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rabaissement du terrain, et aussi par la verdure plus fraîche des plantes qui poussent plus vives aux lieux aiilrerols engraissés par les eaux.
En présence de ces ruines encore st reconnaîssables dans leor dégradation, on se demande comment il s'est fait qu'elles aientété réduitesà ce point et qu'elles n'aiinl pU chlièi*cmenl dlsparti. Ni les bois qui les entourent, ni Therbe dont elles sont à moitié recouvertes M sentblenf pluà être touchés ^ar l<i^ main de Thomme. Au ttiilicû de ce iiiouvement rapide de la civilisètioh qui transforme aujourd'hui ta Siirface de là France, si près dti foyek' d*b^ U émane, on e pdnc h tomprendre que ce désert demeure incultic, sadVagô et ignoré. Une ferme cachée dans l'on des r^pUS que là fei-ét fait derrière le village de Marly, amioncé seule (|Ue ces ruines ont un maître*
S 2. F\)IIDATiON t>U CHATBAC DE MaRLY»
U fiiut laisser Saint-Simon peindre, dans soU langage expressif, ce que Louis XIV voulait I^lrt de Maily et ce qu'il en fil:
€ Le roi lassé du beaU et de la foule^ se persuada tju'il Voulait quelquefois dd pëllt et de là solitude. U chercha ftutotir de Versailles de quoi salisibire ce nouveau goût ; 11 Visita plusieurs endroits, tl t^reoUrut les coteaux qui dominent Saint-Gel^maln et cette vaste plaine ()Ui ebt au ba^. On k pressa de à^arrêler k LuciehUes, mais il répondit qde celle heureuse situation le niinerkit, qbll voidatt un iieit fui ne lui permit pas de êohgcr à )f rien foire. » Il trouva derrière Luciennes un vallon élit)il, profond, à bords escarpés, inaccessible par les hiaréCages, sans aucune vue, étal^rmé de collines de toutes parts, isxtrénaement à l'étroit, avec un méchàitt village sur le penchant d^e de ces eollines, qui 6'appelàit Marly. belle eldturc, sans vue ni moyen d*en avOir, fil tout son mérite t l'étroit du vaUon où On ne pouvait s'étcddre y ajouta beaucoup ; il crut choisir uii ministre, un favori, un général d'armée^ » L'ermitage fut laiti ce n'était (}ue pout* y coucher trots nuits, du mercredi au sahiedi, deux ou iroià fois l'année, avec une doueainc de cbUrdsan» eb chargfe, les plus indispensables ( |)eu à peu l^erntitage fut augnienté. D'accroisipement en accroissement, les collines finx^ni tiiitlécs pour faire place et ^ bâtir, et cClleb du bout légèrctnenl emportées pour donner au moins line ééhappéc de vue Ibt-t im^ )»arfalte. Enfin en bfltinients, eil jardin», feu edux, eh aqueduc^, ^h ce qUi est hi curieux $ous le botn de machiné de Marlp^ en parcs-, ea forôtâ oirnées el rehlfermées, en suides» en meabies pnîcieut, eh krandb tirbl:«».^'ôq y a a|>portés sans cesse de Compifegnfe, el de bien plus Jom^ dont les titds ijuarls faaouraient etq^i'on nenlpiaçail aussitôt, kù allées obstdrt?^ subitement changées en d'immenses pièces d'eàk où Ton se promenait éh gondole, remises ^h forêts à n'y pàà voir le jour dès le moment qu'on les plantait, th i^ssins Clian^ cent )bis, eh cascade da^néUie, en ïlgurits successives et touteà différentes, en séjours de carpes ornés ttc dorures et de peiiltures lés plus exquises, h pfeinc acliévés^ rechanges^ et rétablis autrement par les niéides ibalti-es une inOnilé de fols; qdc si ou ajoute les » dépensée de ces cônthiuèls voyages qui devinrent enfin » égaux hok séjours de Versailles, àouvènt presque aussi » nombreux, et tout â la fin de la vie du roi îë séjour le plus » ordinaire, oU ne dira pas trop sûr Marly en comptant par. » niitljardsi à .
I 3. PLAtf DÉS bAVlLLÔnS ET DES JARDINS bE MaRLY.
bàns cet étroit ermitage où Louis XtV voulait fuir les grandeurs importunes de Vei-sailles, el déroijér sa vie ^ la fouie des courtisans, «on architecte Jules llardouin-Mansart copijyosa en pierre et en marbre, pour rétcrncl cnireticu de
son orgueil, la plus énorme adulation qui lui ail été adressée. ; il y figura le pavillon principal, demeure du roi qui avait \ pris le soleil pour devise, escorté de douze moindres pavillons j qui étaient comme les douze demeures célestes que travci-sè ' l*astre du jour. Complice de cette insigne flatterie, l.ouis XtV, *^ chaque malin, visitait en elTet les douze pavillons dont Ici ; liéles sortJQiienl à sa rencontre, lui rendaient leurs hommages et grossissaient successivement son cortège. Ces pavillons rangea des deux côtés des. parterres, six d'une part, six de , l'autiie, communiquaient entre eux, et se rattachaient au ' cenire de* grandes Constructions par des berceaux en fer où ? des lillcuh entrelaçaient leurs bras. ^
Il semble aussi qitc ce soit pour l'appeler l'emblème du \ soleil , que Tarchitecte ait fait dominer la forme ronde } dans le plan de Marly. Le principe de tous ces cercles que ' nous avons déjà remarqués, était le grand salon placé au centre dit pavillon royal, et qui, comme on peut le voir mOme "^ dans le plan partiel que nous avons fait graver, déterminait -i la ngure de la plupart des autres bâtiments. On entrait dans i ce grand salon par quatre pedts salons carrés qui séparaient ' quatre appartements dlAérents disposés aux quatre coins du \ pavillon, î'àppai'tement du roi â droite sur le derrière, celui ! de la reine à gauclie imr hi même façade^ celui du dauphin et celui de la dàuphiue ^ur la façade antérieure. Chacim dé * t^es appartements se composait tmiquement d'une anticham- ! bre, d'une chami)re â doucher et d^un cabinet au rex-de- ' Chaussée»
Le grand salon qui était le reUdét-votis commun de ces appartements, et où i'bii n'arrivait de chacun d'eux qu'apr(>s - «voir traveisé les ^uatHe salons calTés, déguisait le cercle ' sur lequel il était fondé [iar des pâhs cotipés qui lui donnafciit la forme octogone* Dès huit faces qu'il présentait quatre étaient occupées pan- les portée des t)etits salons ; les quatre autk-eii étaient remplies pér quatre cheminées. Au lieu d'avoir • lietilenienl, comihc leb appartements qui l'entouraient, là hauteur du rez-de^hàuSsée , le salon s'élevait à la hauteur minle de l'édifice pour prendre le jour par huit fenêtres pla- : cées diversement sur les derrières ouverts des quatre faces du premier étage. Ainsi il avait deux oi-dres superposés ; ' orné dans le bas de soire pilastres d'ordre ionique, il était surmonté d'un attique décoré'' [i.lr des cariatides en termes qui représentaient les quatre Saisons cl qui soutenaient de leurs mains une riche architrave.' C'était sans doute au ccnln» de la voûte apt)uyée siU«-ces téleà que le soleil avaii élr représenté et montrait lé pOiiit générateutt de tout le plan.
Le grand Stiloiî ^ctc^One était ainsi ènve^t)pë paï- on pavillon carré', msîisie pavillon carré à son tour reposait sur ' itne double ieriassû oc(o(;one (jue les rampes des peUts côtés; ' et des Ijémicycles projbtës en lavant des deux façades prin- ^ cipales tendaicul à rameher aii cercle.
Le cêl'^.le {nti^rait régnait dans une vaste construction ^Ull ^ fallait iràvcrser pour arriver au grand pavillon; laperùe dé ce bâtiment qu'un appelait la demi-lune, et qui dominait Taxe de la première hgne des petits pâvliloifs, était cpUsacrée aux logemeiits de quelques priliceii cobsldértibles et des plus grandes dames en cliarge à la coUr;la partie rejetéè en arrière, et qui achevaU le cercle, servait aux communs. Mais i chacune de ces deux moitiés dU cercle avait un prolongement rectiligne qui s'avéncbit vers le pavillon royal; à la suite y^ de la demi-lune, c'était la salle des gardes; à la suite dei grands communs, c'élaU la chapelle, bc la chat)elle ft là ^ salle des gardés, s^'étendail une belle grille dorée qui était la grillé royale. Ainsi ia croix el la hallebaixle étaient àttachéeâ à la porte du roi, pour y représenter les deux puissances qui gardaient ia monarchie*
Ces constructions de la demi-lune, de la salle des gardes et de la chapelle , avaient leur pendant de l'autre c6té du château dans deux pavillons privilégiés. Gomme la demi-lune servait d'habiuilion aux dames de ia cour, ces deux pavillons ^ j furcm uiîeclcë au logement des 5eièaeu^-5^ç}ijt^yo|(J|;@@Cy[
Plan des paTîllons et des jardins de Marljr.
A, grand talon. — B, appartement du Koi. — C, appartement de la Reine. — D, appartement du Dauphin. — E, apptrtemenf de U Daiiphine. — F, demi-lune. — G , chapelle. — H , salle des Gardes. — I, bâtiments des Seigneurs. — J, premiet parterre. -~ K| second parterre.» L, troisième parterre.— M, cpiatrième parterre.— N, les doute paTiHons.
domult le nom. Les pavUIons des Seigneun étaient joinu ran ^Tautre, dans les commencements « I>ar un mur sur lequel le peintre Rousseau, formé à Pécole des Génois, avait
représenté à fresque un grand paysage orné d'ardiiteçture. C'était là cette fameuse perspective dont il est si souvent question dans les Mémoires de Saint-Simon. Plus tard on
*ir*h-^»-*
Un des douze p&villont.
détruisit le mur sur lequel elle était peinte, et on le remplaça par un grand bâtiment qui compléta les pavillons des Seigneun , et derrière lequel on érigea encore de nouveaux communs, conservés en partie dans la ferme qui demeure seule debout parmi ces ruines.
Une des plus grandes beautés des jardins était sans contredit la rivière qui, du haut de la colline à laquelle le pavillon royal était adossé, tombait sur soixante-trois marches de marbre, et formait une cascade à larges nappes, admirable par le volume et par le bruit de ses eaux. Elle fournissait aisément aux autres bassins, tous placés beaucoup plus bas, et plus nombreux en ce petit espace qu^en aucun autre lieu du monde.
Sur le premier parterre , qui entourait immédiatement le grand pavillon, au milieu des tapis de verdure et des salles «l^orroes et de charmilles, se cachaient de part et d'autre de grands bassins, revêtus de carreaux de porcelaine, ornés de groupes de marbre, entourés de balustrades dorées. Des carpes nageaient dans cette eau pure, et donnaient leur nom aux bassins près desquels Saint-Simon recueillit des traits qui caractérisent fortement la pliysiouoniie de Louis XIV.
De ce premier parterre se détachait une haute allée qui en prolongeait le niveau tout autour des jardins; elle était ombragée d'arbres qu'on coupait bas, et qu'on ployait en berceaux.
Le second parterre, qui offrait deux tapis verts escortés de deux grands jets d'eau enfermés dans des salles d'arbres » donnait naissance, de part et d'autre, aux deux grandes allées des Boules , terminées à leur extrémité par deux jets d'eau correspondant à ceux du point de départ.
Le troisième parterre présentait au contraire, entre deux tapis verts, ime belle pièce d'eau qu'on appelait la pièce des quatre Gerbes , parce que quatre jets jaillissaient & ses coins arrondis. Des deux côtés de ce parterre , couraient les deux allées des Ifs qu'on avait soin de tailler extrêmement petits pour qu'ils n'ôtassent rien à la vue.
Le quatrième parterre, qui était le plus bas et qui se trouvait pour ainsi dire enfermé entre les gradins qui se détachaient des parterres précédents , était occupé presque entièrement par une pièce d'eau qu'on appelait la grande pièce, parce que c'était , en eflet , la plus vaste de toutes , ou la pièce de la glande Gerbe , parce qu'elle avait le jet le j^us fpi
MAGASIR PITTOIIBSOUB.
é^Hy OÙ la pièdft dU Miit>lri ^Ixe qu'elle avait dès (brmed atoe< Mttiblables à celle d'une belle glac«i de VétM^ë.
BalRt'^iitioii se plaint qtielqtke pmt que daus touteé ces allées qui se côtoyaient à des niveaux différents, et qui étaient encore cachées les unes aux autres par des haies touffues, on ne pût causer entre amis sans risquer d'être entendu par des oreilles intéressées à n'être pas discrètes. Quand il voulait , par exemple, ouvrir son cœur à M. de Beauvilliers, gouverneur du duc de Bourgogne, sur les dangers auxquels des courtisans malveillants voulaient exposer ce jeune prince, il s^en allait au delà de toutes ces promenades conire-minées peut-être avec dessein. Il trouvait la sûreté auprès d'une dernière pièce d'eau placée dans un dernier parterre ; soUs la forme d'une coquille dont on avait essayé d'imiter jusqu'aux plis , cette nacre liquide reflétait les deux beaux cheveux de Coustou , si connus sous le nom de chevaut di MaMy^ et qui , érigés sur la dernière rampe des jardlUi i fte découpaient merveilleusement sur l'azur du ciel»
I h. CÉAittOJtlAL bÊ MaHlV.
CuiniiiL' Jt.' diaiigenii'ni qii^ fU hmh XW de â^n Cësidences iofliqik* h d\angmm*fit ài^ nH pïùià èi de ^r^ft irlè I» il n'est pa:^ indffft^reiil fl*' mJil'qHtM" h qHrlIc implique il hal>tta chacun de cL'â paliii»; cVhi tM/pi'iidiiiil ce qu'H e^st (îlllinla de noter avec prtkisîoîi d'api^i la phïpart d<*<k eofiii-nijxiriihi».
En i681, Um^m l^tliilu ^IV AY[H-it t\ç tii^dernoiselle de Funiîiiige, il Imhltail vmom Sahlt-Ueuiuiiu, ait trttiuignagc de inadrtuiedcttayliis. nunlqiill cûî Dxuiuan:*^ dc^fluts longlemps Ju coîiilim^Uuiithï VL*iMille!i| il (wraii qifii ii<5 s'installa dérutîlîvemeiit dnm ei* ptibls i|ti>ii 168^^ aiiii(!e éù le duc de Bourgogne y Diiqitlti ut mi I^uirugi, qui vaiuit de ftuir Féducatlon du p^nî lie Cti prluce « Ht ^i]<ipter m déi'gé de France les qitaiié prOtmnltiohs destinées à marquer le plus haut point de la puiâsAhCe de LoUls XIV» Mais aloi^ même ou travaillait encore à Vcn^allles^ qdi ue fui bchevé que trente ans après.
S'il en faut ct-oire Ici ifiéniotM de HbM de Ghoisy, c'est en 1686 que Lottlé XIV cot&miflti I itkf ftétttemnieiit à
Màtly. Mais il est certain ^u'ft cette époque la dëctntliui) même du nouveau château éuit terminée ; car dèa Vinméé. précédente, en 1685 « par suite de la révobtitioa de l'ëdM de! Nantes, Housseau, qui avait peint h pertpeclive du bâtiment des Seigneurs , et qui était protestant , avait été obligé de quitter le royaume et de passer en Angleterre , où il mourut en 1693. Bien plus , l'un des coins du grand pavillon de Marly porta le nom d'appartement de la Keine, ce qui semblerait prouver qu'il a été H'équenté par la femme de Louis XIV, Marie-Thérèse , morte cependant en 1683. H est donc à présumer que le château de Marly fut projeté après Versailles , mais commença à être habité à peu près vers le même tetiips.
« Le rot » dit l'abbé de Choisyi tiommait ceux qui devaient » le suivre à Marl^ ^ et le ^blet de chambre Bontemps les t» logeait deux â deuk datis chaque paVUlon. OU y trouvait » tout ce qui était néeé»sâiti! & la toiletle des fentmcâ et même «desliommeët et quand lei tbiume» étaleht nommées, les b malis y âlfdtellt saus dcuiaudet*» Madame de Maintenon y M falsnit gt and^ ligUilî \ k rot passait toutes les soirées ches lè elle. »
Le iDi vûuittll Uue ihtts les C0Ui*tissiHft deihàhdâélâttt I t'accompaguerà Maily, tît VbUlëlt poUvott' h'aCCbrder ItU'IliuelqUcs-uds d^chti-fe eUx celle dislIhctlOU qui était un de ses |t*iinds moyens dé gOUveiHiet* les hommes. Lorsque Napoléon fut devenu eihpeteut^ Il tUtlt)dulsit une étiquette encore plus trauchahte. Le diuiaucllt^i taudiS qu'il était assis à la ubie où il n'aduictuit plus que les t'ois « ou lUl préseutâit la liste des pel'sounes qui étrtlent daUs Pantlih^mbre, et qui dekiiitndaicnl k passer la sOlt-ée au château. [\ voulait qiir ci^ttë liste fût couverte dé hOms| et h'accorduH c^peiidatii i^iiit l'eittiée a tous ceux qui avalGUt mis leur pâuû costume \wmv lut pré- ScUier leurs hoiriuiages.
L'honneur d'être îles Murl^ , lorhutr ou itiâiilif était la plus grande faveut* quHlM coultisitu yûi stlcndic île Lutiis \1V t c'était faire parité de l^iUUmlté i «omiUe êtti! logé à Versailles c'était faire parde de la coUr» Uacine » dans ses dernières années , ayant réttOhbé aux fauités du monde pour se consacrer tout à Died » teUàit encore t celle-là. Il poussait cepea-
plan de l'un dei douze petits pavillons de Marly.
ai aiitichamlirf. — B, pfemicre cliainl>re. — C, sccoude cliamhre — D, e<^)itr conduisant au premier étage. -—E, berceaux V ' en treillages.
dant la délicatesse si loin , que non content de n'aller plus ù la comédie. Il ne voulait pas que son fils , qui était gentilhomme du roi , et qui avait vingt ans , y allât 11 lui écrivait le 3 juin 1695 : « Vous savez ce que je vouî» ai dit des
» opéras et des comédies que l'on doit jouer â Marly. Il est » très-Important pour vous et pour moi-même qu'on ne vous n y voie point... Le roi et toute sa cour savent le scrUpute que M je me falb d'y ùlicr, cl ils nuraleiûetl-fey-Vuéchantc opinîoli
MAfiASIN PITTOIIRSQUR.
^M niUÈA\ I liaige qné tous avez, vons aviez si pca d'é- » gards poui^'inoî et jtoiw mes senlimcnts... » Mais le même homme écrivait à son fiis, le mardi 9 juillet 1697 : « Votre
• cousin, qui va {lariir lotit à rhedi^, vous rendra celte lettre
• que j'écris à M. Bontemps pour le prier de demander pour «liiàiâ^lfeip i Marly, Rendea-^la-lui le plus tôt que vous % iKmrk^z , caplt n'y a pas de temps à penïre. ie n*élais pas »trofLa(ftsiiré que le roi allât à Marly celte semaine, M. dé »€à^fe, qn6 Je croyais bien InfiMiné, m'ayanl dit qu'on n'y toaïïait qtie la semaine qui vient. » Comme fl a peur de ne j^sWïfficitcr à lenip^ une fàVewr qu^il sait que peut-*lre on lie? M aécordêra pas !
: On allait h Marly le mercredi , et on y restait )usqn\ïu samedi. Ci'étâit une règle Invariable ; le roi passait régulièreiii€iitlè9dimanéhes l Versailles, où était sa paroisse; il se lifrait lé lundi" et \t mardi à l'admiration de la foule des courtisans badauds. Le mercredi 11 partait pour son Ermitage, oà il emmenait les invités dans ses carrosses. On ne pouvait monter dans les cariasses du rot que quand on avait un certain rang.
Il n»y avak ^re non plus à Marly qu'une table, surtout fom lestâmes ; et c'était im litre plus grand encore de manger avec lès princesses. A Marly, toutes les dames mangeaient soir et matin, à la méma heure, dans le même petit salon 4ul sérail Tappartoment du Roi de celui de la Reine. Le roi tehak une table où se mettaient tous les (ils de France et toutes les princesses dn sang. Il y avait une seconde table l«mie parle Datiphin, pais une troisième plus petite, tenue par la dame qui régnait à la cour, et où Ton se plaçait comme on voulait* Les trois tables étaient rondes; et toute femme invitée pouvait en liberté se ineilre à celle que bon lui semblaiL Mais au n^ilieu de celte indépendance qui honorait la courtoisie du roi , il fallait bien avoir soin de ne pas se mettre plus haut qqe ne comportait le titre qu'on avait , sous peine, comme Saiut-^i\ion en dotmc les exemples, de provoquer la colère du priaee,
A Versailles, U|ut ét^|| précis, m^^rqué, sépara ; à Marly, il y avait un abapdon qui rapprochai^ les (tistanccs, quoiqu'il ne les supprimât pas, Çovame le roi p'y «vaH que deiu cabinets, et encore fort petits, on 9« f>[)MYaU y diviser, ^i^ii que cela so pratiquait ailleurs, les fraudes o^ les peUles entrées. II fallait atleadrç dans la chambre (lu roi, ou dans les salons, mêlé avec tuu( le eavrll^^u, e| c^lte «tiente prenait une grande partie de la mâtiné^ IVàuf 1^ 4ame9 , le* plus retirées partout aiil«iirs ne le ()Ouvale«t gu(tr« être à l|arly ; elles s'assemblaient pour le di^er^ e| nresaue jusqu'au souper elles demeuraient dans le aakw. Quoiqu'elles fu^Q| ainsi loute la journée sous les yeu< dtt N| e)| çç qui f^\ peutêtre dire encore |4us, 90u« (es regar<^ l^ upe^ ^ ^ulffes, il leur éuit d^u^u do fût^v k Marif les toilettes filas relevées de Versailles. « L« graod H^bit des dames était baupi , «dit Saint-Simon. « Et tt ajoute ^ue c'était peu pourtant que V d'y paraître habillée a\ee U9 Gorps et une robe de ■ cliambre. i> Mais la duçl|«Mi9 d^ Cbçvreuse , qm était malade, fut même dispepsé^ dif eoTlMl/ d e«| Yrai qu'alors elle ne paraissait ni dans Iç s^tw IJii ^ Ml Mlbll 4^ ^
L'égalité que le t(À «y^K Y^MiKl f Ubllr 4 ttvly s$ fuMk remarquer même dans hm PMbles du grand salon. Il n'y avait partout que des tabourets; cependant, à l'insu du roi , trois sièges à dos de la même étoffe, il est vrai, que les tabourets, finirent par s'y glisser cctmme une exception gtorieose. Le Dauphin , qui avait fait faire le premier, s'en ser- ▼aii au- jei« ; eu son a)»encev la dmcbesse ^ Çourgwie s'y iu|l ^ puis ^ ip ^utr^qu'on fit faite pour elle à roccasion de l'une de ses grossesses. La duchesse.» (il|^ ^a^ure^de Louis XIV, et femme de l'bériller du grand Condé, hasarda de demander la permission au Dauphin d'en faire cacher un sembMble dans un cohï , et d'y jouer à l'abri d'un paravent. Un des prioees de l'ambitieuse maison de Lorraiqe , M. de Vaodemont, ayant pris la liberté de s'asseoir sur un de ces
sièges à dos pour se mettre hors de ranp^, H faliqt en parler au roi qui gronda le lapis5ier filoin d'avoir ménagé a n^ fits de i-Vance une dlsilnclioii faite pour éveifié* les prétention^ il y etit cependat)t des personnes qnj obtinrent de singi^lières privautés dans ce salon. Kn 1705", la princesse des tjrslps*', appelée à la cour de France dont elle avait desservi les pl^n's eh Espagne , et qui avait besoin désormab de s'y ménager son appui, paraissait au salon de Marly avec un petit épagneul' sous le bras , comme si elle cflt été chez elle. Le courtisan ne revenait point d'^onnement d'une femiïlarité que la duchesse de Bourgogne n'eût point hasardée, er encore moins de voir dans les bals le roi caresser le petit chien et & plusieurs reprises. Pour de moindres hardiesses, le rôl entrait dans de grandes fâcheries; mais souvent, dans les dernières années, Marly a vu lV>rgnei| de Louis Xi¥ ptief plus bas encore devant la nécessité.
Le roi ne voulait pas qu'on s^nnuyât à Marly ; et il potis^ sait si loin ce désir, que vingt-six heui*es après la mort d€ son frère, enlevé par l'apoplexie en sortant de Marly, où li avait eu avec son aîné une scène très-violente , il 9>c pri| à faire des jeux lui-même pour divertir la duchesse de Bourgogne, et ordonna au duc de Bourgogne d'oirvrir le brelan. Le jeu était presque continuel à Marly ; on jouait à la grande table en commun , ou h de petites tables séparées , qu'on enveloppait de paravents de manière à /uirc de petits cabinets dans la grande pièce. Le bal demeura aussi un des plaisirs les plus vifs que ie roi put se donner, alors même qu'il cessa d'y faire un rùtc^ Lés danseurs se disposaient dans le grand salon, sur le plan d'un carré long fort vaste ; au haut bout, c'est-à-dire du côlé du salon où les dames mangeaient avec le roi, était le faulêuil de Louis XIV. Lorsque le roi et la reine d'Angleterre assistaient , on ajoutait pour eux deux fauteidls ; puis venaient de p^rt et d'autre, sur des tabourets , les fils de France et les princesses du sang qui fermaient ce rang ; au delà de petit^iils de France , on n'y était pas admis ; vis-à-vis étaient assis les danseurs, princes aussi, qui étaient conduits par le plus considérable d'entre eux. Des deux côiés se rangeaient les dames qui dansaient, laissant placer les premières , cçllc^ qui étaient titrées ; deiTière le roi était le service, c^i^t Mifc les grands officiers en charge, et par derrière encore ce qu'il y avai( de plus distingué parmi les hommes admis ù Marly. Derrière les danseuses étaient les dames qui ne dansaiçat poiulf et derrière elles les hommes de la cour spectateurs» ; quelques autres au^ se plaçaient derrière les danseurs. Le roi d'Angleterre! et la princesse sa sœur ouvraient toujours le bal , et tan^ fu'ils dansaient, Louis XIV se tenait debouL Cepeod^t, après deux ou trois fois de ce cérémonial , il demeurait assis à \% prière de la reine d'Angleterre. Quand on dansait avec le masque, il y avait un peu t)ius d^^ liberté ; il ét2^i( alors permis aipc iils de France de se u\^Jer parmi les d^mcs derrière les danseuses ; le M Wnm^^ (QWkl^rs h visJMfÇ découverl , ei cUacuu ayant le masque à ^ 9m% { mî^ ^% y iYait j}es e^t^s m de^ clian- |AtBfi(ll3 d'habitf , ^ pM^itm H^i eu #|aieu| «pvrmejjtt conduite^lliir uu Kurincf ^ et akMr$ CU| revenafi op^squé sans que personne sû( qui éi^t le^ ll^^ues. Le plus graa<Ji anHiseûjfim qu'on pât ajouter à i#j| bals, avec les g^lations, c'é- |ai«l( des boutiques où le^ dames prenaient toutes sortes de costumes étrangers, chinois, japonais, etc., et vendaient sous ce déguisement des choses infînies, dit Saint-Simon , et trèsrecherchées par la » beauté et la singularité. » La musique et la comédie étaient plus ordinaires.
M^dai^ede MaiAteQoa fut k dottifiatrk» dâ Marlf. S«| a^p^rten^ul étaii celui qui avait été destiné à k reiàe « el qu« pguHti^ Marie^TKérèse.lMd^la. Dsns les adaMafAce-^ mants^çUeidlnaUà tabk^auouliftiitdesdAmes^daialesalmi carré quji »éf»arail sou appart«0W«l de ceki du roi^ MMs bfyeutùl eik se Ut servir cbex file une table pariicuMèm oà quelques, dames, aies kmttièrM, pieu itaailMrdiiseÉ, «t ft^ mb toujours les mêmes, dtnaient avec elle. Sain t-Stanon^ quidonM^
tous ces détails, ajoute : « Au sortir de dîner, le roi entrait » chez madame de Maintenon, se mettait dans un fauteuU près » d'elle , dans sa niche qui était un canapé fermé de trois « côtés, les princesses du sang sur des tabourets auprès d*eux, » et dans Téloignement les dames privilégiées. On était près « de plusieurs cabarets de thé et de café ; en prenait qui vou- » ]ait« Le roi demeurait là plus ou moins, selon que la con- » versation des princesses Tamusait ou qu'il avait affaire ; puis » il passait devant toutes les dames, allait chez lui, et toutes » sortaient , excepté quelques familières de madame de Main- » tenon. Dans Taprès-dlnée, personne n'entrait oOt étaient le M roi et madame de Maintenon, que madame la duchesse de » Bourgogne , et le ministre qui venait travailler. La porte » était fermée, et les dames qui étaient dans l'autre pièce n'y » voyaient le roi que passer pour souper, et elles l'y suivaient ; » après souper, elles le suivaient chez lui avec les princesses, » comme à Versailles. » Ainsi l'antichambre de madame de Maintenon était le salon où l'ambition retenait les femmes les plus nobles de France.
Louis XIV étant à Marly pour ainsi dire, dans son privé , hors de la vue de tous les ambassadeurs étrangers qui n'y furent jamais admis , hors de rindiscrèle présence des courtisans ordinaires , y donnait plus libre essor à ses humeurs qui n'étaient pas toujours aimables , ni même humaines. Il en faut lire les traits nombreux dans les mémoires de Saint- Simon qui les a recueillis sur place avec un manifeste plaisir pom* dénigrer la Majesté devant laquelle l'Europe s'incUnàil. A Versailles , on voyait le roi ; h Marly, l'homme se
laissait voir ; et il s'en fallait que , de P^vis même des temporains, l'homme fût aussi grand que le roi.
S 5. DicADERCK DB MAILT,
Après la mort de Louis XIV, Marly fut abandonné pendant tout le temps de la Régence. Quand Louis XV voulut y retourner, il fut obligé de faire changer beaucoup de parties qui étaient dégradées. C'est alors que la rivière qui tombait derrière le grand pavillon sur soixante-trois marches de marbre, fut changée en un tapis de verdure. Louis XVI alla plus rarement encore à Marly, où cependant il était la veille du serment du Jeu de Paume. En l'absence de leurs hMes royaux, ces jardins en recevaient de plus bourgeois. M. de Noailles, gouverneur de Saint-Germain, donnait la clef des petits pavillons à des amis qui allaient s'y installer pour ia saison. En entrant, on signait l'état'des lieux; on recevait non*seulement les meubles , mais la vaisselle aux armes du roi. Si on cassait quelque chose , on trouvait à le remplacer avec les mêmes armes chez les marchands de Marly. On n'avait besoin d'apporter que du linge. Si on avait des visiteurs imprévus , on envoyait chercher ce dont on avait besoin , même les lits, chez Tintendant qui remettait tout sur un reçu. U révolution surprit là des habitants qu'elle dispersa. On vendit Marly après en avoir enlevé les statues qui forment en grande partie aujourd'hui la décoration du jardin des Tuileries. C'est la Convention qui les y fit transporter après y avoir ordotmé les dessins de ces salles de marbre qu'on voit au milieu des
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État actuel des ruines du bâtiment des Seigneurs, à Marly.
quinconces. M. Saniel , qui acheta le chAteau favori de la vieillesse de Louis XIV, enleva le dôme qui couvrait le grand salon, en arracha le parquet, et trouva par-dessous une source d'eau dont il se servit pour établir une filature. Plus tard, on rasa les édifices , on arracha les marbres qui les ornaient et ceux des jardins ; on en fit des lots qu'on vendit 8é|iarément, Ainsi se dispersèrent , cent après avoir été amas-
sées , toutes ces richesses dont les ruines mêmes ont été dé-» truites, et dont il ne reste plus qu'une trace imparfaite imprimée sur le sable.
BUREAUX D'ABORNCMEIfT ET DE VENTS f
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