus court espace de tpmps.
— Le père André, d^ns son Essai , dit du beau que , quel qu'il soit, il a toujours pour londefffpjit l'ordre, et pQ}iv essence l'unité.
— Suivant MendelssQ|)i}, |*,essp|i|Cp du beau est l'unité dans la variété.
— Marmonte) distingue trois qualités esse^fi(sl|es cfi^ beau : la force, la richesse. Tin tell igenée.
— L'art est la langue du beau, dit Top^r. Le beau de l'art procède absolument et uniquement de la pensée humaine affranchie de toute autre seryitgfïc que de celle de se manifester au moy^çp de la représentation des pbjcls naturels.
— Le beau est la splencfeur du vraj, a dit aidniirableinent Platon.
Le beau, dit encore ce philosophe flans le dial.Qgiic dq premier Hippias , ne doit être cherché dans rien de particulier, dans rien de relatif. Te| ou tel objet peut être beau; mais il ne l'est pas par lui-même, et il existe au delà des chosj^ individuelles un beau absolu qui fait leur beauté.
— En commentant ce dialogue, M. Cousin développe ainsi la pensée de Platon : « C'est l'Idée seule du beau qui fait que toute chose est belle. Ce n'est pas tel ou tel arrangement des parties, tel ou tel accord des formes, qui rend beau ce qui l'est ; car, indépendamment de tout arrangement , de toute composition, chaque partie, chaque forme, pouvait déjà être belle, et serait belle encore, la disposition générale étant <:hangée. I^ beauté se déclare par l'impossibilité où nous sommes de ne pas la ti'ouver telle, c'est-à-dire de ne pas être frappés de l'idée du beau qui s'y rencontre. »
— Le beau, dans son essence absolue, c'est Dieu. Il n'ap-
partient donc pas à Tordre sensible, mais à l'ojdrc spirituel. Dans sa nature propre , il n'est pas variable ; mais , dans ses manifestations, il est soumis aux influences extérieures. L'in« certitude des jugements naît avec les illusions des sens. Le beau s'imprègne des habitudes individuelles et nationales, des préjugés de temps et de lieu. Les artistes doivent tendre sans cesse à remonter vers le beau absolu, quand ils veulent donner à leurs œuvres une beauté qui ne soit pas factice. Si, dans l'expression des affections morales ou des scènes de la vie physique, ils n'ont pas un regard pour le ciel» qu'ils renoncent à conqiiérir une gloire durable. Deux choses sont nécessaires dans les œuvres de la littérature et des arts : de la fidélité et du talent dans l'emploi des matériaux que fournira le monde sensible ; des principes généraux et absolus empruntés à l'ordre métaphysique, qui pénètrent et soutiennent de toutes parts l'édifice , et dont on sente l'action invisible, comme sous les voûtes de pierre d'une église le chrétien fervent sent la présence secrète de son Dieu. (Thierry.)
L'expérience m'a convaincu qu'il y a dans ce monde mille fois plus de bonté, de sagesse , d'amour que les hommes ne l'imaginent.
Geiier , hislorien et poète suédois , morf en i8/i8»