CHARPENTE DE LA MAISON. — LES PILIERS
La^ cl^arpeple de cette ipaison est suriotit composée d'os, Les piliers SQpi les p^ de rpxlrépijlé inférieure. Pu |es partage ordinairement pn trois divisions ; la cuisse, la jambe et le pied. Il faut y fyoqler la rotqle du genou. Chaque cuisse ^ lin pç; chaque jambe, deux; et chaque pied, yingt-six.
L'os de la ciiisse se nomme le fémur : c'est l'os le plus long qu'il y ait daps le corps humain. A la parlje supérieure, pç^V laquelle il s'qrljcnlp avec la hanche, se trouve une tête arrondie : cette têlp remplit exactement une cavité cofrespondanle de Tos de la lianclic , et y est fixée p«ir pn procédé qi^e nous décrirons pi as tard.
La partie inréricurc du fémur se joint ou plutôt est superposée au grand os de la jamb^'. '\u-i|essous du genou, la jambe est composée de d«ux o^ : le tibia (ainsi nommé parce
qp'il ressepdile jgrps^ièremPP^ ^ WilP flftl^ ) .esUf e.1u§ ^rps ; l^utresc nomptP le ;?^rûw/f.
ftv^Ht et en ariiîre, dans up senj pian, ç^mmè.i|n çompa^ A J'pndroiiQÙ 1^ féipur ^e jojni ^i tjbja et ^^ péroné , et fi^rm r^rtiptd^tiQp 4u çepqu , ^e irafiyé j? rplule.: c'est un P§ tqprt et pl^f qui U*PSt ppipf Joint aux auties os,. niais qiu pst posé pwi^cipep^ deYi»ptpi«}ainl.enu à sa place par des tendons^ r , ' . ,\ .
pS pied' — Iç^ m <ll^ pi.çd ont de certains rappofte avec le§ PS de l9 piajn ; mab jj .y a 4ei différençeg importantes. J.C picfj se compose dp i"Ji|Ll-sj$. petits os réunie par des
ligaments ; les ligaments sont élastiques ; quand nous remuons le pied ou que nous l'appuyons, ils se prêtent au mouveracnl qqc nous faisons, et ctdent aux corps qu'ils rencontrent. Si le pied n'était qu'un seul os solide , il ne pourrait plier, et sernli tont de suite passé lorsque nous sautons ou que nous tombons sur nos pieds. Péfléciiissez combien serait lourd et mal commode un pied de bois ; un pied d'os solide né le selait guère moins. T^a courbure du pied est une chose remarquable : elle peut se comparer à l'arche d'un poiit,^ ainsi que je vais l'expliquer.
I^ pied n'est pas pogé à plat sur la terre , mais dans la position qu'il prend ^» marchant au moment oq pn le pose; il forme un arc de cercle de 1^ pointe au iftlnn» L'étlrémité inférieure du talon et la pqiple dp gros orteil peuvent être considérées comme les piliers de la voAtp, et Jes osdu coudepjpd fqrP.ienl 1^ voûte elle-même.
&i VPIl^ tdl(ic|)p« fortpraent un morceau de bois sous votre pied, vous reconnaïirez facilement combien nous marcherions lourdement si notre pied était tout à fait plat. Nous n'aurions plus d'élasticité, nous pourrions difficilement marcher, sauter, comlr ou nJigPC» '
Le tâloP n'est pas exacfeaieat Mm la Jimbe* m^\$ ressort, un peu en arrière , comme wie esjpfeoe d-éperon , ci cstiitta)^ ché au pied par une arliculatlcm irês-lflrte e) (rès^tastiqoe. . Par celle raison , quand nous marchons , le talon ^tadt plus en delmrs et étant élastique, desceod le premknr à terre:, et ainsi le poids du eûrp$ n'arrive pas A tffi*6 avectinA Becdusse^ mais avec douceur. L'eniemble du pied e^t uflue cbMe admi- . rable : non-seulement il y a une ardte du talon an bout du pied, mais dHiu côté à l'autre presque aucune partie dd'niilieu du pied pe touchera tprrô. On tvoure- quelques dilTérençcs daps )a forme des pieds des divf rm^ p^raofines : ieê unes les ont plus plats que d'autres.
Remarquez qu'il n'y a^pas de pie4 aussi arqué que notre dessin , à cause des muscjes^des tendoiis et d^ la chair qui remplissent le vide,
IMus vous examinerez ^ pied de ritoulmfe^ -pliiîi Ttus'Jc trouverez admirable. Aucun pied d^nimal ne peurhri'^ie* comparé ; cependant ils soYit aussi remarquable chacun diins: leur genre, txaminoûs le pied dttcliamcau, dé ;l^ldptttltt«? du chevid ,.Ja paitt: du cblen , du' thaï, de f oiseau : H HLi
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t«i{dnrà«tt tuppori.Brec les autre» ocgant» dc.Ditiiiiial .qui iMterflàipeni son genre de tlci lA pied du oiiaroeaii ae s'en-fftké. pas dans le sçhje sur lequel il voyage* Le ctievul ne pburrâit ri]Ârçhe^ |iussi longtemps dans les sabler > son pied élant plus élastique et formé pour un terrait) plus solide : il csf si élastique ; que ceux qui Xerrent le ciiQval amincissent le fer autant que poijsible: en dedans, afin, qu'il ne presse p4s sut la^partiepltts tendre et plus élastique qui se trouve à riBléileBr du sabot; < .
cfiitrë les parties inférieures du tibia » du péroné et les os dtf.piédi sonit sept os courts, qui ressemblent un peu Hk ceux dp pDigdet, mais qu^ sont plus gcos.(l).
«... :: La $uiU A une atUre livraisoné
; ^ bES COMBATS DE MËW.
.Nos vaisspdoxdoivei^t toujours être réunis en masse la plus grande possible» Plus ce nombre sera grand, moins la supéri0irité.numérique de l^ennemi aura d'importance. Mais malgré cette Supériorité , il ne faudra jamais craindre d'engager le combat; oti devra le livrer à foqd sans .arrière -pensée. Amener pe. devra jamais être permis. Qu'on coule. lA» aprtir.d'vn tel combat, l'ennemi, s'il est vainqueur, $9^ tellement (jlé)abré duns toutes ses. parties, que de long- V^t^ga il ne pourra reprendi-e la mer. Alors celle -^ ci sera d^vfAine libre. lM>rsqu'à terre des bataillons en ont vaincu d^iftres; moins nombreux, ils peuvent vivement suivre leur succès^ /quelques pertes qu'ils aient éprouvées, ils l'ont à r^pstf^t des corps de marche avec les soldats non blessés. I^ » i'iionuiie est l'unité ; mais à la mer^ l'uniié, c'est le nali]^ pi*, après un rude combat, la victoire ne laisse pas au vf^oqueur uii lia vire qui ne soit fortement avarié...
Qn veut tpujoui*s mal comprendre ce qui est le type particni^des coml>ats de mer. l'ourlant l'empereur Napoléon , d^iis ses^ Mémoires, l'a expliqué avec son admirable lucidité. A terre, dans lute retraite, quelques corps qui se dévouent peuvent,, en profitant des accidents d'un terrain propice, sauver tout le reste de l'armée. Mais en mer, où sont les accidents de l'échiquier qui permettent de pareils résultats? En outre , on exagère trop les pertes en hommes qu'entraîneraient des combats à outrance. En mer^ les combats sont trèsrares; cçuxde terre, au contraire, sont de tous les jours. Tout l'équipage d'un navire qui coule en combat , n'est pas p^rdu. A Trafalgar, l'illustre capitaine Infernet soutint les attaques de trois vaisseaux anglais qui le serraient à portée de pistolet ; il coula ayant cloué sou pavillon , restant le der-
(t) C«t article et ceux c^ii te coûtiiiueront sont extraits d'un otfvrage publié eu Amérique par le docteur Alcott. Jusqu'à ce jour uous avious relardé, malgré nous, le moment, d^offrir à nos lecteurs quelques éléments d'étude sur le corps humain. Nous étions à la recherche d'une forme de description qui fût de nature à' atténuer» à Voiler eh quelque sorte, te que ranalomie et la pliy»îolo{{ie eicitént de répulsion chcx lieancoup dé personnes. L'idée iogénicÉse.du docteur Alcott nous parait résoudre en partie le j>rol>lèaie. Du reste , uous ne uous ferons point scrupule d'abréger et d'amender l'ouvrage original toutes les fois que nous le jugerons convenable , et nous n'y joiudrdns d*a«lres dessins que ceux qui, étant Iudis^^tn8ilbles, n'fturbiit po«^ lès yeilx rîen dé rftpujsoaiil. Nous devons ajouter que cet utitr«ge a déjà subi été modÛîditionft et, t>oQr ainsi dire, dés é))ûratiaoi iihportaniêS : l« tfAle qui BOUS sert é^ en effet une traduction publiée en Suisse d'après uu abrégé tait en Artgleterre. Nous n'aurons celle foi» que traité très^nmiairement d'une science foii iroportaïUe : jl nous réitéra la liberté de compléter cet essai peu a peu et soiis des formes dÎTcrses. Le docteur Alcott S étrit eîl rôle de àon litre Une préCité dont Uous citerons 1t»s lignes suivantes : ■
« Les Iromnies voués i la profession médicéle se sont , jusqu'à pré&ent , preM|ue exclusivement occupés de l'élude du corps humain. Mais pourquoi ce sujet, qui inléresse tout le monde, ne serait-il pas mis à la portée de tous ? I^e portons-nous pas avec nous, {lendanl notre vie, une inacliiiie si admirablement construite qi*«lle a exAté chez Un écrivain inspiré cette exclamation : «Je tg^célàieràî dé ce qUé j'ai été fait d'une étrange et admirable maniéré P t Nos ftaMs sont les liabilants de corps cousiruiis de
nier sur le pont et sur le vaisseau } et pourtant le vaillant capitaine, ses cnfapt^ et un nombre considérable de tous ses braves furent sauvés. Dans rarméc de lerrq , on trouve , entre autres exemples, la 32*. demi-tagade, simple régiment , qui , (luus toutçs les victoires de 1790 et 07, en Italie, consomma treize mille hommes, c'est-à-dire six foU soa effectif , cela .à une époque où il n'y avait de congés pour I«îs soldats que ceux donnés par les balles et par les boulets ennemis. On trouve à Eylaii la place où l'on enterra seize cenU liQmmes et quatre-vingt-six oûiciers d'un seul régiment. Est-ce que pour cela on renonce 3ur terre aux combats le.i plus acharnés ? La carrière militaire a pour condiiion sine qud non , que le militaire qui se lève le matin ne doit pas compter se coucher le sojr*..
C'est par, un noble dévouement, par une haute abnégation matérielle d'eux-mêmes, en n'aspirant qu'à vivre duns les annales de la France, immortelles comme elle, que nos officiers de marine pourront parvenir à anni^ler les résultats d'une supériorité maritime que la nature des choses donnera toujours à nos ennemis. Qu'on sache bien que celui qui veut toujours et toujours, sans varier jamais , trouver le combat, finit par rencontrer des ennemis qui s'en fatiguent , et qui n'en veulent plus.
Si jlavals un fils qui eilt l'honneur de servir dans la marine militaire , et de recevoir le commandement d'un navire de guerre, voici ce que je l'exhorterais à faire. — fiC premier jour de son arrivée à son bord, sur le pont, sous le drapeau, devant tout son équipage en grande tenue, jurer que jamais» il n'amènerait, que jamais il ne rendrait Son navire, quelles que fussent les circonstances ; autorisct* tout le monde, si un Jour il voulait manquer à ce sermetlt « à le tuer immédiatement pour l'empêcher de fausser sa pal-oie. — Avec une pareille résolution , la gloire ou la fortuné ne l'abandonnerait jamais. Le général DuviTiEfl, Quêêtton de l* Algérie.
LE PÈRE MEftSElHNË.
Marin Mersenne est Vm A^% hommes dont le nom tlf ure le plus souvent dan§ l^hlstolre scieniiliquc de la première moitié du dlx-sepilème §ièclé. Uni par les liens de l'amitié k i^scal , à t)«S(*aMes i à Fci mat , en JorreApondtint» atec la plupart ifes sfltAhtS de eelie époqdei 11 ne s'est pas élefé» par ses propres découvertes, au rang qu'occupent dans là science c«s Illustres |éom('tres$ tnnls M était l^Utt de leur» àdeptél 1«9 plus Intelligents et les plus eélés ; il répandait dans lOttle l'ËUrope les découvertes noutelles que tos nonl^
telle sorte quMli j»èUteMt facilement se déi anger et se détériorer | bependatit on H'^Usei^iie point 1 prétenir les désordres qui déran« gent récohortiie de Ces fcorps, ni à en prévenir une délérioraliott (irémdiurée. L'élât du corps aail fortement sur l'eiprlt , et noua Voyons qu'un malaise corporel alfiîcte prompiemeni nos pensée» et même nus seiiiimeiits. Poiir maintenir l'équilibre de l'esprit et du cœur, il faut veiller & belu) du corps. Qui s'en occupe? ht» médecins seuil. N'est-il Jmiï étrange que des connaissances si essentielles ne soient pas répandues dans les diverses classes de la société? Plusieurs raisons s'opposent à cette étude *. ou associe à l'idée de ce ^eure d'inslrUciion les morts violentes, les cadavres , les Squelettes, les dissections, etc. Il ne faut pas i'élouuer que l'anaiomie et la physiologie , tels sont les noms donnés aux branches de celte élude, soient peu recheicliées, si de pareilles choses en èont inséparables. Mais on peut s'en passer jusqu'à un certain
fioint. L'anatomie et la physiologie jjemenl s'eludier avec avanâge, si Ton ne recherche qu'une instriiction géiiérale et populaire, sans entrer dans des détails d'analomie pratique. Cest souS ée point de tue qUe l'auteur a commencé quelques essais sur ce iiijet. L'accueil favorable qu'ils out trouvé, A les demandes des parents et des insiituteurs, l'ont encouragé à offrir ce petit ouvrage aux familles et aux écoles. Il pense que le moment viendra où la connaissance de la nature physique de l'homme sera rei,'ardée comme aussi essentielle que rarithmélique et la géographie. Il espère que son travail diminuera la répugnance qUe J'oit éprouvé généralement pour cette étude. Le plan de l'outrage n'est pas Une simple théorie, il a été introduit avec succès dans des écoles H des famille.. . ^.^^^^^^^ ^^ ^OOglC
breuses relations le metudent à même de connaître peu de temps après qu'elles avaient été fkites ; U provoquait les recherches des uns en leur annonçant les snccès des autres* Son influence a donc été réelle , et nous Tapprécions mieux aujourd'hui , sans aucun doute, que ne Tout fait ses contemporains.
Né au bourg d'Oizé dans le Maine « en 1588 , Mersenne commença ses études au collège du Mans, et vint les continuer à celui de la Flèche, où il connut Descartes, pi us Jeune que lui de quelques années. La liaison qui s*établit entre eux dura jusqu'à la mort. Entré dans l'ordre des Minimes en 1611, Mersenne ne balança pas à prendre la défense de son ami contre les détracteurs de la nouvelle philosophie. 11 alla même se réunir à lui en Hollande, où Descartes s'était réfugié. De retour à Paris, il continua à défendre la doctrine et la personne de son illustre ami contre les accusations d'irréligion , qui offraient alors encore tant de danger à ceux qui en étaient l'objet. Comme on ne pouvait mettre en doute les sentiments de piété sincère qui animaient le Minime , il est hors de doute que son témoignage dut être de quelque poids dans la balance et atténuer la portée des attaques auxquelles Descartes était constamment en butte.
Le Père Mersenne.
Le voyage du P. Mersenne en Hollande, trois voyages successivement faits en Italie, de ieiiO à 16/i5, l'avaient mis en rapport direct avec les physiciens et les géomètres les plus distingués de ces deux contrées. Il en profita pour faire connaître en France leurs travaux. G*est lui qui annonça le premier, dans notre pays, la fameuse découverte deTorricelli sur le vide ; découverte qui , complétée par les expériences entreprises au Puy de Dôme , sous la direction de Pascal , ont eu des conséquences si fécondes pour la physique et la météorologie. C'est encore lui qui attira l'attention des géomètres français sur la courbe devenue si célèbre sous le nom
de trôchiMe^ eycloïde ou roulette. U nous vilitt ainsi les admirables travaux où le géniede Pascal se montra supérieur à celui de tous les savants de l'Europe , publiquement défiés longtemps à l'avance, et qui tous , sans exception , échouèrent complètement ou restèrent notoirement au-dessous du pro* vocateur; sans en excepter les luUens, disciples de Galilée et l'Anglais Wallis, Tun des géomètres les plus habiles de l*époque. Il proposa le fameux problème des eenlref d'ofeiilation, qui, après avoir été fort agité entre Descirtes et Ro* berval, fut pour Huygens l'occasion des découvertes la plas belles et les plus importantes en mécanique. Enfla, Mersenne eut le mérite de faire connaître le premier, en France, par une traduction à laquelle il ajouta plusieurs observatioiis importantes, les Mécaniques de Galilée (Paris, 1634).
Payant tribut à quelques idées fausses et de mauvais goût« qui avaient cours encore au commencement du dix-septiène siècle, Mersenne, dans son Harmonie uniwr$eUe^ Invite les orateurs à orner leurs discours de traits et de textes tirés des mathématiques. Les sections coniques lui paraissent mène propres à fournir de beaux sujets de comparaison dans l'âoquence de la chaire. Mais en laissant de côté ces imperfections qui tiennent à l'époque autant qu'à l'homme, on irMife en général dans les ouvrages scientifiques du P. Mersenne l'érudition la plus solide. Lorsqu'il se borne au rôle de ooapilateur, il le remplit avec une intelligence telle, que ses écrits sont aujourd'hui recherchés presque à l'égal des orlglBaux dont ils offrent le résumé substantiel , parfois même une re* production exacte accompagnée de notes. Tel est le volume intitulé : Unicersa geometria mixîeeque maihemùiiem synopsis^ Paris, In-&*, i6Uli ; volume qui « avec la CogUùta physico-mathematiea (in-/i% Paris) , publiée la même année, et les Notœ observationes physieO''fnaîhemaHeef (in-/ii*, Paris, 16/ii7) , forme une collection précieuse. Mi^le plus rare et le plus estimé de tous ses ouvrages est PHormonie universelle (Paris, 1636, in-folio) , où se trouvent les principes généraux de la mécanique applicables à la musique. C'est à Mersenne que l'on doit le mot de rectangle^ employé pour désigner le quadrilatère dont les quatre angles sont droits (De la vérité des sciences, p. 815). Ce mot est resté dans la langue.
Nous avons eu occasion de démontrer ailleurs (voy. 1836, p. 2^6) que Mersenne doit être considéré comme le vériuble inventeur du télescoi>e à réflexion , dont l'idée est attribuée par les Anglais à Jacques Gregory, et dont l'exécution est considérée par eux comme un des titres de gloire du grand Newton. Ce fait seul suffirait pour prouver que Mersenne sort de la ligne des compilateurs ordinaires, et que son esprit était capable de s'élever jusqu'à des découvertes d'une certaine portée.
Mersenne mourut le 1*' septembre 16/i8 , au milieu des douleurs d'une cruelle opération maladroitement appliquée, ft Mersenne était, dit Baillet, Vie de Descartes (1691, hi-6*), le savant du siède qui avait le meilleur cœur. On ne pouvait l'aborder sans se laisser prendre à ses charmes ; jamais mortel ne fut plus curieux pour pénétrer les secrets de la nature, et porter les sciences à leur perfecdon. Les relations qu'il entretenait avec tous les savanu l'avaient rendu le centre de tous les gens de lettre : c'était à lui qu'ils envoyaient leurs doutes pour être proposés par son moyen à ceux dont on en attendait les solutions ; fiiisant à peu près, dans la république des lettres, la fonction que fait le cœur dans le corps humain. Sa passion d'être utile ne se borna pohit à sa vie ; et il avait ordonné aux médecins, en mourant , de faire l'ouverture de son corps, aGn qu'ils pussent connalure la cause de sa ma* ladie. H fut obéi , et l'on trouva l'abcès deux doigts au*dei8us de l'endroit où on lui avait percé le côté. »
BUREAUX D'ABOIfREIIElfT ET DE VERTE»
rue Jacob, 30, près de la rue des Petits-Augustins.
Imprimerie de L. VUwtxmwft^ «le Jacob, 3o|^
LE CHATEAD DE MABLT.
^ife..
État ictuel de l'un des bassins latcnux du second parterre de Marly,
S 1. Les ruines de Marlt.
Mous pouvons nous donDer« à denx pas de Paris, des spectacles qœ nous allons souTent chercher bien lohi dans les pays étrangers, et que nous y croyons uniques. Les ruines, dont, au dernier siècle, Volney a fait entendre les leçons et goûter la poésie, ne sont pas seulement romement des lieux oà les arts des Grecs et i'emplre des Romains ont jeté leur éclat. Aux portes de nos villes, dans les clairières de nos
TontXVI.— Avmi. i8i«
vieilles forêts gauloises, nous avons des déserts oà la main de Thomme avait élevé des monuments somptueux, où celie du temps a de nouveau tout confondu et n*a laissé subsister des œuvres d*ime civilisation éclatante que ce qui est néces^ saire pour nous en rappeler à la fois la gloire et le néant
Le Parisien , ordinairement si curieux de tout ce que les environs de sa ville offrent de rare et de singulier, ignore complètement le chemin qui mène à l'imique endroit où la monarchie de liOuis XIV se montre encore seule, il est vrai;
tjoogle
.MAGASIN WT.TQHKSUUK.
mais ruint^c cl nue comme les orages de la révolulion Font laisscîc. Quand, suivant le bord de la Seine, Il traverse le village de Marly-la-Macliine, remarquable par les roues hydrauliques qui fourniss<iieru autrefois Peau aux bassins de Versailles, et le village de Marly-le-Port qui était jadis le dernier port du diocèse de Paris, il ne se doute guère qu'il y a, au-dessus de sa télé, caché dans les sinuosilés de la montagne qui sépare la rivière de la plaine de Versailles, un troisième village de Marly, qu'on appelle Marly-lc-Rol, parce que Louis XIV y fonda Tune de ses habitations les plus affectionnées et les plus coûteuses. On pourrait môme attemdrc par hasard Marly-le-Boi, cl ne pas soupçonner que derrière les maisons du village, on \)c\\i rencoplrcr une solitude sauvage, au milieu de laquelle les couslruclions de Louis XIV gisent abandonnées et encore impi^samos sur le sol.
Qui veut reirouver le cliâleau, témoin des scè^ça Içs plys intimes et les plus curieuses de la couv cl^ tii^-sepiièuie siècle, doit prendre à Bougival la roule qui CMud\^i.s^U au pavillon de madame Diibarry, cl qu'on app<?m le çhvmia de la Princesse. Après avoir passé le village (le ^.u^vcçie^^e, U s'avancera le long du grand aqueduc qui porte ^ Vçr>iaiHes les eswix élevées sur 1^ moulagne par la lu^chi^^e ij^ Marly ; à Pexlrémité de ces arcs qui donnoni un air de pay^gc vomain h nos collines celtiques, il rcnc(HU.icCi\ V* ^''^'^^^ ^'^'i menait Louis XIV de Siiinl-Gcrmaiu à VcrjHàilK»^, iinmi*-. épris successivement de njadcmoi^elic dv la YuUkic, i;r madame de Montospan et de mademoiselle de ^Ymla^ue , il; allait hâter, poiy- ces jeunes rrtncs de la cour, V«'* **^'^*^"'Vni du palais dont U ne se doutait pas que la yeuve. i^uiaitiieti du Scarron devait seule prendre iK>ssesslon. Cette \'ù\\U^ forme, au-dessus de Louvecienne , lui rond-point, (^^ l^ gra^d^ur indique assez que les voitures de. Lauiti \\\ y ^^\ %\)^ tourné ; il semble qii'on soit forcé de Ijci» s^i\i:«[ \ ^BAJbl ^ tournant commç çUes , pu va se je^r ^ur ui\ 9iu^ ipist^ rable pareil à la clôture de qudquç ^u\ie fieru^^ ; friM%cUi%r sez le guichet , cl vou^ co^lemplcreJi T^ij^ i^^ specti\çtçsi les plus étonnants que vous puissiez sauhaiK^rt
On se trouve dans une immense enceiiUe circulaire doA^ les miirs, que le lierre ronge, souliennent la &^r^l àfi Voûtes parts; il semble voir un vaste cirquç crçusiâ çl for^ihé au milieu des bois, où l'(^uvre des honime^ eî»l \^l^\^ s'ajouter audacieusemcnt à celles de la nature. IVs i>ilii?rs, ç.^ çl, Uk abattus , laissent deviner 4es porii(|ues qui ont dû orner celte entrée; à lem- siiil<? , inw les Iron^îcs que le temps a faites, la vue plonge à. dioilc çl ii gHiv:M,c, dans cfes su.l?istruclions plus grandes qui se perdent sous romJ^ro (^paitti^e des arbres. En face de la porte i^ai; Uiquelie on a pcuéiré, on découvre une perspective phw surprenanle çacpre ; la. route s'enfonce dans un gouffre , où de tous k\s poinis de Phorizon la forêt paraît s'abaissci* ; ces grands arbres, qui au milieu même de leur liberté sauvage témoignent, par une certaine régularité à moitié effacée, qu'ils on^ élé jadis plié» par la hache, sembrent se pencher h's uqs sur les autres du haut des gradins d'un ampbilhéàtro gigauKjsque, çl fi'incliqiei: tous vers la puissance qui avait forcé la naiure , comme les nations, ù subir son commandement.
On a hâte de pénétrer au fond de cet abîme de verdure, o(k tend tout le grand paysage fait de main d'homme, dont on est environné. On descend entre deux murs qiù portent les chênes et les ormes séculaires; on arrive à une seconde élieèln^e èîrcuialre que Ton est tenté de prendre pour leis déblai» é\ui palais , aux gi*andes onchdations du tapis de ^tftfdufie qui en caclie les décombres. Le peu d'ouverture géc W perspective a en cet endroit vous avertit de descendre ehéore; fei , après avoir traversé de» salles de ver- Mré aèândÔRn'éês au hasard, vous arrivez à un amas pkis gi^nd, tfn baûl duquelle i^gard en>brasse un horizon éiilfàtit Les ralaés sâr lésqiielle& vouff è(c» placé alfpcient sénslbleméRt la forme circulaire : et, aussi loin que Pœll
puisse atteindre, au delà des pentes que vous dominez, an dcîà des plaines qu'arrose la Seine dérobée au pied du coteau, les montagnes, suivant les prolongements de la col- Une de Siunl-Germain , arrondissent encore leurs lignes délicates qui fuient vers les bois de Montmorency. Cette fois vous avez sous les pieds le palais célèbre %ù Louis XIV a caché, au milieu des fêtes, la douleur des revers de sa vieillesse ; et dans toutes ces lignes qui semblent répéter à plaisir la même courbe harmonietise , déjà se trahit le plan original qui avait fait de Marly les délices du roi , lorsque , dégoûté de la pompe théâtrale et trop découverte de Versailles, il cherchait, dans un abri mieux défendu, des plaisirs moins bruyants.
La route par où on est arri\é jusqu'aux i-estes du palais, en traverse les ruines à l'endroit même où le grand salon si vanté , dont Saint-Simon nous a transmis tant de brillante^ peintures , rassemblait l'élite des grandes dames de la VOiir. Un charretier qui vient prendre les dernières pierres (^\ I»3l\illoa royal, une vieille femme poussant devant elle Vàno qu'elle a chargé de broussailles ramassées dans les iardins de louis XIV, foulent, sans le savoir, le sol que les pas-de la duchesse de Itourgoigue semblaient avoir marqués d'une trace ineffaçable. Ce sout les seuls hôtes qu'on rencontre dans ces lieux où les l^pmmes les plus polis de l'Europe Éwmaient autrefois luic société choisie au roi iW la t'iançc. his même un arlistç qui yienoe essayer de reirouver ^ t)çauté secrèlc de ces lieuj^ qui ont captivé les goilts les plus vaffiués. Pas même un rêvçuç qui vicimç méditer tout ce grau<l P''»ssé évanoui. Pas même uu bourgeois qui vienne PiuîiiUlev par ^\ curiosité hiuialç c^ goguenarde. C'est le silejg^cicux ^lé^^tul qu'on trouverait è Spalalro, au milieu iWs ^liHulej^ ^vUo^r ^l^es ruines du palais de lUocléticu*
(M iiesç4>^4 ^1 tertre Corme par Ijps décris du palaj^ de \û\}l^ XIV i ^\i diçLi d<ç^ salj/es d^ verdure qui |»iil le pendaat ^le çeUç« (^u'çji a i)^A U;iixçrsçes, m apçrçoii^ à moitié Vi^^ut> ^ ^XoiLié ç<^ch^ sùus l'|ierl)e, ka restes des bâti- >^c^l^ <}Mii ç^'iesp^^fkieal avec c^i\\ de la seconde enceinte ÇM:Culfiij;ô pai^ (j^ Qj^ a passé. Derrière le palais, sur la colline (Jçhancrée , ^ voit , recouverts par la ipoussc , les nombu:eu3^ degrés sur lesquels devait tOQ^er toute une rivière d'eau. De part et d'autre, des roules creusées sou3 les racines (^'4 ai'^'ç^ 9i |Pi?i)i^% S^ %^'^^^ il)ui!i P^iir soutenir les terres, ouvrçm (^;i» éçhap^iées sur la QDrêt assujcliie à un plan où ^ ^'4pète ion jours l Uguo ronfle. \Uiii c'e^t devant ie p^lai^i mémfi m\\ ^^A ^''«ixamçe^ pamr rçUQuver les plus ; i^m\ eudjL'oitâ d|es |ardiiis.
Qtt va en (j^îK^ej^lant t(^jours d'une terrasse à l'autre ; chaque terra^^se portait ayj^re^s un parterre, sur les flancs iknimi ^ dt^l^cliait, à ^,oi!i,9 et à gauche, une allée qui ifilm\ \f)u\ k U)\u: du jard^ <^sposé eu amphithéâtre.
Le premier pailerre , qiio le château couronnait , montre encore ses arbres surprenants, arrondi» a ulrcliois en berceaux dont lei^r base a conservé le pU» ép^inouis, au-dessus de ces anciennes voûtes, ^n Uonça nouveaux, libres et vigoureux, qui semblent comme une seconde forêt entée sur la première.
Le ^coud parterre laisse apercevoir distinctement les deux bassins latéraux dont il était orné. Au milieu des grands ormes qui autrefois couvraient de leur ombrage des conques élégantes chargées de bronze et de marbre, l'eau, dont on n'a pu détruire tous les conduits , sourd naturellement de la terre qui a gardé, la ï^yn^^ d^s ;|nciçi>ncfi constructions ; i l'endroit où le jet d'eau s'élançait vers le dbme de ces bosqucii, des joncs soiteiit en gerbe âpaisse } les némi^ifs s'y mélont et achèvent de couvrir cette Mare ti^anquiMe qili n'est' agitée, de tèmfs k autre, que par les maîa^ desblancblisêuap* do village.
Le troisième et le quatrième pacierve offi^ent encore les restes des vastes bassins qui en occttfaient la plos grtndo partie'; les formes en sont netten^nt dessinée» ««xycàxrj^
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