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ET LE CANARD A ÉVENTAIL DE LA CHINE

L'homme ne possède encore, à l'état de domesticité, que deux espèces de canards : le canard ordinaire, espèce asiatique et européenne dont la domestication remonte à une haute antiquité , et le canard musqué qui, pour avoir été appelé autrefois camirdd'/nde, canard de Turquie^ canard de Moscooie^ canar^ ^ §Hf'^^^ ^' P^^"* ^^^^ aujourd'hui généralement connu sous (^ j)om de canard de Barbarie^ n'en est pas moins une es^c^e essentiellement américaine. C'est dans les savanes de la puiane et du Brésil que la nature a placé cet oiseau, et on l'y fro^ye|iaU par bandes innombrables , si les caïmans et les autres cariî^ssiers n'exerçaient de grands ravages parmi ces aniu)aux sai^^ ^^(??^^ ^I d'une médiocre agilité.

La naturalisation in Europe du canard luu^qué a $Mlvi de peu la conquéfe (J^' rArnéritjue, Ou riuiratJuisit d\kl)ord, comme jl arrive 1(mi)i>ui& (^jfs dçî< fîmiiicr;* u^ais, comme oiseau d'pruement; nms h r^^^iJ*^ niirliipliraiiOîi tlL'l'(»pècc

permit bientôt de la ■ iini|^îc^ pumu !> - mmn\ nlltijcntaires.

Dès le ipUieu dif sri?i^m«' nixh: , uiii^ \lhi^l}'c Ik-bn disait de la grosse cane tk la Uuimc, mk>\ ^ir j^ jK>i^)in<iiL le canard musqué; « fl hVij rrouv** (k*^-j i >i î:riii|il'.' f|u.intiié par » toutes nos contré» s, ^m mmmiïmi on les nnurri^it parles » villes, jusqucs àauîir comtnencvffR^il *|v Its vomirc publi- » quement par les uiarchei pouf ^"eo ^yn es k^\ Ins et » noces. »

Nos deux canards domestiques sonf aiiijO|};:4'hui au nombre de nos espèces à la fois alimentaires et d'ornement. D'une part, en etftU, si le canard ordinaire est, p^r ses variétés les plus communes, l'un de nos plus utiles .9?sca^ «Je basse-cour, la culture en a obtenu plusieurs races d'une extrême élégance dont se parent volontiers les bassins et les rivières de nos parcs les plus somptueux. D'un autre côté, le canard musqué, simple oiseau d'ornement dansquelques contrées de l'Europe, est fort utilisé dans d'autres, par exemple dans plusieurs parties du midi de la France, soit pour la chair des jeunes, exempte de cette odeur musquée qui fait rejeter de nos tables les mâles adultes, soit surtout par les excellents produits qu'on obtient du croisement du canard musqué avec le canard ordinaire.

Si préciouxque puissent être ces deux oiseaux , on ne peut supposer que l'homme ait, par eux, obtenu tout c^3«*XÇ^^'f ^

obtenir du genre canard, l*un des plas riches en espèces, l'un des plus variés que l'on connaisse, et l'un des plus universellement répandus à la surface du globe. De même que près de Toie commune et de Toie de Chine sont venues ou Tiennent se ranger l'oie du Canada et l'oie d'Egypte (1), de même près du canard ordinaire et du canard musqué doivent venir se placer un jour plusieurs autres oiseaux du même groupe, précieux à divers titres, par exemple, dans Je Nord , l'eider, et , partout où l'on voudra les cultiver, les deux élégantes espèces que nous avons fait figurer ici.

Si le canard de la Caroline et le canard à éventail de la Chine seront recherchés par la suite pour nos tables, nous ' l'ignorons ; peut-être resteront-ils près des autres canards ce que sont aujourd'hui près du faisan ordinaire et de la poule les spleudides faisans que nous devons à la Chine ; mais, sans nul doute, ils viendront prochainement parer et animer nos bassins, et, à ce titre seul, nos lecteurs ne les jugeront pas indignes de leur attention.

La domestication du canard de la Caroline a été entreprise jt la fois en France et en Angleterre. Parmi nous, les expériences se poursuivent avec succès à la Ménagerie du Muséum et chez quelques particuliers, notamment chez un amateur distingué, M. Coiffier: plusieurs générations ont déjà été obtenues, et, à moins de l'un de ces faits imprévus qui dé-

rangent les calculs les mieux assis, nous pouvons regarder comme assurée la conquête du plus élégant des palmipèdes de l'Amérique septentrionale. Si lé canard de la Caroline est dépourvu de ces couleurs éclatantes que la nature a prodiguées aux oiseaux des tropiques, on ne trouve, du moins, dans aucime autre espèce, un ensemble de couleurs d'une harmonie plus douce et plus propre à charmer l'œil : sa belle huppe est variée de vert, de blanc et de violet pourpré ; son front est bronzé, ses joues d'un bleu d'acier, son plastron d'un roux tacheté de blanc , et le miroir Ae ses ailes d'un vert changeant.

Le seul canard qui surpasse en beauté le canard de la Caroline, est le canard à évenuil ou sarcelle de la Chine et du Japon, espèce à huppe verte et pourprée, à cou d'un roux orangé, h poitrine d'un roux pourpré ; chaque aile porte une plume à barbes d'une longueur extraordinaire, colorée en dedans de roux orangé, en dehors de bleu d'acier, et formant, ' dit Buflfon, comme un éventail ou une large aile de papillon relevée vers je milieu du dos. « Sa beauté est si exquise, dit Kxmpfer , que lorsqu'on me l'eut fait voir peint en couleur, je ne voulus pas croire qu'on l'eût représenté fidèlement , jusqu'à ce que je l'eusse vu moi-même cet oiseau, qui est fort commun. » Les Chinois élèvent en eUet habituellement le canard à éventail, et il est d'usage à Nankin d'en donner un

Ménagerie d'histoire naturelle. — Le Canard de la Caroline et le Canard à éventail de la Chine. — Dessin par M. Werner.

IndiTidu aux jeunes époux le jour de leur mariage comme symbole de la fidélité conjugale.

Ce canard, si commun à la Chine, est resté jusqu'à ce jour extrêmement rare en Europe , et sa naturalisation n'a pu encore être essayée. Mais les événements ayant ouvert la Chine aux Européens, l'introduction d'une espèce aussi curieuse et

(0 ^oj. notre article sur l'Oie du Canada et l'Oie d'Egypte , p. 23.

aussi belle ne saurait se faire longtemps attendre, et nous ne doutons pas qu'elle ne vienne bientôt disputer au canard de la Caroline la première place sur les rivières de nos parcs et les bassins de nos jardins.

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